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PsychoMal être 

La dyslexie, un handicap long à surmonter et à accepter

  • 23/09/08
La dyslexie est un trouble d'apprentissage de la lecture et de l'orthographe qui concerne de 5 à 10 % des enfants, en Belgique. Dans 1 cas sur 2, il y a un ou plusieurs autres "dys" dans la famille. La vidéo de cette chronique dans l'émission : "Au quotidien" du 24/09/08 est en ligne dans cet article.

Dossier réalisé avec l'aimable collaboration de Madame Carole Deberg, Licenciée en Logopedie.

La dyslexie se caractérise par des difficultés dans le décodage des mots reflétant la plupart du temps des déficits au niveau des capacités phonologiques. Son traitement est long et demande des aides spécialisées, le réconfort des proches et le soutien des enseignants.


Qu'est ce que la dyslexie ?

Il s'agit d'un défaut de maturation d'un mécanisme cérébral spécifiquement chargé de traiter le langage écrit.
Les progrès récents de la neuropsychologie ont permis de mieux préciser la nature de ce défaut, voire même de localiser les systèmes cérébraux en cause et surtout d'appliquer les méthodes rééducatives orthophoniques adaptées à chaque cas.
Ce trouble spécifique et durable affecte l'identification des mots écrits. La dyslexie peut être associée à des troubles de l'écriture comme la dysgraphie ou la dysorthographie.

Quels dysfonctionnements ?
Le dyslexique est confronte à différentes anomalies selon les systèmes cérébraux touchés :

1) Les dyslexies de surface (altération au niveau des processus d'adressage) l'enfant ne sait lire que par conversion graphème-phonème (lettre-son) et n'arrive pas à se constituer un stock orthographique de mots, il ne saura donc pas lire les mots irréguliers de la langue comme "monsieur" par exemple (il oralisera toutes les lettres et tous les sons).

2) Les dyslexies phonologiques (au niveau de la procédure d'assemblage). L'enfant aura des difficultés pour lire des mots qui n'existent pas avec une capacité préservée pour lire des mots familiers car son stock orthographique est intact. Il ne sait pas lire des mots qu’il ne connaît pas ou il doit "assembler" des lettres.

Voici quelques exemples d’erreurs de décodage :

confusions auditives ou phonétiques - confusions visuelles
(a/an ; s/ch ; u/ou) ( p/q ; d/b )
- inversions- omissions
( or/ro ; cri/cir) (bar/ba ; arbre/arbe)
- adjonctions- substitutions
( paquet/parquet ; odeur/ordeur)( chauffeur/faucheur )
- contaminations
( dorure/rorure ; palier/papier )
- dans la lecture du texte : lente, hésitante, saccadée (débit syllabique), difficulté à saisir le découpage des mots en syllabes ; ignorance de la ponctuation.

3) Les dyslexies profondes: les deux voies sont altérées.

4) Anomalies dans la compréhension : le dyslexique ne retire pas de sens, ou seulement partiellement, de ce qu'il a déchiffré ; le message du texte lui échappe totalement ou partiellement. Ceci peut être la conséquence de son déchiffrage lent ou peut être altéré de manière indépendante.

Quoiqu’il en soit une personne dyslexique n'aime pas lire, et rejette souvent les matières ou activités qui font appel à l'écrit.

Que faire si un enfant à des difficultés de lecture ?
Lorsqu'un enfant a des problèmes de lecture, il est vivement conseillé de faire un bilan chez un logopède afin de déterminer s'il s'agit d'un retard "normal" ou d'un trouble de l'apprentissage plus important.
Auquel cas une prise en charge s'impose avant que l'enfant ne se démotive (cela peut arriver très vite car il fournit des efforts mais n'y arrive pas).
Le retard "normal" vient surtout du fait des méthodes d'apprentissage de la lecture dans les écoles :
- certaines utilisent la méthode analytique (apprentissage lettre par lettre)
- d'autres une méthode globale (apprentissage de mot entier et ensuite détection de lettres)
- d'autres encore utilisent des méthodes mixtes.
Evidemment en fonction du type de dyslexie d'un enfant, une méthode ne peut ne pas lui convenir du tout.
Ainsi un enfant qui présente une dyslexie de surface (incapacité à retenir des mots entiers irréguliers) ne sera pas dans de bonnes conditions s'il doit apprendre par une méthode globale....
Votre logopède vous conseillera.
 
Stop aux jugements !
L'enfant dyslexique peut être perçu pour un enfant paresseux ou idiot alors qu'il n'en est rien !
Il a besoin de sentir le soutien des adultes tant ses difficultés lui confèrent une mauvaise image de lui et une faible estime de soi.
La dyslexie est un trouble d'apprentissage spécifique c'est-à-dire qu'elle n'intervient pas dans un syndrome pathologique plus large et elle n'est pas un trouble sensoriel (la vision et l'audition sont intactes).
Dans la pratique, un enfant ayant des troubles scolaires sera envoyé dans le PMS de son école qui ensuite orientera vers un spécialiste : ophtalmo, ORL, et souvent un logopède fera un bilan.
Il devra détecter les mauvais lecteurs des réelles dyslexies.

La prise en charge du logopède
Le logopède est là pour diagnostiquer un trouble et le rééduquer, pas pour faire du suivi scolaire.
Il fera un bilan assez précis afin d'évaluer le type de dyslexie dont souffre l'enfant ainsi qu'éventuellement les troubles associés : troubles métaphonologiques, problèmes de perception auditive ou visuelle, spatial, mémoire, attention,...
Ces troubles associés ne sont pas la cause d'une dyslexie mais en sont les conséquences,
Ce n'est pas parce qu'un enfant confond le P et le B ou qu'il écrit son prénom à l'envers qu'il est pour autant dyslexique.
Il faut bien nuancer car souvent l'école ou les parents font l'amalgame trop hâtivement.
La rééducation sera individuelle et précise.
Dans le cas d'une dyslexie de surface, un stock orthographique sera construit.
Dans le cas d'une dyslexie phonologique, ce sera un travail plus spécifique de reconnaissance des graphèmes qui sera mis en place.
Les troubles associés sont également pris en compte. 
 
Comment les parents peuvent-ils agir avec un enfant dyslexique ?
La première chose à faire est d'essayer de le stimuler par une rééducation logopédique et de lui donner confiance en lui car la dyslexie n'est pas une fin en soi.
La dyslexie ne se "guérit" pas totalement mais la rééducation logopédique apporte des moyens de compensation non négligeables.
Les parents sont là pour soutenir l'enfant dans son parcours scolaire car il est malheureusement évident qu'un enfant dyslexique devra fournir plus d'efforts qu'un enfant qui ne l'est pas.
Ce sont souvent des enfants très motivés et courageux.

Lorsqu'un bon partenariat est construit entre l'enfant, le logopède, le milieu scolaire et les parents, le cadre est alors propice à une bonne évolution.

Quelques conseils ;
- Surtout ne pas rajouter de pression inutile ou verser dans l'acharnement : il vaut mieux lire le devoir ou la récitation à l'enfant, enregistrer un texte au magnétophone, oralisez au maximum.
Il s'agit de faciliter, non pas d'alourdir le travail de l'enfant dyslexique. Soutenir l'enfant scolairement mais sans s'acharner c'est veiller plutôt à :
- lui faciliter la tâche en lui faisant des résumés, des tableaux avec des couleurs, des fiches simplifiées.
- lui lire en partie des textes trop longs, écrire sous sa dictée le brouillon de sa rédaction, car il a des idées mais il peine à les écrire.
- l'aider à s'organiser.
- proposer une sorte de balisage, puis progressivement enlever ces balises lorsque les mécanismes sont acquis.
- C'est aussi, lui lire et relire ce qu'il doit apprendre car il est incapable de le faire seul.
- C'est parfois savoir supprimer un devoir car il ne peut tout " absorber " un soir, …et il est encore mieux de le faire en accord avec l'enseignant.
- Ce doit être un travail partagé en bonne intelligence et en respectant sa fatigue très rapide.
- Félicitez-le quand il passe de 12 fautes à 9 fautes, encouragez-le.
- Communiquez ses progrès à son enseignant, faites équipe.

 
- Expliquez à votre enfant ce qu'est la dyslexie.
Souvent l'enfant se croit " bête ", voire débile et c'est toujours ce qu'il ressent très rapidement.
Comment penser autre chose à 6 ou 7 ans quand le petit copain lui, apprend à lire et écrire naturellement, comme on apprend le langage, et sans effort.
Expliquer, c'est déculpabiliser l'enfant car c'est mettre des mots sur ses difficultés et l'aider à se construire.

- Continuez à lire des histoires à votre enfant pour qu'il prenne du plaisir.

- Permettez-lui de s'épanouir dans le sport, le scoutisme, la musique, la peinture.

- Jouez avec lui ! Il existe des jeux spécifiques pour aider les enfants dyslexiques (voir ci-dessous)

- Favorisez un contact (au moins téléphonique) de l'enseignant avec le logopède afin de l'impliquer dans le processus thérapeutique et faire équipe.

Des associations professionnelles sont là pour vous aider :
www.apeda.be (Association belge de parents d'enfants en difficultés d'apprentissage)
www.uplf.be (Union Professionnelle des Logopèdes Francophones)
 
Un logiciel a été mis au point pour faciliter la vie des dyslexiques : le Kurzweil 3000 agréé par la Communauté française depuis juin 2007. Il s'adapte à tous les âges.
www.sensotec.be

Des jeux spécifiques pour enfants dyslexiques ont été mis au point par une logopède expérimentée : www.lmde.be

Regardez ici la vidéo de l'émission : " Au quotidien"  sur la dyslexie :  

 

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