votre e-mail Pas encore inscrit ?
votre mot de passe Mot de passe oublié ?
CoupleVivre à 2 

Pour le meilleur et pour le pire ?

  • 10/02/10
  • Marie Andersen
La formule est rodée, à tel point qu’on n’en mesure plus toujours la portée. Elle fait partie de l’engagement du mariage, qui est rappelons-le, un engagement légal et public, c’est ce qui en fait la caractéristique particulière puisque par ailleurs, point n’est besoin de se marier pour s’engager à s’aimer, à se respecter, à rester fidèle, à se soutenir dans les moments difficiles, à rester honnête l’un vis-à-vis de l’autre, etc… Ces promesses-là peuvent se prendre en toute intimité, sans passer devant l’autel ou le maire, sans les rendre officielles ni publiques.

Qu'est-ce que cela change, en fait ? N'entrons pas dans les considérations religieuses qui sont, dans notre société, laissées largement à la discrétion de chacun. En revanche, les aspects strictement légaux sont codifiés et c'est souvent au moment du divorce qu'on s'en rend compte ! Ils sont là pour protéger le conjoint le plus vulnérable et les enfants. Il ne s'agit pas ici d'en faire l'inventaire, à chacun son métier, laissons cela aux notaires et aux juges !

Mon propos porte plutôt sur la notion d'engagement, en dehors de toute considération légale : à quoi s'engage-t-on lorsqu'on commence sa vie de couple ?

D'abord, il convient de souligner que beaucoup de jeunes adultes ne s'engagent à rien ! Ils « se mettent ensemble » et on verra bien... C'est un peu comme vivre avec la porte ouverte, c'est léger, aéré mais au moindre courant d'air, on s'envole ! Ce type de relation convient éventuellement aux tout jeunes couples, qui expérimentent et se sentent bien trop jeunes pour se fixer.

Par contre, à partir du moment où l'on souhaite s'installer dans la durée, il n'est pas mauvais de s'interroger sur la question de l'engagement. Il paraît en effet que le couple est tout sauf un long fleuve tranquille, qu'il traversera des moments plus difficiles et que chaque crise surmontée nous rendra plus forts. Bon ! Alors à quoi s'engage-t-on et vis-à-vis de qui ?

On s'engage à la fois vis-à-vis de soi-même et vis-à-vis de l'autre : il s'agit autant d'un contrat avec soi-même (ce que je vais faire, ce que je vais arrêter de faire, là où je mettrai mon énergie, ce que je m'engage à faire à mes propres yeux...) que d'une parole donnée à l'autre (je te promets de...). Et c'est là, autant dans l'intimité de sa propre conscience que dans l'engagement face à l'autre que s'exprimera, pour soi et pour le couple, ce qu'englobe la formule « pour le meilleur et le pire ».

Pour le meilleur, rions rions, on est tous d'accord ! Pour le meilleur, tout le monde s'engage ! La formule d'ailleurs est parfaitement idiote le cas échéant : il ne s'agit pas de s'engager, se laisser aller suffit largement quand le meilleur est à l'ordre du jour !

Mais le pire, aahh le pire... S'engager pour le pire était nécessaire à certaines époques, quand le mariage était plutôt affaire de nécessité. L'amour en faisait peut-être partie, à dose variable, mais le contrat devait tenir, envers et contre tout : contre l'usure, la guerre, la maladie, la mort, le désamour, c'était affaire de protection des enfants, mais peut-être aussi du domaine familial et des convenances.

A notre époque, s'engager pour le pire signifie peut-être qu'on ne va pas abandonner son conjoint durant les moments difficiles, quand il traversera un épisode dépressif, une maladie, un licenciement... Ceci n'est pas encore trop difficile s'il reste un peu d'amour ou de la tendresse, si le souvenir des bons moments nous aide à garder le cap et si l'on sait, qu'avec patience et compréhension, le soleil reviendra.

Mais quand le pire devient noir, quand l'amour est tari, quand la frustration est constante, quand le mensonge ou la trahison s'en mêlent, quand le pire devient l'insupportable, que dois-je faire ? Et c'est quoi, finalement, le pire pour moi ? Quelles sont les limites à ne pas dépasser ? Et si elles sont dépassées, suis-je vraiment incapable de comprendre et de pardonner ? Les enjeux ont changé, la relation a évolué, l'engagement pris il y a quelques années est-il toujours valable ? Suis-je devenu plus tolérant ? Ou moins ? Et justement, n'est-ce pas là que l'engagement devrait m'aider à traverser la crise ? N'est-ce pas à ça que ça sert ?

Bref, c'est souvent confus et « c'est au pied du mur qu'on voit le maçon » ! Engagement ou non, c'est lorsqu'on est dans la douleur, dans l'immensité de la déception, dans la colère de l'amour trahi, dans la frustration des amours mortes qu'on mesure si notre engagement nous aidera à surmonter.

L'augmentation de la fréquence des divorces et leurs procédures judiciaires récemment facilitées semblent refléter la tendance actuelle : pour le meilleur et SANS le pire ! Les couples semblent nous dire aujourd'hui : une dose acceptable de difficultés, oui, mais rester vivre dans le pire, non ! Certains tiendront plus longtemps, mettront plus d'énergie dans leurs tentatives pour «recoller les morceaux » et prendre un nouveau départ, d'autres n'y verront pas d'intérêt et retrouveront leur indépendance au plus vite. Ce qui est sûr, c'est qu'il n'y a plus de règles valables pour tous et que le regard social se fait plus tolérant. Les engagements évoluent aussi avec les nouvelles versions du couple : familles recomposées (quels engagements vais-je prendre vis-à-vis des enfants de l'autre ?), couples de la cinquantaine (quels engagements quand il ne s'agit plus de fonder une famille et de la protéger ?).

Tout est donc à repenser, à réinventer. Les repères communs à tous sont vacillants, les normes changent vite. La notion même d'engagement « à vie » est remise en question, pour le meilleur et pour le pire, d'ailleurs ! Il ne convient pas de juger ici ces évolutions sociales, mais de réfléchir à la manière dont elles nous influencent : elles nous offrent une bien plus grande liberté (d'engagement, d'action...), mais ces choix possibles nécessitent une réflexion plus consciente et souvent renouvelée.

La question sera alors : « A quoi est-ce que je m'engage et pour combien de temps ? »... Et « je m'engage », ça ne veut pas aussi dire « je m'implique » ? Je m'implique dans ce couple, je m'interroge, je m'investis...

« Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage », nous conseille sagement La Fontaine. Chaque crise est l'occasion de revoir ses engagements, de les modifier ou de les reprendre pour un bail. Les célébrations heureuses (Saint Valentin, anniversaires ou Nouvel An...) le sont tout autant.

 

Marie Andersen, Psychologue

Découvrez tous les jours de nouveaux articles sur 
www.psy.be !

 

Pour en savoir plus...
Les étapes de la vie amoureuse
  • 23/02/10
Toute relation amoureuse évolue selon des étapes qui ont été très bien analysées par les psychologues : la passion, la lutte pour le pouvoir, le partage du pouvoir, l’engagement et l’ouverture sur autrui.
Le couple, toujours le couple
  • 15/09/09
  • Marie Andersen
La plupart des discours sur l’amour s’inscrivent avec en toile de fond un postulat rarement mis en question, qui fait du couple à longue durée la référence. Pourtant la société a beaucoup évolué, mais l’image du jeune couple qui se rencontre et s’aime comme une évidence, se marie en blanc, fait quelques enfants qu’il regarde grandir gentiment, tout en évoluant sur les chemins de la vie la main d...
Je voudrais que tu m’aimes comme avant…
  • 09/07/09
  • Marie Andersen
Est-ce que tu m’aimes encore ? Je voudrais que tu m’aimes « comme avant », lui dit-elle un soir. Tu ne m’aimes plus comme avant… Comme avant quoi ? Comme avant la crise, comme avant les larmes et les premières blessures, comme avant ces prises de bec qui ont entrainé les premières désillusions, les premières nuits chacun sur son bout de matelas, les premiers matins silencieux, les premiers doute...
Mars et Vénus, mythe ou réalité ?
  • 10/06/09
  • Marie Andersen
Les hommes et les femmes sont-ils vraiment différents ? Ces différences sont-elles innées, c'est-à-dire génétiquement programmées ou acquises par l'éducation et la culture ? Pouvons-nous modifier ces programmations ou en sommes-nous prisonniers ?
Mon amant a l'âge de mon père
  • 27/04/09
  • Marie Andersen
C'est l'histoire de Julia. A 20 ans, Julia vivait gentiment avec Alan, de quelques mois son aîné et elle se sentait parfaitement heureuse dans cette relation équilibrée, qui doucement les liait l'un à l'autre. Jusqu'à présent, ils ne s'étaient pas vraiment engagés « pour le meilleur et pour le pire », ils filaient simplement le parfait amour, sans trop se poser de questions. Puis, à l'âge où q...
Lettre d'information
Inscrivez-vous à notre lettre d'information hebdomadaire.
Les annuaires
L'interview du Moi
Richard Ruben, tu connais, tu connais ? Tu connais cet homme en ébullition et en mutation permanente ?

Découvre son nouveau spectacle: "Ruben refait le monde" à Spa les 15 et 16 août !

Lire la suite de l'interview
Les tests: Atout Personnalité
Atout Personnalité vous aide à faire le point sur vous-même et vos relations avec les autres. Ce test de personnalité validé scientifiquement mesure cinq traits fondamentaux de votre personnalité selon la théorie des Big Five.
Voir tous les tests