PsychoMal être 

Guérir les blessures du passé

  • 16/02/10
  • Dimitri Haikin
Les affaires non terminées qui nous traînent en travers de la gorge sont autant d’entraves psychologiques à notre sentiment de liberté. Il en va donc de notre équilibre d’opérer, de temps en temps, les petits ou grands nettoyages qui s’imposent.

Qu'est qu'un souvenir non digéré du passé ?

C'est un traumatisme c'est-à-dire le souvenir d'une scène de vie qui continue à résonner émotionnellement en soi.

Le corps humain digère naturellement la plupart des événements émotionnels que nous traversons dans le quotidien. Un peu comme si - sans nous en rendre compte - nous laissions derrière nous nos conflits et nos différends.

Cependant, il arrive que certains souvenirs douloureux de notre histoire restent enkystés dans notre corps allant même parfois jusqu'à générer des symptômes psychosomatiques.

 

De quels traumatismes parlons-nous ?

Dans ma pratique clinique, j'observe qu'ils trouvent, dans une large majorité, leurs origines dans l'enfance. Plus précisément des événements qui se sont déroulés avec des personnes importantes dans la vie affective de l'enfant : un parent, un enseignant, un frère ou une sœur, des camarades de classe. Des blessures toujours bien vivantes liées à une dévalorisation de la personnalité de l'enfant, une humiliation ponctuelle ou récurrente, un rejet, une injustice énorme, l'absence de reconnaissance voir l'indifférence, un abandon ou encore une trahison.

Pour peu que l'enfant n'ait pu exprimer ses émotions suite à ce genre d'événements, il les réprime au plus profond de lui.

Comme l'émotion est un phénomène physiologique qui se déroule naturellement en trois étapes : charge, tension, décharge ; ce que l'enfant n'a pas exprimé émotionnellement, s'imprime en lui et reste donc en tension dans son corps.

Comme les émotions ont une mémoire d'éléphant, elle cherche tout au long de la vie à libérer le corps de ses tensions réprimées.

 

Qu'est qui freine le processus de guérison ?

Le refus d'aller voir dans le passé ce qui est douloureux.
De nombreuses personnes sont effrayées à l'idée de reprendre le contact avec leurs souvenirs difficiles.

L'idéalisation du parent 
Souvent, nous idéalisons nos parents et cautionnons inconsciemment les blessures infligées. Cela génère bien sûr  également son lot de croyances négatives.

Le devoir de gratitude
« C'était pour ton bien » sous-entend de plus qu'il faudrait montrer de la reconnaissance au parent pour son acte, aussi blessant ait-il été.

La suradaptation
Certaines personnes étouffent leurs blessures à travers des comportements suradpatés. Ils rentrent dans un moule, fonctionnent et s'oublient.

L'attachement à nos conflits !
Il n'est pas rare qu'inconsciemment nous restions très attachés à nos figures de souffrance. C'est un peu comme si on vivait alors sa haine et ses désirs de vengeance. Un jour, il est certainement utile de couper les boulets que nous traînons aux pieds pour reprendre le rythme de sa vie.

 

Comment guérir alors nos blessures du passé ?

Très clairement par des techniques de libération des émotions. Parler ne suffit pas. Il convient de permettre aux patients de retrouver le contact avec les émotions et les sensations liées au souvenir non digéré.

C'est seulement en retraversant celui-ci et en exprimant enfin sa colère qu'on peut se remettre droit. La colère est en effet l'émotion que la nature nous a donnée pour nous réparer des blessures que les autres nous ont infligées.

 

Concrètement ?

L'EMDR est une psychothérapie particulièrement efficace pour guérir nos blessures.

L'écriture d'une lettre de colère, travaillée ensuite avec son psychothérapeute peut être un autre moyen efficace.

Décharger physiquement sa colère dans un coussin de colère est également une alternative thérapeutique intéressante.

Dimitri Haikin, Psychologue et Psychothérapeute

 

 

 

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