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Notre bébé prend beaucoup de place au sein de notre vie

  • 01/10/06
  • Dimitri Haikin
Nous l'avions rêvé, nous l'avons désiré, nous l'avons attendu 9 mois durant, il est né et maintenant il partage notre vie depuis plusieurs mois. Nous ne sommes plus à deux à la maison, mais à trois. Et cela change beaucoup de choses dans la vie de couple et la vie de famille !

Après la période de lune de miel de la naissance, notre couple se transforme au rythme du quotidien… Tensions, crispations, réconciliations.
Notre bébé prend beaucoup de place.
Nos nuits sont agitées, il pleure, il veut jouer, il capte toute notre attention.
Nos amis et nos familles quand elles nous rendent visite, se focalisent dorénavant, essentiellement sur notre bébé.
Notre couple est en mutation.
Nous devons nous adapter l'un à l'autre et veiller à faire évoluer notre relation de couple en dehors de notre fonction parentale.

La primo parentalité met-elle le couple en péril ?
Si l'on en suit les statistiques nationales, la réponse est trop souvent oui !
Pour 43.326 mariages en 2004, il y eût 31.418 de divorces prononcés en Belgique. Le rapport entre divorces et mariages est aujourd'hui de 3 pour 4 alors que, pour la période 1998-2000, il s'élevait encore à 3 pour 5.
Dans 56% des cas, la séparation apparaît dans les années qui suivent la naissance d'un bébé…
Ces chiffres ne sont pas là pour nous effrayer mais pour nous faire réfléchir et surtout prendre conscience qu'il est essentiel d'être attentif et d'apprendre à redynamiser son couple.

L'arrivée du premier bébé transforme les relations d'un couple. L'amour, le temps et l'énergie que l'on réservait exclusivement à son conjoint se distribuent autrement après la naissance de bébé.
Les moments de liberté du couple et de chacun des partenaires diminuent considérablement. Nos nouvelles responsabilités sont là.

C'est le temps également de confrontation quand à nos croyances et nos valeurs quand à la bonne éducation et aux besoins du bébé.
Si nos points de vue sont très différents, cela risque de faire des étincelles avant de trouver le juste milieu.
Durant cette période, nous allons devoir donner notre confiance à l'autre. Le père va parfois devoir persuader la mère qu'il est capable de mettre les gouttes dans le nez de son enfant, de l'habiller même si c'est à l'envers, qu'il a des capacités de maternage. En conséquence, un autre facteur intervient dans la nouvelle relation de couple : une femme ou un homme va juger son conjoint selon un nouveau critère, sa capacité à être un bon papa ou une bonne maman. Chacun est là avec son histoire familiale, ses identifications, la mère et le père que nous avons eu, notre propre éducation. Et chacun va tenter d'occuper et trouver sa juste place.

Bien évidemment, si à la base, la communication du couple est basée sur une écoute bienveillante et respectueuse de chacun, il est tout à fait probable qu'il franchira ces nouvelles étapes sans crise majeure. Heureusement d'ailleurs, dans de nombreuses familles, tout cela se passe très bien et est naturellement épanouissant !

Concrètement, quand cela se passe mal, qu'est-ce qui peut changer dans le couple ?
Un éloignement lent et sournois des conjoints.
On ne s'en rend pas compte directement mais l'un investi davantage sa fonction parentale que l'autre qui lui laisse la place. Et un jour, on se rend compte qu'on s'éloigne de plus en plus, qu'on a des vies de plus en plus disparates et que la relation est en danger.
Les comportements fréquemment observés chez l'homme ;
- Des conduites d'évitement quand aux démarches de soins (bain, biberon, change) indiquent qu'il n'est probablement pas prêt. Il importe de l'écouter, sans le juger, en lui laissant le temps dont il a besoin, tout en lui confiant des taches précises de temps à autres pour l'encourager.
- Une fuite dans la vie professionnelle. Il y trouve un refuge pour contrecarrer ses angoisses de jeune père. Il rentre de plus en plus tard et dit qu'il a de plus en plus de travail…Parlez-en avec lui ! Demandez-lui sans ironie, ce que cette nouvelle paternité signifie pour lui, comment il la vit ? Confiez-lui de temps en temps la responsabilité du bébé, en dehors de toute présence. Ainsi, ils pourront progressivement s'adopter l'un l'autre.
- Un manque d'intérêt par rapport au bébé dans les premières semaines de la vie de l'enfant. De nombreux hommes ont encore la croyance que le bébé est avant tout une histoire de femmes. Responsabilisez-le. Dîtes-lui que vous avez vraiment besoin de lui, qu'il a sa place !

Les comportements fréquemment observés chez la femme ;

- Captivée par son bébé, elle vit une relation fusionnelle avec lui et délaisse - inconsciemment - son conjoint. Il se sent alors à l'écart, exclu. Il est très important que vous sachiez vous montrer plus femme que mère lorsque vous êtes avec lui. Ne perdons pas le contact avec notre conjoint.
- Parfois, la femme prend toute la place dans les premières étapes de la parentalité. Elle ne laisse que peu d'initiative au père de son enfant. Elle croît qu'être mère c'est être tout pour son bébé. Elle est alors enfermée dans une problématique d'exclusivité. Essayez de gagner pas à pas sa confiance, sans la brusquer, calmement.
- A l'inverse, dans d'autre cas, elle déprime et n'est pas la mère disponible que l'on avait imaginée. La dépression post-partum touche environ une femme sur dix. Ne l'oublions pas et aidons-là sans jugement à établir le lien avec son bébé. Parfois l'aide d'un professionnel sera nécessaire.

Les comportements fréquemment observés aussi bien chez l'homme que chez la femme ?
- Une perte de la libido ;
Souvent la sexualité du couple est ralentie déjà durant la grossesse. On a peur de faire mal au bébé. Les fréquentes épisiotomies pratiquées lors de l'accouchement peuvent se transformer en plusieurs mois de douleurs chez la femme, lors des rapports sexuels. Cela peut engendrer de grandes frustrations si cela n'est pas parler au sein du couple et expliquer clairement par un médecin. Il importe d'abord de cultiver la tendresse. Le reste suivra naturellement au fil du temps. L'amour évolue…et grandit.
- Une diminution des moments de plaisirs communs ;
La pression sur les parents est grande. On se doit d'être à la hauteur et il arrive que l'on culpabilise à être chose que des parents attentionnés. L'on s'oublie et nous perdons même le contact avec nos sacro-saints rituels de couple…

Et bien soyons également attentifs à octroyer au couple, suffisamment de pauses régulières. Les baby-sitters et les proches sont là pour cela aussi. Le resto en amoureux, le petit ciné, la ballade bras dessus, bras dessous en forêt sont autant de moments privilégiés qui cimentent le couple.

Conclusion
Apprendre à gérer les temps relationnels au sein de la famille, communiquer dans le respect, réfléchir à la place que l'on prend et à celle que l'on octroie à l'autre, sont des ingrédients nécessaires à l'épanouissement de la nouvelle cellule familiale. Pour autant que chacun en soi soucieux, l'amour conjugal peut tout à fait cohabiter avec l'amour parental. Mieux même, il se complémente pour permettre à chacun de grandir, en sécurité, dans sa vie d'homme et de femme.
Prenez-soin de vous.

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