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FamilleEnfants 

Parler de la mort à l'enfant

  • 01/10/06
  • Dimitri Haikin
Dimitri Haikin, Psychologue répond à la question d'une maman par rapport au fait de parler de la mort aux questions posées par son enfant de 4 ans.

Bonjour, Je suis la maman de 3 garçons (12 - 10 - 4). Notre dernier-né nous pose beaucoup de questions sur la mort. Il avait contourné ses angoisses en décidant que ce n'était pas très grave de mourir puisque de toute façons on revenait tout de suite et dans la même famille (sa version de la réincarnation). Mais voilà que tout dérape. Il éclate en sanglots, la nuit, en disant que lorsqu'on est mort c'est pour toujours, que l'on ne respire plus et qu'on ne revient plus. Il n'a pas tort bien sûr mais pourquoi cette préoccupation à 4 ans ? Je termine en écrivant qu'il n'y a, ni de près ni de loin, dans notre entourage aucune personne décédée. Merci pour votre réponse "éclairée" et bonne journée. 


A partir de quand parler de la mort avec l'enfant ?

D'une manière générale, si vous n'êtes pas confronté au décès d'un proche ou d'un animal familier, rien ne sert de commencer à théoriser la question de la mort avec votre enfant.
Il convient mieux d'attendre que les questions émanent naturellement de sa part.
Souvent la question de la mort s'éveille chez l'enfant lorsqu'il la rencontre sur son chemin. Par exemple, la mort du poisson rouge ou celle de la mouche qu'on écrase contre la fenêtre avec une frénésie jubilatoire non feinte, questionnera certainement la curiosité de l'enfant ! Imaginez : c'est là, grâce à l'intrusion dans notre quotidien douillet, de cette grosse mouche noire que nous pourrons peut-être, nous les parents, apprendre à notre enfant que la mort existe à la fin de la vie.
La mort d'un animal est souvent le révélateur de cette réalité pour l'enfant, à nous d'en profiter pour lui expliquer les choses telles qu'elles sont, de parler de nos ancêtres et de permettre à l'enfant de prendre conscience que la mort succède à la vie à travers les générations.

Comment l'enfant va-t-il intégrer la question de la mort ?

La prise de conscience de la mortalité peut générer une période d'angoisse chez l'enfant comme chez l'adulte. Cela n'a absolument rien d'anormal. Ce n'est tout de même une très bonne nouvelle à intégrer surtout quand on est débordant d'énergie vitale ! De plus, ainsi, progressivement, l'enfant prendra conscience de la mortalité de ses proches : ses parents, ses grands-parents et de toutes les personnes qu'il aime. Il aura parfois tendance à vouloir les protéger à travers toute une série de stratégies qu'il aura mis en place : il viendra voir la nuit si ses parents dorment bien dans leur chambre, il ne supportera pas le moindre retard de votre part, etc,… Le jeune enfant est tellement « dans la pulsion de vie » qu'il se croit parfois « tout-puissant », même face à la mort. Il faudra être clair avec lui, en lui expliquant que la seule certitude qu'on ait sur cette terre c'est de mourir un jour mais que personne ne peut prévoir la mort, qu'en principe, elle survient quand on est très âgé et que lui et nous avons normalement beaucoup de belles années à partager devant nous.
Vous pouvez lui dire que même quand l'autre est mort, il existe toujours dans notre cœur, que le lien qui unit, lui, il est indestructible.

Comment gérer l'angoisse persistante d'un enfant par rapport à la mort ?

Dans votre récit, vous m'expliquez que votre enfant n'a jamais été confronté à la mort d'un proche. Comment la question de la mort lui est-elle apparue ? Suite à quoi a-t-il pris conscience de cette réalité ? La « prise de contact » avec cette question a son importance.
Le fait qu'à l'âge de 4 ans, il se questionne à ce sujet est assez normal. Cela peut même survenir plus tôt encore. Mais comment a-t-il mis sur pied ce scénario de réincarnation ? Pourquoi en est-il revenu ? Que s'est-il passé entre ces deux moments ? Il a compris que quand on est mort, on ne respire plus et on ne reviendrait plus sur terre. C'est juste. Cependant peut-être pourriez-vous lui expliquer que les adultes ont des croyances différences par rapport à « l'après mort » et de l'inviter à en parler avec d'autres pour voir ce qu'ils en pensent.
Je crois qu'il est important d'être ouvert et à l'écoute de toutes les peurs de l'enfant. Ne cherchez pas à les éteindre mais au contraire à ce qu'ils puissent les exprimer par tous les moyens : jeux, dessins, peinture,…
C'est de parler de nos peurs à quelqu'un qui les écoute avec une présence bienveillante, qui permet de les gérer !

Que lire en rapport à la mort ?

Françoise Dolto a écrit un petit livre qui s'intitule : « Parler de la mort à l'enfant » aux éditions Le Petit Mercure.
Il existe également de nombreux livres conçus spécifiquement pour les enfants et qui abordent le sujet de la mort. Vous les trouverez dans les librairies spécialisées. Par exemple : « Au revoir Blaireau » de Susan Varley aux éditions Folio Benjamin.

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