PsychoEtre Soi 

La peur de l'engagement

  • 01/10/06
  • Dimitri Haikin
Parmi les problématiques énoncées par nos clients internautes ou dans le cadre des consultations de psychothérapies, nombreuses sont celles qui reflètent un mal être profond, celui de prendre le risque de l'engagement avec soi-même et avec l'autre. S'engager dans des choix de vie demande d'être à l'aise avec la vie. Une vie qui nous confronte à nos désirs mais également à nos peurs.

Cette question vaut aussi bien dans les relations amoureuses que dans le monde professionnel ou familial.
C'est pourquoi, un homme ou une femme préfèrent parfois interrompre une relation de couple naissante et qui pourtant évoluait sur des bases positives plutôt que de prendre le risque de la voir échouer ou les décevoir. Un autre peut se protéger en refusant une offre d'emploi et rester au chômage par peur de ne pas être à la hauteur ou pleinement satisfait.

Nos peurs comme freins majeurs à notre évolution
Il est évident que ces difficultés ou incapacités récurrentes à s'engager portent le sceau de nombreuses peurs.
Face à l'impérialisme du bonheur absolu prôné par une société intransigeante, de nombreuses personnes n'osent plus poser certains choix de vie. Imprégnées par la peur d'un éventuel échec, par la peur de se tromper, par la peur de regretter ou par la peur de miser sur « un mauvais cheval », nombreux sont ceux qui finissent par rester caler de longues années, dans les startings-blocks. Comme si « se tromper » devenait la pire infamie psychologique, frappée du sceau de la honte, qui peut tellement abîmer l'image de soi. J'en viens donc à fuir l'autre avec qui j'avais commencé à construire une relation et qui m'en demande maintenant un peu plus, une vie en couple sous le même toit, un désir d'enfant ou l'achat d'un bien commun.

Je prends la poudre d'escampette devant cette proposition d'emploi car je me dis que je pourrais peut-être trouver mieux ailleurs. J'arrête mes études en 2ème candi car je ne suis pas si sûr que cela d'avoir fait le bon choix de départ. Et si, et si,…

L'herbe serait-elle donc toujours plus verte ailleurs ? Un vieux proverbe arabe énonce : « On désire toujours ce qu'on a pas ». Du coup, la peur de perdre ce que l'on ne possède pas pourtant pas encore, mais qu'on imagine désirer plus tard, l'emporte et l'on se replie sur soi.
Egocentrisme protecteur ? Culte d'une liberté effrénée à conserver par dessus tout ? Le sujet préfère perdre par lui-même que prendre le risque de se sentir perdant. L'insatisfaction potentielle devient une pensée obsédante et insupportable. Je choisi de ne pas choisir.

Rester dans une telle position d'évitement peut pourtant conduire la personne tout droit à l'isolement social et à la dépression.

• L'engagement dans le couple
Davantage à ma connaissance l'apanage des hommes, elle est certainement liée aux nombreuses séparations ou divorces que les adultes d'aujourd'hui ont connus avec leurs propres parents. Cette véritable explosion du pourcentage de divorce a crée en parallèle de nombreux traumatismes parmi les jeunes adultes d'aujourd'hui. Ces souvenirs non digérés incrustent le sujet dans un profond sentiment d'insécurité. Fort de la croyance que le mariage est de toute façon voué à l'échec, autant ne pas s'engager, et s'éviter ainsi une rupture qui peut être douloureuse émotionnellement et en terme d'image de soi.

L'engagement dans la parentalité
La peur de prendre la décision de mettre au monde un enfant, si elle peut dans un premier temps, être perçue positivement, comme un véritable travail de réflexion et une nécessaire prise de responsabilité préventive, peut aussi se muer chez certains, en un nœud d'angoisse. Devant cette étape de vie, qui nous engage pour toujours et surtout, pour le meilleur et pour le pire, les peurs grandissent. Parfois elles nous paralysent. Du coup, de nombreux couples autour de la trentaine s'enlisent dans des débats autour de la parentalité qui finissent par « stériliser » définitivement la relation.
Oser devenir père ou mère est une décision qui demande réflexion mais quand le couple est équilibré, en ressent le désir et se perçoit « prêt dans la réalité », il est dommage que l'unique peur de s'engager vienne ruiner tous les espoirs et disloquer le couple.

L'engagement dans la vie professionnelle
« Tout travail mérite salaire » dit l'adage mais tout salaire mérite travail ! Hors l'absentéisme au travail bat son plein. Il faut bien admettre qu'à côtés des vraies personnes malades, d'autres se font porter pâle à la première contrariété, abandonnant ainsi collègues et projets sans le moindre questionnement. Ce genre d'évitement nous éloigne de nos collègues et finit par nous renfermer sur nous-même. Là aussi faire face au conflit, nommer ses besoins et rechercher des solutions constructives sont des attitudes certainement plus valorisantes que le choix du repli sur soi qui mène au doute et au sabotage de soi-même, de sa vie.

L'engagement dans la vie de tous les jours
Pourquoi certains annulent-ils à 15 heures le rendez-vous prévu à 17h, depuis 2 semaines chez le psy ou le dentiste ? Pour d'autres, c'est « décider » au dernier moment de ne pas aller au dîner prévu avec les copains qui les attendent. Certains préviennent, d'autres pas. L'impulsion de fuite l'emporte trop souvent sur l'engagement pris. Après, les autres finissent par se désintéresser de nous, ne plus nous appeler et on se sent épouvantablement seul. Séloigner des autres c'est avant tout s'éloigner de soi et de nos émotions qui nous rendent pourtant tellement vivantes.

• L'engagement face à soi-même
Lorsque l'on décide de « rompre » un contrat, de renoncer à un engagement pris, on oublie souvent ce qu'il en adviendra de l'autre qui nous attend mais aussi on s'éloigne également de ses propres valeurs fondatrices. Si nous ne respectons pas l'autre lorsque nous ne tenons pas notre engagement, nous finissons également par ne plus nous respecter nous-même, ne plus nous ancrer dans notre propre parole donnée.

Et pour sortir des troubles de l'engagement ?

La règle principale consiste à pouvoir s'appuyer sur le ressenti profond de sa force intérieure.
Ressentir à l'intérieur de son corps toute sa puissance demande de se sentir relié à la terre, bien ancré les pieds dans le sol. Nous sommes très nombreux à nous être coupés de ce ressenti du fait de certaines situations difficiles vécues dans notre passé. Il est indispensable de s'en libérer par un travail spécifique. Un travail psychocorporel de libération des tensions émotionnelles peut nous aider à retrouver cette puissance sans laquelle nous sommes perdus à l'intérieur de nous même et sans beaucoup de confiance. Le pari de ce genre de thérapie est là ; se libérer des tensions émotionnelles du passé pour reprendre contact avec son corps et pour retrouver sa force intérieure, celle qui nous autorise à prendre le risque de nous tromper car nous sentons nos capacités à rebondir.

Identifier ses peurs consiste à les regarder en face, une par une et à se poser les trois questions suivantes :
1) « quel est le danger que je perçois face à cette peur ? » (il peut en avoir plusieurs)
2) « que se passe-t-il en moi dans mon corps » (soyez attentifs à toutes vos sensations physiques)
3) « De quoi ai-je besoin maintenant pour me sentir rassuré ? » (Formulez une phrase en terme de je).

Je prône également un retour à la notion de « contrat moral ». Cela nous renvoie indubitablement au respect de l'autre mais aussi de soi-même. Parfois, il faut pouvoir se faire un minimum « violence », se confronter à soi-même pour se ramener sur la voie de la raison. Apprivoiser puis affronter ses peurs plutôt que de les fuir permet de grandir et de sentir davantage de sécurité intérieure.

Accepter que la vie n'est pas quelque chose de linéaire mais est constitué de chapitres successifs. Certains plus réussis et accomplis que d'autres certains plus réjouissants que d'autres. C'est comme ça et ce n'est pas si grave. L'être humain se construit aussi à partir de ses manques et de ses échecs…
Les pertes sont des passages difficiles mais elles ne sont pas mortelles, même pour l'égo.

S'engager c'est effectivement prendre un risque majeur, celui de se faire confiance dans ses capacités à affronter la vie, à puiser « le bon » de chaque relation, à jouir du présent plutôt que de ne cesser à penser au futur, et surtout de le craindre. Courage, ne fuyons pas !

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