Conseils de psy

Maux de tête, Stress et Relaxation

/ Par Corinne Goffaux-Dogniez / Santé

Maux de tête, Stress et Relaxation

Dans le cas des migraines, il est bien connu que le stress peut être un élément déclencheur des crises.

En cas de céphalées de tension, le stress bio-psycho-social est un des principaux éléments causaux du problème. Une grande proportion des céphalées ( 83%) sont des migraines transformées, c’est-à-dire chronifiées, association de migraine et de céphalée de tension.

Lorsque la céphalée est chronifiée, la personne doit vivre avec la douleur, ce qui va créer un autre type de stress : celui « d’avoir mail » en général, et celui de devoir assumer la douleur dans certaines obligations socio-professionnelles en particulier.

Cette situation peut, à elle seule, générer de l’anxiété.

Même si la douleur se prolonge dans le temps, qu’elle a une certaine intensité, et que la personne se sent impuissante face à cette douleur ( incapacité à la gérer de manière satisfaisante ), elle peut générer de la dépression.

Afin d’apporter une solution à ce problème : céphalée chronifiée  - lien avec le stress ( le stress étant cause et conséquence de la douleur ), la relaxation agit ainsi :

La relaxation permet d’augmenter le sentiment de contrôle que l’on ressent avoir sur la situation qui nous stresse et sa pratique permet de développer en nous un lieu de contrôle interne, par l’apprentissage de techniques comportementales qui contribuent à mieux gérer l’émotion. La gestion du stress inhérent aux céphalées sera également constitué d’un contrôle informationnel ( explication donnée par le soignant de ce qu’est une céphalée et du rôle de la technique de relaxation sur celle-ci ).

La relaxation renforce les processus cognitifs d’auto-efficacité.

C’est-à-dire qu’outre l’impact direct de la relaxation sur les céphalées, le sentiment de « reprendre du terrain sur l’ennemi », c’est-à-dire de sentir que l’on a un impact nouveau sur le problème, diminue le stress qui était du à une perte de contrôle sur la situation. Celui-ci joue par exemple sur les situations socio-professionnelles où la douleur, et le souvenir de situations où elle est survenue en public ou en réunion de travail, nous laissent de mauvais souvenirs qui jouent sur notre image de nous-même et notre peur de nous retrouver dans le même type de situation. Ce type de souvenir peut jouer sur l’anxiété ( peur d’avoir mal à la tête ), et ainsi sur la douleur.

La relaxation peut intervenir sur ce lien « anxiété – souvenir de la douleur – douleur » et le remanier positivement.

La relaxation peut trouver une place dans une révision de la manière de vivre, conséquence d’un questionnement que la personne céphalalgique peut faire, à savoir : « Qu’est-ce que je peux modifier dans mon comportement afin de ne plus avoir de céphalalgies ou, en tous cas, d’en diminuer le nombre et l’intensité ? »

Cette remise en question est appelée en gestion du stress « l’ attribution causale ».

Par là, peut survenir une réévaluation positive de la situation ( en l’occurrence : le fait d’être sujet à des maux de tête est finalement moins invalidant que ce que je pensais ).

Par ailleurs, en relaxation, la personne donne ou redonne à son corps une place et une écoute réelle qui contribue à sa guérison.

La douleur est modifiée, parce qu’en relaxation, nous avons un impact, via les voies neurologiques, sur l’émotion, l’attention, les conditionnements.

L’apprentissage de la relaxation se fait au niveau cortical et exerce une action sur toute la personne. 

Un des intérêts majeurs de la relaxation est de pouvoir se substituer à une prise importante de médicaments.

Si les personnes qui souffrent de céphalées consomment beaucoup de médicaments en vente libre ( sans contrôle médical ), cela peut donner une intoxication par abus d’antalgiques, qui crée des maux de tête par un effet pervers. Dans ce cas, lorsque ces personnes remplaceront, au moins partiellement, cette prise abusive de médicaments par de la relaxation, le phénomène d’intoxication s’arrêtera et la personne trouvera une arme supplémentaire ( dépourvue d’effet secondaire ) pour répondre à son problème de céphalées.

Par ailleurs, pour les mêmes raisons, la prise en charge en kinésithérapie de patients migraineux ou souffrant de céphalées de tension envoyés par des médecins neurologues ou généralistes a souvent lieu avant d’envisager un traitement médicamenteux fort ou après celui-ci, lors d’une diminution, d’une stabilisation ou d’un sevrage de médicament.

Ce qu’il faut retenir : l’apprentissage de la relaxation est indispensable à la personne qui souffre de céphalées, surtout si ces céphalées sont chroniques, que le facteur stress joue un rôle important comme déclencheur ou que la personne s’aperçoit qu’elle consomme de plus en plus de médicaments sans contrôle médical. La relaxation est prescrite par le médecin. Elle doit être effectuée par un praticien qualifié.

Corinne Goffaux-Dogniez
Docteur en kinésithérapie