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Mon enfant est hyperactif ou turbulent ?

  • 21/10/07
  • Serafino Malaguarnera
Le trouble d'hyperactivité est de plus en plus diagnostiqué en Belgique et, à présent, il apparaît que 5 % des enfants et adolescents seraient concernés par ce trouble. Le plus souvent, ce sont les enseignants à signaler des comportements pouvant évoquer ce trouble.

Le trouble d’hyperactivité est de plus en plus diagnostiqué en Belgique et, à présent, il apparaît que 5 % des enfants et adolescents seraient concernés par ce trouble. Le plus souvent, ce sont les enseignants qui signalent des comportements pouvant évoquer ce trouble.

Ils se trouvent face à des enfants qui bougent continuellement, qui ne peuvent rester assis, qui n’arrivent pas à se concentrer sur ce que l’enseignant explique, ainsi que sur les tâches à accomplir. Face à ces situations, l’enseignant se sent démuni et manque de pistes concrètes pour guider ses actions.

Lorsque ces situations persistent, l’enseignant débordé communique rapidement aux parents ce qui se passe et les invite à faire appel à un spécialiste, le plus souvent un pédopsychiatre. Les parents sont certainement au courant de ces comportements se reproduisant à la maison sous des formes diverses, mais leur espoir est qu’à l’école l’enfant puisse arriver à limiter ce type de comportement.

A la souffrance des parents de ne pouvoir gérer leur enfant à la maison, s’ajoute une autre souffrance qui investit le futur : qu'en sera-t-il de mon enfant s’il ne réussit pas à l’école, qu’en sera-t-il de lui dans le futur ? A une souffrance liée à une impossibilité à gérer son propre enfant au quotidien, s’ajoute donc une souffrance liée à une angoisse sur son propre futur. Les parents se précipitent alors chez un pédopsychiatre et s’attendent à un remède miracle qui puisse faire disparaître ces comportements.

Sachant de plus qu’il existe un médicament qui peut répondre à cette exigence, la Rilatine, la tentation d’y faire appel prime sur les autres possibilités thérapeutiques. Et souvent, voir même sous la pression des parents, les pédopsychiatres pendant une certaine période ont prescrit facilement ce médicament. Ils sont souvent démunis face à la souffrance des parents ou des enfants. Ils ont peur de dire à certains d’entre eux de consulter un psychologue et préfèrent leur dire que les choses vont s’arranger grâce à une thérapie pharmacologique.

Dernièrement, suite aux effets collatéraux de la Rilatine et aux abus de prescriptions, il y a eu une inversion de tendance. A présent, le corps médical est moins encleint à prescrire ce médicament. En quelques lignes, nous allons tenter d’expliquer quelques raisons qui peuvent justifier cette inversion de tendance, sans tenir compte des aspects proprement médicaux liés au médicament. Pour ce faire, nous devrons répondre, bien que d’une façon très simplifiée, à la question suivante :

Quand peut-on parler de trouble hyperactif ?

Au sens strict du terme, le trouble d’hyperactivité est un trouble neurologique provoqué par des anomalies du fonctionnement cérébral. Plus précisément, ce trouble s’appelle : Trouble Déficit de l’Attention et Hyperactivité – TDAH. Certains enfants (ou adolescents) ont un trouble de l’attention, d’autres un trouble hyperactif et d’autres encore les deux en même temps (ce sont les cas les plus fréquents : un enfant a du mal à se concentrer et bouge très souvent).

Si nous voulons être rigoureux et cohérent, nous devrions émettre le diagnostic de TDAH seulement lorsqu’il y a une confirmation neurologique qui devrait impérativement être diagnostiquée par des examens médicaux approfondis : électro-encéphalogramme, scanner cérébral, anamnèse approfondie, examen psychomoteur, examen des capacités intellectuelles, visuelles et auditives. Sur base d'un dialogue entre la famille et le médecin, une médication adaptée (neurostimulants : Rilatine) sera parfois jugée nécessaire. Mais pratiquement les choses se passent différemment. Souvent, lorsque certains signes apparaissent, on émet facilement le diagnostic de TDAH et on prescrit le médicament « Rilatine » : quelle joie pour l’empire pharmaceutique ! Et cela explique aussi l’explosion de cas d’hyperactivité : depuis une quinzaine d’années, dès qu'un enfant bouge beaucoup, éprouve des difficultés à se concentrer ou réagit impulsivement, il est catalogué hyperactif.

Entre 1995 et 1999, on a enregistré une augmentation de 250 % des ventes de la spécialité Rilatine, le produit le plus utilisé dans le traitement de l’hyperactivité ! On peut se permettre de douter que le nombre de cas ait plus que doublé en si peu de temps…

Nous devons donc absolument souligner la différence entre le trouble d’hyperactivité, d'origine neurologique ou génétique et la turbulence ou l’agitation motrice issue d'un dysfonctionnement psycho-affectif de l'enfant et de son environnement. Dans le cas de turbulence ou agitation ayant une origine psychologique, la médication peut être inutile et surtout, on risque de passer à côté de la possibilité de travailler sur l'origine des symptômes grâce à un accompagnement psychologique adapté à la personne.

Un enfant turbulent ou agité peut aussi manifester, à de degrés divers, les mêmes comportements qu’un enfant ayant un trouble d’hyperactivité. La seule différence peut être que dans le premier cas il y a une origine psychologique et dans le second, une origine neurologique.

Quelles sont les causes des comportements turbulents ou agités ?

Causes d’ordre psychologique :
Age de l’enfant (par exemple pendant la phase d’opposition à 2 ans), historique problématique signé par d’importantes ruptures affectives (décès d’un parent, abandon…), réaction à des problèmes familiaux ou personnels, déficits d’attention dûs à des traitements en cours, troubles de l’apprentissage, certains cas d’enfants précoces qui perturbent les cours qui ne leur sont pas adaptés, processus pathologique psychologique en cours…

Causes d’ordre social :
Nous nous trouvons dans une société qui pose de moins en moins de limites et de règles de vie à l’enfant. C’est une société qui pousse à la consommation et à la satisfaction immédiate et qui ne laisse pas beaucoup de place à la communication entre les gens. Les enfants se trouvent plus devant des écrans de télévision et d’ordinateur qu’à la pratique d’activités sportives et de défoulement. Les enfants du 21ème siècle évoluent dans un monde où tout va toujours plus vite et où les parents sont moins disponibles non seulement uniquement physiquement mais aussi psychologiquement. Ces nouvelles modalités de vie dictées par notre société peuvent expliquer l’augmentation de cas d’enfants qui manifestent de l’agitation.

Conclusion

Ne pas confondre hyperactif… et turbulent ou agité!
Quoi faire ?
Face à un trouble hyperactif, il y a trois types d’actions thérapeutiques :

- la prise d'un médicament, indiqué lorsqu’il surtout une incidence négative des troubles sur l'intégration scolaire, familiale ou sociale.

- une psychothérapie à cause de l’incidence des troubles sur la vie relationnelle de l'enfant.

- une ou des rééducations des troubles des apprentissages comme la dyslexie ou une dyscalculie (orthophonie) et de la motricité fine (psychomotricité).

Face à un comportement turbulent ou agité, il y a surtout une action thérapeutique :

- Une prise en charge par un psychothérapeute formé à comprendre l’univers infantile et mettre en place un suivi psychothérapeutique adéquat.

Et dans certains, il est nécessaire d'adjoindre une autre action thérapeutique :

- une ou des rééducations des troubles des apprentissages comme la dyslexie ou une dyscalculie (orthophonie) et de la motricité fine (psychomotricité).

Malaguarnera Serafino, Psychologue et Psychothérapeute

 

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