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FamilleBébés 

Le vécu des séparations précoces chez le bébé

  • 01/10/06
  • Dimitri Haikin
Comment les bébés vivent-ils les séparations précoces ? L'un n'étant pas l'autre, chaque bébé va vivre différemment les premières séparations avec sa mère. Cependant c'est rarement simple ! Imaginez, après une cohabitation de 9 mois dans le confort du cocon maternel, l'enfant va connaître une première grande séparation avec sa mère lors de sa naissance. En effet, à ce moment, il va quitter le contact soyeux du placenta, se détacher de sa mère par la coupure du cordon ombilical et passer d'un milieu aqueux au milieu aérien. Quel parcours déjà !

Ensuite bien souvent, l'enfant vivra arrimé au corps de sa mère lors des tétées et des moments de veille. Viendra ensuite le plus souvent, l'entrée à la crèche ou chez l'accueillante à domicile vers l'âge de trois mois. 

Le vécu de cette autre grande séparation dépendra en grande partie du tempérament de l'enfant, de la sérénité de ses parents à accepter de le confier à une autre personne et de la qualité de contact que cette professionnelle aura avec votre enfant et avec vous.

Comment faciliter le passage vers la crèche ou la gardienne ?

Certainement en expliquant à votre bébé, avec des mots qui humaniseront ce passage, la réalité de cette séparation et les sentiments (le plus souvent de tristesse) qui y sont légitimement associés. Le bébé dispose de toutes les compétences pour entendre cela et pour intégrer ainsi l'évènement à venir.

Afin de vivre la séparation plus en douceur, de nombreuses crèches proposent ou imposent aujourd'hui une période d'adaptation plus ou moins longue pour que votre enfant s'habitue progressivement à sa nouvelle puéricultrice, rassuré par votre présence.

Ce temps est également très utile pour vous parents afin de vous rendre compte du fonctionnement du lieu d'accueil, de la manière dont la puéricultrice interagit avec votre enfant et communique avec vous.
Pour la puéricultrice aussi ce temps est précieux car il lui permettra de s'adapter à votre enfant qu'elle ne connaît pas ainsi qu'à vous, les parents uniques de cet enfant.

Comme on peut le constater, il s'agit là, véritablement, d'une adaptation triangulaire dans le sens où chacun : bébé, parents et professionnelle s'adapteront les uns aux autres.

Après l'adaptation, veiller à ne pas filer à l'anglaise, à dire au revoir à votre enfant sans cacher vos émotions que de toute façon il aura perçu et de lui dire précisément qui et à quelle heure viendra le rechercher.
Proposer lui également « un doudou » ; objet qui assurera plus facilement la transition entre la maison et la crèche. Dormez une nuit avec cet objet doux afin qu'il s'imprègne de votre odeur et donner-le à votre enfant, cela l'aidera également à mieux vivre la séparation car par l'odorat, il vous aura près de lui.
C'est ainsi qu'il gagnera en sécurité intérieure et vivra plus facilement ces séparations au quotidien.

Pourquoi l'apprentissage de la séparation est-il tellement important ?

L'enfant doit accepter de séparer de sa mère et de tous ses autres « objets d'amour » s'il veut grandir. La séparation est utile et nécessaire à son bon développement vers l'autonomie.
Comme je l'ai écris plus haut, l'enfant vit beaucoup de séparations précoces : le ventre de sa mère, son sein, sa présence physique puis de différents objets au fur et à mesure de sa croissance.
Pour grandir l'enfant a besoin de sécurité et de séparation : coupure momentanée pour apprendre à se construire sans l'autre, à devenir un être indépendant.

Que se passe t-il souvent vers l'âge de 10 mois ?

Alors que l'enfant a pris conscience qu'il est un être à part entière avec un corps différent de sa mère, il arrive souvent que l'enfant vers l'âge de 10 mois traverse une période de quelques semaines pendant lesquelles il vit des angoisses de séparation plus aiguës. Il craint alors les visages qu'il ne connaît pas, présente des difficultés de sommeil et ne se calme que dans les bras de sa mère, de son père ou de sa puéricultrice.
C'est difficile en lieu d'accueil car les professionnelles gèrent un groupe d'enfants et qu'elles ne peuvent accorder toute l'attention à un enfant dans ces moments difficiles.
Je crois qu'Alexandre traverse une telle période. Cela n'a rien d'anormal ni d'alarmant, pour autant qu'il ne développe pas d'autres symptômes.

La seule chose à faire dans ces moments là, pour l'aider à passer le cap, c'est d'être en empathie avec ce qu'il vit, de le rejoindre par des mots dans sa tristesse ou dans ses peurs et de lui confirmer votre amour !
Prenez le temps également avec la puéricultrice le matin et le soir pour que la parole circule entre vous trois.
La douceur des mots est le meilleur calmant que je connaisse…

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