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La fessée ? L'échange émouvant d'une maman avec ses filles.

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La fessée ? L'échange émouvant d'une maman avec ses filles.

"Quand tu donnes une claque, je pense à ma bêtise", m'explique Victoria, 6 ans.
"Moi, je te déteste quand tu me donnes une claque" intervient sa soeur jumelle.

A mes deux filles qui macèrent dans le bain du soir, je risque la question : "Au fond, pourquoi les parents donnent-ils la fessée ?"
"Ben, parce qu'on n'est pas sage et qu'on doit réfléchir, tiens !"

Je m'aventure : "Vois-tu un autre moyen ?"
La réponse ne se fait pas attendre:
"- Dire pardon, réfléchir et plus jamais le faire".
"- D'ailleurs, renchérit la première, on est tellement fâchée sur toi, Maman, qu'on ne sait même plus réfléchir à ce qu'on a fait de mal !"

J'interroge la soeur jumelle:
"- Qu'est-ce que je devrais faire, alors ?"
- Seulement me mettre de l'eau froide sur les yeux (traduisez : un gant de toilette gorgé d'eau qui refroidit les idées...) pour que j'arrête de pleurer. Avec une fessée, tu sais bien que je pleurerai encore plus fort !"

Je m'écarte de la salle de bains et réfléchis à ma propre enfance. Ma mère pratiquait la fessée (sur le plat de la cuisse, s'il vous plaît) et "à retardement". C'est à dire qu'elle ne punissait pas en public, par exemple, mais réservait sa sanction pour deux à trois heures plus tard, une fois l'intimité familiale retrouvée. Quelle horreur pour l'enfant que j'étais ! J'aurais bien imploré une punition double mais ... immédiate !
C'était décidé de longue date : quand j'aurais des enfants, jamais au grand jamais je n'appliquerais ce tarif !

Je m'approche à nouveau du bain.
"- Et vous, mes chéries, quand vous serez des mamans, que ferez-vous ?"
- Ben comme je t'ai dit, répond du tac au tac la blondinette au gant de toilette.
- Moi, déclare l'autre, je mettrai mon enfant dans le coin, dans le garage ou dehors. Mais, ajoute-t-elle aptrès un moment d'hésitation, s'il n'est toujours pas sage, alors, quand même, la claque"

Mes deux petites écolières sortent du bain et déjà leur esprit vagabonde ailleurs.

Mais le mien reste tout absorbé par cet échange.
La ronde des générations et des habitudes déplorables danse dans ma tête; elle me donne même le tournis...

Oui, j'aurais quelquefois quémandé une fessée plutôt que l'indifférence de mon père...
Oui, j'ai incontestablement évolué par rapport aux pratiques maternelles...

Et je pressens que déjà se dessinent chez mes deux petits bouts de femmes des tendances différentes; dieu seul sait si, d'ici vingt ans, elles seront fidèles aux résolutions de ce soir.

Pourtant, ce tout petit témoignage n'est jamais représentatif que d'une seule cellule familiale.

Une question me taraude, à présent : Que révèlerait une enquête à grande échelle auprès de milliers de foyers européens sur la pratique de la correction corporelle ?
Il y a gros à parier que son résultat nous ferait, à vous comme à moi, froid dans le dos...

Une maman

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