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Conseils de psy

Mon symptôme ce héros !

/ Par Tali Bucher / Etre soi

Mon symptôme ce héros !

Et si l’on vous révélait qu’en vous se loge pareil défenseur, un porte-parole fidèle. Il porte la parole absente afin qu’en l’absence de mots, les maux n’en restent pas moins visibles.  Il n’a pas le visage du héros, il n’est ni beau, ni lisse, ni souriant. Il est douloureux, casse-pied et collant, parfois même très handicapant ! Et pourtant, notre héros n’en reste pas moins le plus dévoué des guides. Parce qu’il nous renseigne sur notre façon d’appréhender le monde mais aussi sur la façon dont nous nous en distançons, il nous place aux premières loges de notre fonctionnement psychique et nous fournit alors les clés d’un possible mieux être. 

Ingénieux le symptôme déjoue la censure et nous  « parle là où Ca souffre » (Lacan). Habillé en geôlier pour ne pas affoler les instances défensives, il représente le refoulé encore tapi dans l’ombre et lui donne corps. Cette incarnation par le langage du corps  fait du dit symptôme notre parcelle de vérité. En symbolisant l’interdit, il le révèle et devient ainsi notre chance d’équilibre, notre opportunité de sortir de l’insensé en faisant sens. Poser à travers un acte libre, la volonté d’arrêter d’ignorer, de subir et entamer un dialogue intérieur. Donner la parole aux silences et découvrir ce que notre symptôme évoque. Quel traumatisme vient-il recouvrir ?  A quels non-dits, secrets de famille, conflits est-il rattaché ? Que réprime t-on à travers lui ?

Il peut s’appeler troubles obsessionnels du comportement, troubles du comportement alimentaire, troubles sexuels, jalousie, crises d’angoisse, migraines etc... Il peut devenir pathologique s’il le faut. A l’instar d’un enfant trépignant d’impatience et de frustration devant le manque d’attention qui lui est porté, le symptôme s’intensifie au contact de notre indifférence. Au point où éreintés par sa présence et la manière dont il impacte notre quotidien et notre entourage, nous adressons enfin notre souffrance et cherchons de l’aide. L’aurions nous fait sans lui ? Aurions-nous eu le courage de plonger dans nos abîmes sans sa présence ? Sans se rappel quotidien que nous dysfonctionnons ? Il vient nous indiquer que nous faisons fausse route. Que jusque là il a pu parer au plus urgent, mais n’a pas pour fonction de rester indéfiniment sans que nous encourions le risque qu’il devienne réellement nuisible. En ça le symptôme est notre rite initiatique, Il est le point de passage au monde qui fait sens. Il est notre piqure de rappel à l’authentique.

Nous l’avons compris, la fonction du symptôme est donc de signifier qu’il y a souffrance, une souffrance non reconnue, non adressée. Notre premier pas est par conséquent de reconnaître l’existence de ce dernier, tourner son regard vers lui et oser voir. Le symptôme existe, il est bien là, présent au quotidien, douloureux au quotidien. La deuxième étape est de lui adresser la parole. Entamer un dialogue. Que représente-il ? Au nom de quoi est-il venu investir cet unique lieu de vie qu’est notre corps? Mettre des mots sur les maux ; décrypter la somatisation. Lever l’interdit, retirer le déguisement.

Au fur et à mesure que la parole et le dialogue prennent place, Le symptôme, lui, laisse la place. Un peu plus d’espace pour respirer, un peu plus d’espace pour se mouvoir et la dynamique existentielle reprend son cours. Nous pouvons enfin expérimenter notre liberté d’action le mot libéré lui ayant précédé.

Tali Bucher, Psychothérapeute

 

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Tali Bucher

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