PsychoEtre Soi 

Enlever les étiquettes

  • 14/09/10
  • Catherine Lemoine
Le travail en psychothérapie s’apparente parfois à de la rénovation. Vous savez comme lorsqu’on veut embellir son intérieur et qu’il faut d’abord décoller le vieux papier peint, réparer les murs ; choisir la couleur de la nouvelle peinture ou du nouveau papier puis l’appliquer avec soin pour enfin redécouvrir une nouvelle pièce plus chaleureuse, prête à être décorée.

En thérapie les patients arrivent souvent avec des étiquettes, qu’ils se sont patiemment  collées pendant des années, tels « phobique sociale » « psychotique »  « borderline » « pervers sexuel »  « femme qui aime trop »… ou qu’ils ont appliquées sur les autres comme « manipulateur »  « pervers narcissique » « hystérique »…

Sentences, plus ou moins définitives, renforcées par le verbe être qui comme chacun sait est un verbe d’état par opposition aux verbes d’action qui rendent possible un changement. Certes la perversion existe, de même que les phobies, ce serait naïf de le nier mais c’est la banalisation de ces termes et leur appropriation par beaucoup de patients qui me frappent parce qu’ils les privent souvent de l’optimisme thérapeutique nécessaire au changement. Un jeune homme se dit phobique social.

Pourtant il travaille, il a des amis. Son problème se situe au niveau de ses relations amoureuses qui se font toutes via des sites informatiques de rencontre. Le premier pas vers une amélioration a consisté à recadrer sa phobie sociale en comportements d’évitement par rapport aux jeunes femmes. Un autre garçon vient consulter parce qu’il a des fantasmes et a eu une brève relation extraconjugale, dernièrement il a embrassé une autre femme que la sienne. Il est terrorisé par l’idée d’être un pervers sexuel et annonce que le traitement va sans doute être très long. Trois séances plus tard, il est apaisé.

Grâce à ce que nous appelons en thérapie brève la demi-heure du pire, il a pu « ouvrir le placard aux fantômes » et reprendre le contrôle de sa vie. Une femme vient me voir car elle est persuadée que son mari est un pervers narcissique. Dans ce cas, c’est la conjonction de malentendus dus à une absence de communication et de la lecture d’un article dans un magazine féminin qui ont conduit cette femme à remettre en question la santé mentale de son mari. Après lui avoir demandé d’observer et de consigner par écrit les événements qui lui font penser que son mari est un pervers narcissique, nous avons décortiqué, en séance, plusieurs séquences de communication à la suite de quoi le problème a été redéfini en « j’aimerais que mon mari passe plus de temps avec moi ». Enfin un autre obstacle au changement est la phrase « c’est plus fort que moi ».

Un couple se présente à un ami thérapeute. La femme est sur le point de quitter son mari, violent et il veut éviter qu’elle parte. Elle aimerait croire au changement mais craint d’être de nouveau déçue. L’homme fataliste assène un « c’est plus fort que moi » peu encourageant pour la suite. Le thérapeute reformule : « Si j’ai bien compris vous voulez dire que lorsque vous frappez votre femme, c’est plus fort que vous et que vous ne pouvez vous contrôler », l’homme hoche de la tête un peu penaud et le thérapeute lui demande alors : « Imaginez que quelqu’un entre dans la pièce, braque une arme sur la tête d’un de vos enfants et vous dise : si tu n’arrêtes pas tout de suite je tire ». L’homme reconnaît alors qu’il cesserait certainement sur le champ de s’en prendre à sa femme. La violence est redéfinie en « comportement » agressif  perfectible et non plus en « nature » violente incontrôlable. Un travail sur la maîtrise de ce comportement déviant peut alors commencer. En définitive, les étiquettes limitent notre espace, alourdissent notre marche, assombrissent notre horizon. Les décoller redonne une énergie nouvelle et crée un territoire plus vaste à conquérir.

Catherine Lemoine (psychothérapeute Interactes)    

 

Pour en savoir plus...
Le bonheur. A méditer...
  • 09/05/12
  • Dimitri Haikin
Le bonheur. On se persuade souvent soi-même que la vie sera meilleure après s'être marié, après avoir eu un enfant et, ensuite, après en avoir eu un autre. Plus tard, on se sent frustré, parce que nos enfants ne sont pas encore assez grands et on pense que l'on sera mieux quand ils le seront. On est alors convaincu que l'on sera plus heureux quand ils auront passé cette étape.
Démêler ses noeuds relationnels Le noeud de capucin.
  • 19/01/12
Comment bien se flageller avec le nœud de capucin ? Mettons sous la loupe le processus par lequel nous sabotons notre confiance personnelle. La culpabilité cristallise le nœud et emballe les provoquées par l’incompréhension. Rien ne peut être compris lorsque les «serreurs de nœuds» éludent leur responsabilité.


Tenir mes bonnes résolutions du début d'année...
  • 01/01/12
  • Dimitri Haikin
Le début de l'année correspond à la prise des traditionnelles bonnes résolutions. Comment les tenir ? Comment faire en sorte que ces beaux projets dépassent le seuil des intentions et se traduisent par de réels changements durables ? 5 conseils pour mener à bien votre objectif !


Il y a des gens
  • 31/10/11
La chronique décalée de Monsieur Xavier. Il y a des gens qui commettent beaucoup de fautes et qui n’apprennent jamais. Pour qui les erreurs du passé ne sont jamais que des étapes, dépassées, voilà, c’est fini. Dont on ne doit rien retirer, dont on ne doit rien retenir.


Le génosociogramme et les capacités du cerveau droit
  • 16/10/11
  • Pierre Ramaut
Le génosociogramme, outil utilisé en psychogénéalogie et en psychanalyse transgénérationnelle, fait prioritairement appel au cerveau droit, qui traite les informations de façon rapide, totale, spatiale et perceptive.


Lettre d'information
Inscrivez-vous à notre lettre d'information hebdomadaire.
Les annuaires
L'interview du Moi
Iv Psalti nous parle sans tabou de la sexualité des couples d'aujourd'hui, de la pornographie et de l'infidélité. Une rencontre avec un sexologue qui prône l'hédonisme sexuel. Soyez curieux et motivés !

Lire la suite de l'interview
Les tests: Test de Communication
Test de Communication: faites le bilan de vos compétences et découvrez quel communicant vous êtes parmi les 8 profils définis par nos psychologues (médiateur, justicier, séducteur...).
Voir tous les tests