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Internet et porno, le cocktail explosif qui fait perdre le nord aux ados.

/ Par info psy.be / Dangers d'internet

Internet et porno, le cocktail explosif qui fait perdre le nord aux ados.

Le porno chez les adolescents, c’est une réalité ?

C’est une réalité inéluctable. Quoi que l’on fasse, ils accéderont aux images. C’est tellement facile, gratuit. Si ce n’est pas chez eux, ce sera chez un copain. Et puis il y a de plus en plus d’écrans dans les foyers. Des tablettes et des smartphones aussi, qui permettent de plus en plus d’autonomie pour accéder aux images. 

Avec quelles influences sur leur sexualité ?
Étonnamment, on remarque que cela n’a pas d’influence sur l’âge de la première relation sexuelle. Depuis dix ans, la moyenne tourne autour de 17 ans. Par contre, le porno a des influences sur le type de pratiques. Particulièrement sur des groupes à risque, soit des jeunes issus de familles décomposées, qui sont parfois en échec scolaire, qui ont un niveau culturel et socioéconomique relativement bas. Là on remarque une sexualité plus débridée. Avant, quand des jeunes passaient à l’acte, c’était simplement par pénétration. La pratique de la fellation ne venait que vers 25 ans, et la sodomie vers 40. Aujourd’hui il y a des jeunes qui veulent tout faire à 17 ans. C’est une conséquence du porno, qui montre une sexualité brute, et pas une sexualité relationnelle. Et c’est une erreur de faire croire que l’on est compétent sexuellement à 17 ans. Il faut y aller étape par étape.

Faut-il essayer de bannir le porno ?
C’est impossible. L’industrie du porno est une machine de guerre impossible à arrêter. Et puis, ça correspond aussi à un besoin de découvrir sa sexualité.

Alors comment éviter les dérapages ? C’est à l’école que ça doit se jouer ?
Cela me paraît essentiel de progresser à ce niveau-là, oui. Avec des groupes de parole, où l’on apprend à se respecter entre garçons et filles, à faire attention aux limites de l’un et de l’autre. On commence à avoir des programmes de cette nature-là en Belgique. Mais cela se joue aussi au niveau des parents. Je pense que c’est au parent du même sexe de parler de sexualité avec son enfant. Mais pour ça il faut être à l’aise avec le sujet. Il faut leur expliquer que la sexualité, c’est quelque chose de bon pour l’équilibre de l’être humain, et que cela n’a rien à voir avec les images de sexe brut qu’on trouve sur internet. Un porno, ce n’est pas un cours d’éducation sexuelle.

Est-ce que les parents ont conscience de la consommation de porno de leurs ados ?
Non, pas du tout. Les ados s’arrangent pour faire ça discrètement. Mais il y a des réflexes de bon sens à avoir. A partir du moment où l’on met un ordinateur avec une connexion internet dans la chambre de son enfant, le risque qu’il regarde des pornos est beaucoup plus grand. Et parfois on crée les conditions d’une addiction sans s’en rendre compte.

L’addiction aux pornos est fréquente chez les adolescents ?
Adolescents et adolescentes. Il ne faut pas oublier que les filles aussi sont consommatrices. L’addiction reste assez rare. On parle d’addiction quand regarder des pornos devient tellement fréquent que l’on ne peut plus vivre sans. Là ça devient problématique.


Interview de Dimitri Haikin, psychologue et sexologue réalisée le 29/01/13 par le journal Le Soir.

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