Je souhaite...

Conseils de psy

La thérapie assistée par l'animal

/ Par Sophie Buyse / Enfants

La thérapie assistée par l'animal

Médiation animale, la thérapie assistée par l'animal

Exposé à l'université Paris XIII en mars 2016 pour le DU d'éthologie et zoothérapie.

 

Le Psy-chien thérapeute.

L’introduction d’un chien pendant la cure analytique ou psycho-thérapeutique n’est pas neutre et change certainement la figure du thérapeute, sa stature, sa pratique. Le psy accompagné d’un chien accentue encore sa fonction parentale, il réduit aussi la distance entre le thérapeute et le patient car le chien est là tel un lien qui crée le trait d’union entre son maître et le patient. Le psy-chien accueille, salue, lèche la main du nouveau venu. Le patient est immédiatement pris en charge par l’animal qui par sa familiarité crée une intimité qui peut rassurer le patient, le surprendre ou le désarçonner.

 

Au moment du premier entretien, je préfère garder le chien dans la pièce voisine. Évidemment, il entend l’arrivée du nouveau venu et aboie car je ne l’ai pas convié. Le patient entend le chien mais il est la plupart du temps tellement centré sur sa demande de prise en charge qu’en général il ne manifestera aucun commentaire sur les aboiements. Il intégrera néanmoins celui-ci dans son psychisme. Je prendrai le temps de sentir lors de cette première rencontre et parfois les suivantes si la personne peut bénéficier de l’apport du chien dans la consultation ou s’il est préférable de ne pas l’intégrer.

Cette période d’observation et de découverte du patient avec sa problématique peut se caractériser un peu comme une phase d’empreinte. Celle décrite par l’éthologue Lorenz comme se produisant à entre la 13ème et la 16ème heure après la naissance chez les poussins des oies et qui détermineront l’attachement. Les premières séances chez le psy conditionneront ce phénomène d’empreinte et le désir de poursuivre ou pas les consultations.

L’introduction d’un animal comme le chien ou un chat dans la cure peut-être vécu comme l’apport d’un partenaire, comme un couple ou comme un enfant. Le transfert sera certainement influencé et modifié par les différentes perceptions du patient et ses projections sur l’animal. Celles-ci me révéleront au fil des séances s’il ressent la présence du chien comme un appendice affectif du thérapeute envers lui, et des marques de tendresse qui peuvent se déclarer par l’intermédiaire de cet animal transitionnel. Il peut également s’identifier inconsciemment à l’animal et dès son arrivée déclarer que le chien a l’air fatigué ou triste ou joyeux selon son propre état d’âme. Ces projections sur l’animal sont toujours intéressantes et me révèlent le ressenti profond du patient dès son entrée.

Le petit chien renvoie très souvent l’adulte en thérapie à ses parts infantiles et accentue le caractère régressif de la séance. L’animal facilite le retour à l’enfance, il réveille les souvenirs liés aux demandes d’affection comblées ou non, au temps consacré aux soins, aux jeux, à l’attention réservée par les parents. Il ouvre donc au patient la voie vers ses parts primitives et archaïques.

La dépendance du chien au maître et son éternelle jeunesse plonge l’imaginaire et les fantasmes du patient dans ses premières interactions affectives et la satisfaction de ses besoins primaires. Il est donc invité malgré lui à quitter sa position « adulte » pour retrouver la spontanéité des pensées, libérées du contrôle de la conscience et s’abandonner aux émotions qui s’exprimeront.

Le psy accompagné d’un chien est prioritairement perçu comme plus « maternant » et moins « neutre » car la douceur et l’affectivité de l’animal déborderont très vite des limites du cadre analytique. Cet excès d’amour et de joie communiqué par le chien à l’arrivée du patient peut être une source d’apaisement et de bien être pour les personnes en détresse affective mais elle peut devenir source d’angoisse et de stress chez les personnes trop déprimées.

Le contraste entre la démonstration de joie et de fête du chien et la souffrance du dépressif pourrait même accroître son mal être, car le bonheur de l’animal l’empêcherait d’occuper l’espace psychique du thérapeute avec son malheur.

Comment déposer sa plainte immense dans un lieu ou le chien semble si heureux avec son maître et si paisible ? Il faudra donc veiller à ne pas intégrer l’animal dans les périodes où ces patients manifestent une trop grande souffrance psychique.

J’ai pu remarquer au fil des années que ma chienne me signalait parfois par son comportement l’état de détresse du patient. En réalité, elle s’adaptait à la gravité de la situation. D’elle-même, elle choisissait une attitude réservée et discrète au lieu de manifester son enthousiasme à l’arrivée du patient très déprimé. Parfois, elle restait dans la pièce voisine et ne se présentait pas. Comme si elle sentait que sa présence n’était pas requise ou que d’elle-même elle se préservait de la lourdeur et la détresse du patient.

Au début, je commettais des erreurs et le chien me suivait dans toutes les consultations car j’avais envie ou besoin de sa présence. Je ne tenais pas compte des besoins et des désirs du chien. Je supposais que le chien serait toujours d’accord de m’accompagner partout et en toutes situations.

Puis, je me suis rendue compte que je me servais du chien comme d’un bouclier protecteur contre les situations les plus traumatiques. Il se mettait sur mes genoux, contre moi et assurait certainement une fonction de paravent contre les tragédies qu’il m’était donné à entendre.

Mon vétérinaire, ainsi qu’une thérapeute pour chien, Françoise Danthine, m’ont mise en garde en disant que je mettais mon chien en danger, qu’il allait prendre sur lui toute la douleur et la souffrance du patient pour me préserver. La thérapeute pour chien m’a dit que je devais laisser au chien le choix de décider s’il avait envie de venir ou pas à la séance. J’ai donc expliqué à ma chienne qu’elle était désormais libre d’assister ou pas à la séance. Son comportement, à ma grande surprise, à tout de suite changé. Il y avait des personnes qu’elle évitait et d’autres où elle voulait absolument être présente. J’ai commencé à observer qui elle souhaitait accompagner et quand elle préférait se retirer.

J’ai aussi remarqué qu’avant qu’elle ne décide elle-même d’accompagner ou non la consultation, il lui arrivait parfois de se mordiller la patte pendant la séance. Je me demandais ce que cela pouvait signifier et cela ressemblait à un tic. A partir du moment, où elle a pu choisir qui elle voulait voir, ce tic a disparu.
Évidemment, elle connaissait à l’avance les patients qui aiment les animaux, mais surtout ceux qui en ont et qui sollicitent sa présence. Elle ne résiste jamais à la présence des enfants même s’ils vont très mal et qu’ils expriment beaucoup de violence et d’agressivité. Elle se met alors à gratter contre la porte jusqu’à ce qu’on lui ouvre dès qu’elle entend qu’un enfant est dans mon cabinet.

Elle donnera plus de signes d’affection à qui en demande et en donnera moins à qui aura moins d’attente, avec qui elle sera plus distante. J’ai remarqué qu’elle peut augmenter progressivement ses marques de sympathie en « apprivoisant » l’amitié du patient qui peu à peu s’attache au chien, cherche son contact, demande sa présence alors qu’au début il n’y prêtait aucune attention.

Plus d’une fois, lorsqu’un patient se mettait à pleurer ou à sangloter, Isis qui dormait tranquillement à mes côtés se réveillait et quittait mon fauteuil pour aller lécher le visage et les larmes du patient. Souvent, ce patient était ému et bouleversé d’être consolé par ma chienne et qu’Isis sente sa souffrance.

 

Parfois, la chienne veut s’asseoir sur les genoux du patient et certaines personnes seront si calmes et sereines qu’Isis viendra se coller contre eux ou se mettra à dormir alors qu’avec une personne plus agitée, Isis va venir tester les genoux, elle ne pas trouvera de bonne place et repartira.

J’ai un patiente qui adore les animaux et qui est masseuse professionnelle. Quand cette femme vient en thérapie, elle s’allonge sur le divan et Isis aime venir s’allonger sur elle comme un sphinx sur son torse pour recevoir ses caresses et ses massages. La patiente est elle-même sophrologue et thérapeute et j’ai l’impression qu’Isis en profite, qu’elle reçoit la bonne énergie de cette femme. Heureusement, pour la patiente, c’est aussi agréable d’avoir Isis couchée sur son ventre. Ce qui est amusant, c’est que cette personne souhaite être enceinte mais que cela tarde à venir. On peut se demander si Isis ne vient pas occuper cette place de bébé sur le ventre de la patiente, remplir ce vide ou soigner cette matrice ?

 

Il est donc utile pour moi d’analyser les interactions entre le patient et l’animal car à partir de ces petits indices, je reçois des informations sur une dynamique intérieure propre à mon patient.

Ces signes révèlent l’état de la « forteresse vide » comme l’appelait Bruno Bettelheim. Si le trauma est trop important, le patient se barricade et rien ne le traverse, mais s’il y a une petite brèche, le chien sent peut-être cette ouverture et y glisse son museau. Il perce la carapace de son amour inconditionnel. Il ne force rien, il facilite l’ouverture. Ce qui explique que les animaux ont de très bons résultats avec les enfants autistes et certains psychotiques. Ils réussissent là où les psychologues ont tenté d’établir, parfois en vain, un lien, un contact.

 

La souffrance psychique peut capitonner le moi du patient et la parole peut être vécue comme une menace de lézarder ses défenses en réactualisant un traumatisme physique ou psychique. Il faut souvent beaucoup de temps et une mise en confiance avant que le patient ne puisse investir le lieu de la thérapie comme un contenant solide et sécurisant et le thérapeute comme le dépositaire de ses souffrances. Ses craintes d’être détruit, d’être anéanti par les douleurs qui l’habitent s’il les expose ou que celles-ci ne détruisent ou ne menacent le thérapeute, sont intenses.

 

L’alliance entre le psy et son chien génère une force qui crée un climat sécurisant et apaisant. Il représente une forme d’unité et de complémentarité entre nature et culture, comme si cela permettait de rééquilibrer le mental avec le corporel, la part humaine avec la part animale de chacun. Donc aussi de renouer avec cette énergie de l’animal. Le chien nous ramène en quelque sorte à nos besoins élémentaires et vitaux : manger, dormir, jouer, aimer. Le chien vit l’instant présent, il ne s’embarrasse pas de son passé mais il peut aussi en garder des séquelles.

 

Le psy-chien, sa descendance, sa transmission

Parmi mes patients, une dizaine d’entre eux qui n’avaient jamais eu de chiens auparavant se sont décidés à en prendre un après avoir été sensibilisés par Isis durant les consultations. Ils ont intégré un animal dans leur foyer et le chien a été unificateur et thérapeute dans ces familles. Chez une femme, mère de trois enfants, depuis des années, les enfants espéraient avoir un animal mais elle n’en voulait pas, elle avait grandi dans une ferme et les animaux restaient en dehors du foyer. Ses parents n’avaient aucune familiarité ni affection envers les animaux. Cette femme d’entreprise n’aimait pas le désordre et disait que parfois les enfants, en plaisantant, se mettaient au garde à vous quand elle rentrait du travail car ils connaissaient son tempérament assez strict. Je lui ai suggéré qu’intégrer un chien dans sa famille serait une bonne idée et bénéfique pour elle également. Il produirait un certain désordre qui pourrait devenir thérapeutique…

Elle a lancé l’idée chez elle et au début les enfants ne l’ont pas crue. Comme elle ajouta que la psy l’avait conseillé, dans les jours qui suivirent, elle fut prise de panique car les enfants et son mari arrivèrent avec des propositions de races, des adresses de chenil etc… Elle ne pouvait plus reculer !

Quelques années plus tard, elle me révéla que le chien avait modifié sa vie, qu’il l’avait adoucie et ouverte aux inconnus qui lui adressaient la parole en rue. Elle ne soupçonnait pas qu’elle puisse y avoir un si grand attachement avec un animal. Son mari lui disait : la meilleure chose que t’a apporté ta psychothérapie, c’est d’avoir pris un chien ! Dans le sens où le chien était ce qui l’avait le plus transformée.
Le chien l’accompagnait au travail et venait d’ailleurs avec elle durant ses séances. Il adorait être présent. Dès qu’elle prenait le chemin en auto pour venir chez moi, le chien savait à l’avance la destination et s’agitait de joie et d’excitation dans l’auto.

Une autre patiente venait également avec sa grande chienne qui paraît-il savait aussi quand elle l’emmenait chez le psy et se montrait impatiente tout en geignant de plaisir à l’idée de venir chez moi. Durant ces consultations mixtes, Isis restait dans l’autre pièce car il y avait un peu de rivalité liée à son territoire occupé. La chienne de ma patiente intervenait parfois durant la séance en exprimant à sa manière des choses en réaction à ce que sa maîtresse disait. J’observais donc le moment où elle s’agitait, se secouait ou même commençait à gémir. Ce que très vite, la patiente releva également, sa chienne restait connectée à ce qu’elle exprimait au ressentait dans la séance.

Le chien du patient, en thérapie, n’est pas dérangeant, il peut être un allié utile et j’ai l’impression que la thérapie a des effets sur lui aussi.

Trois patients différents ont adopté des chiots d’Isis et lorsqu’ils venaient à leurs séances, ils amenaient aussi les chiots une fois devenus adultes. Ceux-ci reconnaissaient leur mère et ils étaient très heureux d’être réunis. Ce n’est probablement pas très déontologique et hors cadre mais c’est le résultat qui compte. Les descendants d’Isis donnent beaucoup de bonheur là où ils se trouvent et les familles sont heureuses.

J’ai pu observer que les chiots d’Isis sont devenus comme leurs maîtres, c'est-à-dire que si le maître était une personne exubérante, le chien le devenait aussi, si celui-ci était angoissé et craintif, le chien manifestait des peurs, de l’anxiété. Si le maître était sociable et communicatif, le chien avait un tempérament affable et amical avec les autres animaux et humains. L’animal reproduisait le tempérament du maître. Malheureusement, il répète aussi parfois l’agressivité du maître, ses névroses, ses maladies…

 

Une famille que j’ai accompagné durant de longues années, car les enfants étaient orphelins de leurs deux parents, voulaient aussi avoir un petit lévrier mais Isis était trop âgée pour avoir d’autres chiots. Ils adoptèrent un premier petit mâle de six mois et deux années plus tard une femelle. Les enfants disaient que le petit chien avait ramené de la vie dans la maison et de la joie. Est-ce que la petite chienne venait s’ajouter à cette famille parce qu’il y avait eu deux disparus et qu’ils voulaient que le mâle ait une compagne ? Avait-il choisi de prendre la même race qu’Isis car elle les avait aidé et accompagné dans ce double deuil si douloureux et si traumatique.
 

Je crois que lorsque le psy est accompagné d’un chien, il provoque un double transfert. Si l’on ne peut pas amener son psy chez soi, en revanche, un chien comme celui du psy est un bon compromis.

 

Le psy-chien en lien avec la Nature

L’humain s’est beaucoup éloigné de sa nature animale, il s’est confiné dans sa tête, dans son mental, ce qui rend la souffrance psychique encore plus puissante. Elle reste dans la tête et souvent tourne en boucle loin des pieds et de la terre.

Le chien est sur ses quatre pattes et nous avons aussi été à quatre pattes enfants ; en contact avec les insectes, les herbes, les fleurs et ce monde immense qui s’offrait à nous. Quand les enfants viennent en thérapie, ils ne font pas qu’imiter le chien en se mettant à quatre pattes, ils entrent en contact avec le sol, ils se laissent régresser pour retrouver les perceptions de tout le corps quand les mains nous aidaient à avancer autant que nos pieds. Retrouver la mémoire de nos ancêtres primates quand nous marchions sur les mains et quand nous pouvions prendre avec les mains et les pieds n’importe quel objet.

Les enfants aiment se glisser sous les meubles, se cacher, se fabriquer des tanières, grimper aux arbres et s’enterrer dans le sable. Mon bureau n’offre pas toutes ces possibilités mais il m’arrive de travailler en thérapie dans le parc qui se trouve à proximité. J’emmène l’enfant à l’extérieur seulement après plusieurs mois de travail « intérieur » avec lui, lorsque je sens que l’expérience du dedans est intégrée, qu’il a suffisamment profité de mon contenant sécurisant pour se consolider, se structurer et que l’expérience du dehors pourrait lui être bénéfique.

J’ai la chance d’habiter près du bois de la Cambre, un parc qui jouxte un bois. Il y a donc une partie entretenue avec des pelouses, un lac, une île au centre et une partie sauvage qui mène vers la forêt de Soignes.

L’enfant sort de chez moi en tenant ma chienne à la laisse et c’est elle qui le guide vers le parc. Il a donc cette attache qui telle un cordon ombilical lui donne de l’assurance et beaucoup de plaisir d’avoir ce lien avec le chien. Pour de nombreux enfants, c’est souvent la première fois qu’ils tiennent une laisse et ils sont très émus de se laisser par moment entraîner par Isis alors qu’à d’autres ils prennent le pouvoir et peuvent décider de la conduite.

J’observe comment ils maintiennent le lien, est-ce avec crainte, avec contrôle et maîtrise ou avec violence s’ils tirent brusquement dans la direction opposée à celle du chien. En tenant la laisse, ils sont responsables, ils deviennent le maître et je leur demande d’être prudents.

La relation avec l’animal change dès que l’enfant tient la laisse. Il s’affirme, il est le parent et le protecteur du chien.

 

Dans le bureau, le chien était partenaire de jeux, mais en rue, le chien adultifie l’enfant ce qui provoque chez lui une certaine fierté. Il est l’éducateur, c’est une première épreuve dans un contexte nouveau et inconnu pour lui. J’enseigne à l’enfant qu’il faut dire « stop » au chien avant de traverser une rue et s’arrêter pour regarder s’il y a des voitures.

C’est utile pour les enfants qui ont des problèmes de limites ou qui ont tendance à l’hyperactivité de marquer ces arrêts à l’aide du chien et avec la laisse qui peut par moments être longue et à d’autres courte. Ils doivent décider de la bonne distance et veiller à ce que le chien ne soit par hors contrôle. Ils sont valorisés par la confiance que je leur fais et encouragés tout au long de la sortie.


L’extérieur est vécu comme une étape de croissance, celle où l’on quitte le « ventre maternant » des séances à l’intérieur pour investir le dehors et partir à la découverte de la nature proche. Nous quittons la fusion thérapeutique et nous ouvrons l’enfant à toutes les ressources qui se trouvent autant à l’extérieur qu’au-dedans de lui.

C’est ce mouvement, cette dynamique, qui est intéressant. L’animal symbolise très bien ce passage entre nature et culture. Il peut être domestiqué dans un foyer et redevenir sauvage dans la forêt. Il est bon de préserver chez l’enfant mais aussi chez l’adulte ces deux états, cet équilibre essentiel entre nature et culture.

Les enfants des villes sont trop peu en contact avec la nature et la plupart ne connaissent ni les arbres, ni les plantes que je leur montre. Les écrans ont remplacé la vraie vie et informatisé l’espèce humaine. Il était donc essentiel pour moi de poursuivre le cheminement thérapeutique en ressourçant ces enfants dans la nature. Il se peut aussi que mon besoin de sortir et de me libérer de l’intérieur confiné du cabinet de psy, des années passées dans les prisons et dans les services de cancérologie soit sans doute à l’origine de ces évasions dans les bois.

Les promenades avec ma chienne en forêt étaient devenues pour moi la meilleure des thérapies, des méditations et des supervisions. J’appliquai donc ce traitement à mes petits patients d’abord de façon expérimentale et très vite comme une des étapes de la thérapie avant la fin de la cure et la séparation qui doit être une libération et pas une perte.

La plupart des enfants que je reçois sont orphelins après le décès d’un parent des suites d’une maladie, d’un accident ou d’un suicide. Face à la mort d’un parent, il me semblait indispensable de mener ces enfants vers la vie et toutes ses manifestations les plus extraordinaires. Les animaux sont sources d’émerveillement et enchantement. La vitalité du chien, sa joie, son plaisir de courir dans l’herbe, dans les bois, après une balle, de sauter dans l’eau sont communicatif.

 

Les pigeons thérapeutes

A deux reprises, j’ai soigné des pigeons avec l’aide des enfants. La première fois, j’avais ramassé un pigeon accidenté sur la rue. Son aile était blessée et le vétérinaire m’avait dit qu’après quelques mois, les plumes repousseraient et que le pigeon pourrait à nouveau voler. Le pigeon a donc vécu sa convalescence chez moi sous le contrôle et les soins des enfants qui suivaient son évolution au fil du temps.

Il était devenu familier et les enfants lui donnaient des graines à la main, le prenait sur leurs genoux. On l’avait appelé Sky.

Pour ces enfants qui avaient souvent assistés à la maladie et à l’agonie d’un parent, se retrouver dans le rôle de thérapeute du pigeon fragile et blessé était très émouvant.

Ils participèrent à la rééducation au vol. Le pigeon volait de mes épaules aux épaules de l’enfant dans mon bureau. Le jour où Sky sembla suffisamment fort et prêt à être libéré, on l’a installé sur le balcon du bureau, mais il ne voulait pas partir… L’enfant a dit : « Il n’est pas prêt » et nous l’avons ramené à l’intérieur.

La semaine suivante, nous avons renouvelé la tentative et le pigeon est resté une demi-heure à observer la rue sans bouger. Après, j’ai proposé à l’enfant de fermer la fenêtre car il faisait froid et de ne plus regarder le pigeon pour ne pas le retenir afin de l’encourager à partir. Peu de temps après, l’enfant s’exclame : « Sky n’est plus là ! » et il a regardé immédiatement au bas de l’immeuble pour s’assurer qu’il ne s’y trouvait pas, qu’il ne serait pas en danger avec les voitures.
 

Les enfants qui revenaient les semaines suivantes me demandaient si Sky était revenu et si je l’avais vu. Celui-ci n’est jamais revenu et pendant longtemps les enfants regardaient par la fenêtre ou l’appelait sur le balcon espérant le revoir.

Quelques années plus tard, une mère pigeonne a pondu deux œufs dans le bac de tomates de mon balcon. Les enfants pouvaient observer la mère couver au fil des semaines. Puis deux poussins sont nés et nous les regardions grandir. Mais un jour, en rentrant chez moi, je vois un pigeon écrasé sur la route et je mes suis inquiétée en pensant « j’espère que ce n’est pas la mère ! »

Je vais vite voir au balcon et les petits sont seuls, il pleut, les heures passent. Je vais régulièrement vérifier si la mère revient. Après quatre heures sous la pluie, les petits étaient trempés et frigorifiés. Ils n’avaient que trois semaines. Je les ai rentrés, placés sur une bouillotte pour les réchauffer et j’ai acheté de la nourriture pour bébés pigeonneaux avec un biberon adapté. Il fallait les nourrir trois fois par jour. Au début, ils étaient un peu récalcitrants mais après quelques jours, j’étais devenue leur mère adoptive.

Quand les enfants orphelins, comme ces deux petits oisillons, ont appris la triste nouvelle, ils se sont très intensément investis dans le sauvetage en participant avec moi à l’entretien de leur caisse, aux soins et au nourrissage. Les petits grandissaient et se transformaient au fil des semaines sous les yeux des enfants qui suivaient leur croissance puis l’apprentissage du vol. Je voyais leur bonheur de retrouver les pigeons, de les prendre sur les mains, sur les épaules et de leur parler.

Ces pigeons qui s’appelaient Harold et Maud étaient devenus très familiers et il a fallu leur apprendre à quitter le nid. Eux aussi ne quittaient pas le balcon où je leur avais installé un petit pigeonnier. Enfin, ils se décidèrent et nous avions la chance de les voir partir puis revenir pendant deux mois. Jusqu’au jour où ils ne sont plus revenus et se sont sans doute intégrés aux groupes de pigeons du quartier car les pigeons vivent en groupe.

Pour ces enfants en thérapie qui ont vécu le traumatisme de la perte d’un proche, cette arrivée soudaine des oiseaux fragiles et orphelins à soigner jusqu’à leur envol était la répétition d’un drame mais avec une issue heureuse. Ils avaient participé à cette histoire et, symboliquement, la libération d’oiseaux dans le ciel était comme un lien avec le parent au ciel.

Quand le parent venait les rechercher, ils étaient très fiers de leur montrer comment ils parvenaient à nourrir les petits et que ceux-ci s’accrochaient à leurs bras comme sur un perchoir. L’enfant devenait le thérapeute et les pigeons l’aidaient à surmonter l’épreuve du deuil en restant du côté de la vie et de l’espoir.

Les adultes qui venaient à leurs séances connaissaient aussi Harold et Maud et étaient joyeux de les voir arriver sur le balcon. Eux aussi continuèrent à me demander si les pigeons étaient revenus après leur départ définitif.

Je possède aussi des bacs en terre sur ma terrasse où les enfants peuvent voir pousser les salades, les radis et même en manger. Depuis deux ans, la commune m’a octroyé un petit terrain pour créer un « jardin thérapeutique » pour les enfants dans lequel, ils peuvent venir semer, enlever les mauvaises herbes, arroser, observer les insectes et récolter. Ce jardin clôturé permet à l’enfant d’expérimenter lui-même l’évolution et la croissance d’une plante depuis sa naissance jusqu’à la graine et sa mort. Il peut suivre le rythme les saisons, le temps qui s’écoule en s’appropriant cet espace de terre. La terre est le lien à la vie mais aussi à la mort puisqu’on enterre les morts.

Les animaux thérapeutes et guérisseurs

On sait que les chats ou les chiens se positionnent souvent sur les parties du corps en souffrance comme pour soigner ces zones malades. Il y a des chiens qui préviennent leurs maîtres avant une crise d’épilepsie et qui même freine la chute du maître quand il tombe en se mettant en dessous d’eux à ce moment là puis en léchant le visage après la crise pour les réveiller. Il y a des chats qui se couchent contre une tumeur cancéreuse dans le corps ou contre les parties douloureuses comme pour absorber le mal.

Il n’y a pas que le chien qui peut prévenir d’une crise d’épilepsie, on a observé ce même phénomène avec des lapins et un chat.

« Chaque fois qu’elle s’évanouissait au moment de ses attaques, Karen se blessait grièvement : elle s’était même fracturé des côtes et la cheville et s’était tailladé le visage. Elle s’était acheté avec son mari un lapin nommé Blackie, et comme elle ne voulait pas le laisser coucher à l’extérieur, au froid, elle l’avait dressé et il vivait dans la maison. Elle s’aperçut très vite qu’il venait se coller contre ses jambes avant les crises et elle put ainsi se protéger. Lorsque Blackie mourut, un autre lapin Smokie, prit la relève. « Je ne sais pas comment ni pourquoi mais quelques minutes avant une crise, il se précipite contre mes jambes pris d’une véritable frénésie. C’est le signal que je dois m’allonger sur le lit ou sur le sol pour ne pas tomber. Quand je reviens à moi, Smokie est généralement blotti contre mon visage, comme pour me ranimer. » P306 R.S.

« Les trois théories les plus courantes sont : premièrement, l’animal perçoit des changements subtils du comportement ou des tressaillements musculaires dont le sujet n’est pas conscient ; deuxièmement, qu’il note les perturbations électriques du système nerveux associées à une crise imminente ; et troisièmement, qu’il détecte l’odeur émise par la personne avant une crise. » P308 R.S.

Rupert Sheldrake dans « Les pouvoirs inexpliqués des animaux » cite le cas du chien Nero qui savait toujours de quel côté de la tête se trouvait la migraine de son maître. « Si le siège de la douleur est à droite, il lèche rapidement et vigoureusement mon œil droit et ma tempe droite en geignant très doucement. Si la douleur émane du côté gauche, il fait l’inverse. C’est comme un massage. » P135

« Plusieurs témoins ont affirmé que leurs chats les avaient réconfortés après la mort d’un être cher. Murielle Cahen, de Paris, a déclaré : « Les deux chats ne me quittaient pas ; comme s’ils ne voulaient pas me laisser seule avec ma peine ; et cela pendant la durée exacte de mon deuil. Ensuite, ils ont retrouvé leur entrain habituel. »


On se demande s’il y a une telle empathie entre le maître et l’animal qu’ils sont si semblables qu’ils souffrent des mêmes symptômes et que donc il n’est pas rare de voir des chiens diabétiques comme leur maître, des chattes ou des chiennes avec des tumeurs des chaînes mammaires comme leur maîtresse.

Où s’ils prennent sur eux nos maladies pour nous préserver ?

Il y a des chiens qui sentent les mélanomes sur la peau et travaillent également à la détection des tumeurs.

« La patiente a remarqué la lésion parce que sa chienne la reniflait constamment. L’animal ne s’intéressait à aucun des autres grains de beauté de la patiente mais il passait plusieurs minutes par jour à inspecter celui-ci attentivement, même à travers le pantalon. Le rituel a duré plusieurs mois jusqu’au jour où sa maîtresse étant en short, la chienne a carrément tenté d’arracher le grain de beauté. Intriguée, elle s’est décidée à consulter. Son chien lui a probablement sauvé la vie en la poussant vers un médecin alors que la lésion était superficielle et curable. » P311 R.S.

On raconte que ces animaux thérapeutes prennent sur eux la maladie et meurent parfois de ce cancer à la place de leur maître.

J’ai eu une patiente, aujourd’hui décédée, Julia, qui a eu un cancer du sein et sa sœur a également eu un cancer du sein. Elle me disait : « C’est étrange, madame Buyse, toutes les chiennes boxer de ma mère sont mortes de cancer des chaînes mammaires ! » Elle avait énormément souffert de la mauvaise relation qu’elle avait avec sa mère et elle se demandait si son cancer, celui de sa sœur et celui des boxer n’étaient pas la conséquence de cette enfance si malheureuse et son manque d’amour maternel. Petite fille, Julia allait se consoler la nuit dans le panier du boxer et s’endormait près de la chienne.

Les trois dernières années de sa vie, elle avait adopté un des chiots de ma chienne Isis que j’avais appelé Phoenix car il avait failli mourir à la naissance. Elle a eu énormément d’amour et de bonheur de ce chien même si elle se savait menacée par la récidive de son cancer et les métastases osseuses. Au début, elle hésitait à le prendre, de crainte qu’il ne devienne orphelin et je lui ai promis que s’il arrivait quelque chose, je prendrais en charge Phoenix et je lui trouverais un bon maître. Elle craignait que le chien ne se retrouve chez sa mère et malheureusement, la mère a voulu garder le chien en souvenir de sa fille.

Une amie de Julia m’a dit que le chien n’était pas malheureux, qu’il vivait dans une grande propriété et tenait compagnie au boxer. J’espère que c’est le cas car la dernière volonté de Julia n’a pas pu être exhaussée et cela m’a causé autant de peine pour ma patiente que pour le fils d’Isis.

Nous devons interroger toutes les interactions familiales et souvent les animaux interviennent dans l’histoire des familles. Ils révèlent beaucoup d’éléments sur ces familles. Quand on dresse l’arbre généalogique d’une famille, on devrait penser aussi à inscrire les animaux, leur arrivée et leur mort, car ils n’arrivent pas à n’importe quels moments dans la vie d’une famille. Et leur disparition n’est souvent pas neutre.

 

Les animaux qui détournent l’homme du suicide

« Confrontée à une situation conjugale stressante, une femme, originaire du nord de l’Angleterre, avait décidé de mettre fin à ses jours. Laissant son chien et son chat dormir paisiblement sur une pile de linge devant le feu, elle alla chercher de l’eau et des comprimés de paracétamol à la cuisine. Soudain, William, son cher springler spaniel anglais, bondit, la devança, et pour la première fois en quinze ans, grogna méchamment. Ses babines étaient complètement tirées vers l’arrière, le rendant méconnaissable, dit-elle. Horrifiée, j’ai rebouché le flacon et réellement effrayée par le chien, j’ai regagné la chambre et me suis assise sur le canapé. William m’a suivi, a bondi sur moi et s’est mis à me lécher frénétiquement le visage en agitant tout son corps. » P 136 R.S.

« Les chiens préviennent quelquefois un suicide ou donnent l’alerte. Ainsi, une chienne allemande nommée Résina fut un jour enfermée à l’intérieur de la maison par son maître, parti un moment dans son abri de jardin. Attendant près de la porte, l’animal se mit, un moment après, à hurler et se précipita vers les autres membres de la famille : « Elle était très excitée, raconte Dagmar Schneider, et nous nous sommes aperçus que notre père était sorti depuis pas mal de temps. Ayant libéré Résina, nous nous sommes mis à sa rechercher et quand nous l’avons trouvé, il nous dit : « Merci, vous êtes venus ! » Il a reconnu plus tard avoir voulu attenter à ses jours. Résina l’avait senti : si elle ne s’était trouvée là, nous serions arrivés trop tard. » P136 R.S.

Il y a des chiens et des chats télépathes ou qui ont une prémonition et savent quand leur maître rentre à la maison car ils s’installent devant la porte.

Télépathe a un double racine grecque (tele, comme téléphone, télévision) et pathe comme sympathie, empathie. Le mot signifie littéralement « sentiment à distance ». Rupert Sheldrake qui a le plus étudié et observé le phénomène des chiens qui anticipent le retour de leur maître dit qu’ils captent les pensées ou les sentiments de ceux-ci quant à leur retour au domicile.

Exemple :

« Louise n’est tenue par aucun horaire régulier. Grâce aux observations de son mari demeuré à la maison, elle a découvert que son chien réagissait selon le processus suivant :

Au moment même où je me dirige vers ma voiture dans l’intention de rentrer à la maison, notre chien, BJ, se réveille, se dirige vers la porte, se couche et pointe sa truffe. Puis il attend. A mon approche, il est sur le qui-vive, arpente le sol et manifeste une excitation croissante. Quand j’ouvre la porte, il est toujours là pour fourrer son museau dans l’embrasure en signe de bienvenue. Son comportement ne semble pas limité par la distance. Il ne réagit pas quand je me déplace simplement d’un lieu à un autre, mais seulement quand je forme le projet de rentrer chez moi et accomplis l’action de me diriger vers ma voiture dans cette attention. »

Sheldrake cite également les cas des chiens et autres animaux qui pressentent la mort de leur maître ou une situation de danger (tremblement de terre, bombardements, etc…)

« Teddy Pugh de Birmingham écrit : « Pendant la guerre, au moment des bombardements allemands, nous avions un bâtard noir qui allait se poster devant notre porte en aboyant pour qu’on le laisse sortir. Dix minutes plus tard, immanquablement, les sirènes annonçant un raid aérien retentissaient. C’était devenu une habitude, aussi, à chaque fois, je courais dans la rue et allais de porte en porte prévenir les voisins de l’imminence d’une attaque. Notre chien ne s’est jamais trompé. » P332

« J’ai reçu 22 autres témoignages sur des chiens qui donnaient l’alerte avant les sirènes. Certains prévenaient leurs maîtres avec des gémissements ou des aboiements tandis que d’autres se cachaient ou au contraire montraient le chemin de l’abri ou de la cave où la famille avait coutume de se réfugier. Les chiens anglais donnaient l’alerte avant les bombardements allemands, les chiens allemands avant les raids anglais. »

Les chiens "conseillés conjugaux".

Si nos chiens possèdent de nombreux talents, dons et prémonitions, ils parviennent parfois aussi à influencer la vie affective et amoureuse de leurs maîtres. A deux reprises, ma chienne s’est faite l’entremetteuse de rencontres avec le maître d’un autre chien. La première fois, dans le thalys, à la suite d’une altercation entre ma chienne et la chienne du voisin. Cette manifestation de rivalité féminine canine a été l’objet de la discussion et du rapprochement avec le passager. La seconde fois, au bois de la cambre, ma chienne avait montré son intérêt pour un fox dénommé Samand et perçu sans doute aussi l’intérêt du maître du chien envers moi. Les retrouvailles épisodiques des chiens ont finis par rapprocher les maîtres, inévitablement !

Celui qui possède un chien s’expose aux rencontres régulières avec des inconnu(e)s qui sont souvent amateurs d’animaux, donc généralement sympathiques, ce qui crée pour les personnes de nouvelles amitiés, un réseau de promeneurs de chiens avec leurs habitudes, leurs histoires d’abord de chiens puis menant aux confidences des maîtres.

L’animal aide à faire le tri et la sélection des personnes qui vont aimer les bêtes et qui seront souvent de nature généreuse, empathique et sensible. Le chien est un filtre de nos relations tant amicales que sentimentales. Les partenaires qui n’aiment pas nos animaux de compagnie, chien, chat ou autres, sont à éviter. C’est un bon indicateur de la capacité d’aimer de l’autre, de sa douceur, de son attention, de son altruisme.

Pour conclure

Tout bon chien-psy doit évidemment être régulièrement récompensé pour son travail et sa disponibilité par énormément d’attention, d’affection ainsi qu’un temps de promenade, de jeux et de repos très important.


Ma chienne Isis a été longtemps avec moi sur le divan de mon psychanalyste. Elle était d’abord dans un sac, puis sur une couverture à mes côtés puis voyant qu’elle ne suscitait pas la désapprobation de mon analyste, je me suis risquée à venir sans sac et sans couverture… Nous avions donc toutes les deux nos séances chez un honorable psychiatre psychanalyste de la société freudienne (sans supplément d’honoraires). Je crois que ma chienne a été la première à inaugurer le divan de mon analyste. Elle était ravie d’aller chez le psy car nous avions une demi-heure de trajet pour y aller et une autre pour repartir. Elle connaissait le chemin par cœur et s’arrêtait toujours devant sa porte.

Isis, ma co-thérapeute m’accompagnait également aux supervisions individuelles et un jour elle a même vomi sur le tapis du psy superviseur ! Il faut dire que les situations que j’abordais en supervision étaient toujours les cas les plus lourds, les plus angoissants et les plus indigestes…

Isis participe aux réunions d’équipe à l’association cancer et psychologie, elle est la mascotte et en profite pour voler des biscuits. Elle assiste à notre supervision de groupe, et là aussi il n’y a eu aucune opposition de la part de l’analyste kleinienne qui nous accompagne pendant les présentations de cas.

Comme tout bon psy-chien qui se respecte, elle a sa place là où l’esprit, la pensée et le cœur sont réunis.
 

Sophie Buyse

Psychothérapeute, sexologue, écrivain

site : www.psychologue-ixelles.be

 

 

 

 

 

Sophie Buyse -  Psychothérapeute, Psychanalyste, Sexologue clinicien(ne), Conseiller(e) conjugal(e)

Sophie Buyse

26 avenue des Scarabées - 1050 Bruxelles
Articles publiés : 4