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Conseils de psy

Et si j'apprenais à m'aimer ?

/ Par Gaëlle Salakenos / Etre soi

Et si j'apprenais à m'aimer ?

D’où nous vient cette constatation ? En écoutant les gens parler d'eux sous forme de critiques et de jugements.

Cette auto-dévalorisation de soi se rencontre à plusieurs niveaux, que ce soit par rapport au physique, au caractère et à la personnalité, aux comportements sociaux, … bref tout peut y passer.

D'ailleurs, qui n'a jamais dit ou entendu dire « je suis nul » ; « je n'y arriverais jamais » (sous-entendu« je suis incapable ») ; « c'est bête mais... » « je ne dis rien d'intéressant » (sous-entendu« personne ne peut s'intéresser à moi et n'aurait envie de rester avec moi » ) ; … bref « je suis non aimable et non-appréciable ».


Ces personnes non-aimantes envers elles-mêmes se ressemblent toutes ! Il y a le peu d'amour propre et/ou un regard sur soi généralement négatif, dur ; de l'intransigeance envers soi-même et donc une absence de bienveillance et d'indulgence ; une grande place donnée aux « erreurs », ce

que je « rate » ou « fais de mal » ; la croyance que penser à soi équivaut à être égoïste et égocentrique ; la peur du regard des autres et une place certaine donnée aux autres, dans une volonté de plaire, faire plaisir, ou en tout cas éviter de déplaire et contrarier l'autre.
 

De surcroît à tous ces ingrédients, les personnes victimes de ce manque d'amour pour soi se retrouvent souvent coincées dans un cercle vicieux. En effet, plus je m'auto-déprécie, plus que je me sens critiqué, remis en question, et moins je m'aime. Et je vais donc m'auto-dévaloriser. Et ainsi

de suite.

Je vais aussi développer un sens aigu de ce qui peut être dévalorisant dans mon environnement, et me l'attribuer. Ainsi, à être habitué à voir le négatif en soi, on peut aussi percevoir les « remarques, les critiques et les regards des autres sur soi » que l'on interprétera comme négatifs – alors que telle n'était vraisemblablement pas l'intention de leur interlocuteur. Ce cercle de pensées négatives permanent ne permet pas de bien vivre avec soi. On finit souvent par ne plus se supporter.
Toutefois, ne négligeons pas le réel impact des autres sur notre image de soi. Les remarques, les critiques, les regards négatifs récurrents blessent et produisent ce qu'on appelle un renforcement négatif de son image de soi. Et c'est extrêmement destructeur.


Quelles sont les conséquences de ce cercle vicieux ?

Ne pas s'aimer ni croire en soi peut avoir un impact sur toute notre vie personnelle, intime (de soi à soi, en couple, en famille), sociale et professionnelle.

En outre, quand il est trop difficile, voire inenvisageable d'investir en soi-même, de « croire en soi », que fait-on ? On investit uniquement en l'autre, qui devient alors notre priorité de bien-être.

Et c'est désastreux. En effet, la personne « investisseuse » s'efface de plus en plus, devient transparente, corvéable à merci pour l'autre.

Et tandis que l'on pourrait se consoler, en se disant qu' « au moins ça je le réussis – l'autre est content et satisfait grâce à moi », il y a trois bémols.

Premièrement, que se passe-t-il quand l'autre reçoit, reçoit, reçoit ? Et bien, et c'est normal, il finit par s'y habituer. Il s'adapte à cette personne

qui dit toujours « oui », est là, disponible pour ses propres besoins. Bref, lorsque l'autre passe prioritairement et systématiquement avant soi, on finit par ne plus exister.

Deuxièmement, il peut arriver que l'autre, habitué à recevoir, se permette d'en profiter, en demande toujours plus.


Troisièmement, la personne qui donne ressent un étrange malaise, indéfinissable. On se sent mal dans sa peau, mal dans son environnement, vidé d'énergie aussi. Pourtant, on pense faire tout ce qu'il faut : on poursuit ce but de servir l'autre plutôt que soi.


Alors pourquoi cela ne fonctionne-t-il pas ?

Parce qu'on se trompe de direction. Être là pour l'autre nécessite d'être d'abord là pour soi :

Prendre soin de soi pour pouvoir prendre soin de l'autre.


Pas si simple à appliquer, lorsqu'on est conditionné depuis si longtemps à avoir ce fonctionnement toxique pour soi !


Alors que faire ?

Une thérapie peut vous aider dans cette démarche. Un thérapeute non-jugeant, bienveillant et objectivement valorisant, va vous aider à trouver ce que vous avez de bien et de beau en vous. À aller ensemble à la recherche de vos ressources et de vos qualités. Attention, ne croyez pas qu'il

s'agit de faire l'autruche et de passer sous silence ce qu'on appelle les « défauts ». Tout le monde en a. Mais il s'agit de simplement rétablir l'équilibre entre les qualités et les défauts. Et un autre regard que le vôtre sur vous-même peut aider, révéler en vous ce qu’il y a de bien et de beau.


Un conseil pratique

Et si on arrêtait d'abord de mal parler de soi ?

Commencez par changer votre langage (verbal ou interne) par rapport à vous-même. L'impact des mots que l'on se dit, que l'on se répète sur une journée, des semaines, des mois, des années, est considérable. Il est donc temps d'arrêter ce « bourrage de crâne négatif ». Et si on arrêtait d'abord cette violence verbale contre soi-même ?

Certes, sans en avoir l'habitude, cela peut être très difficile de passer directement d'un langage négatif sur soi (« je suis nul ») à un langage positif sur soi (« je suis quelqu'un de bien, d'intéressant »).


Commencez donc par observer les moments où vous parlez mal de vous (dans votre tête ou oralement), sans chercher à modifier quelque chose. L'observation pourra vous permettre de vous mettre en alerte lorsque de tels mots émergent, à les repérer. Ex : je me rends compte que je me suis traité de nul car j'ai fait tomber mes clés à terre.


Ensuite, essayez de limiter ces mots. Corrigez-vous, même à haute voix. Ex : non je ne suis pas nul pour la seule raison d'avoir fait cela.


La troisième étape consiste à se valoriser, à se donner (et à accepter des autres) des messages positifs comme des compliments.


En résumé : l'idée est d'observer le négatif, pour ensuite passer à un niveau neutre, et enfin arriver

à se renvoyer du positif. Cela peut prendre du temps mais persévérez, cela en vaut la peine (sousentendu « j'en vaux la peine ! »).


Gaëlle Salakenos – Psychologue Clinicienne

 

Portrait de salakenos.gaelle@gmail.com

Gaëlle Salakenos

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