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Conseils de psy

TDAH adulte

/ Par Sally Das / Mal-être

TDAH adulte

Le TDAH adulte est de plus en plus présent dans nos consultations.

On a parlé très longuement du TDAH chez les enfants mais dernièrement, de nombreuses demandes concernant le TDAH adulte sont apparues, avec des adultes en souffrance depuis longtemps, diagnostiques récemment par des neuropsychologues comme atteints d'un trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité.

L'importance de cette "étiquette", non de mettre ces patients dans une "boîte" est de leur permettre de mettre un nom sur leur trouble et de comprendre que ce qu'ils vivent depuis leur enfance n'est pas du à leur imagination. Qu'ils ont bel et bien soufferts d'une différence dans le fonctionnement de leur cerveau qui n'a pas de bouton "off", dans leur sentiment d'avoir plusieurs groupes de personnes dans leur tête qui cogitent en même temps, de leurs ruminations mentales, de leur impossibilité à ne rien faire même quand ils sont épuisés, de leur problème de concentration, de leur différence avec les autres et ce sentiment d'être vu ou de se percevoir comme un extraterrestre à l'école, en famille et dans la société.

Le TDAH peut également être associé au burn-out: comment faire taire mon cerveau qui ne s'arrête jamais et qui s'épuise ? Il peut également être associé à des compulsions: alimentaires, l'alcoolisme, addictions en tout genre.

Aider les patients atteints d'un TDAH adulte s'avère vraiment utile et important car ils sont en souffrance depuis très longtemps quand ils arrivent dans nos cabinets et l'étiquette posée sur leur problématique les soulage d'une part mais ne les aide pas à avancer.

Quelques outils proposés aux patients dans le cadre de leur trouble:

-) Pour les ruminations: notez tout ce qui vous passe par la tête: sur le téléphone, un cahier à côté du lit, un petit cahier qui regroupe vos pensées,...Sortez les choses de votre tête afin d'éviter les ruminations. Mettez-vous à un sport qui canalise vos pensées. Par exemple: courir, c'est bien mais cela ne vous empêche pas de penser. Imaginez une activité où vous devez vous concentrer: la danse, le coloriage, l'apprentissage d'une langue,...

-) Je procrastine et je tourne en rond: Faîtes une to-do list, un planning, une liste des tâches priorisée par importance

-) Je compulse: lorsque vous avez envie de compulser: exemple: j'attrape le paquet de chips, je le mange et je culpabilise => plutôt que d'attraper ces chips, notez une liste de 10 activités sur votre téléphone qui peuvent vous empêchez de compulser: exemple: activité 1: je mets mes basquets et je vais faire un tour, activité 2= j'attrape mon livre et je lis, activité 3= je fais mon jardin,...

-) Soyez au clair avec vos émotions: j'essaie d'identifier mes émotions, je les note et j'essaie de les comprendre. J'accueille mes émotions (je pleure, je crie,...) et j'essaie de trouver une possibilité de les exprimer : j'écris ce que je ressens, je passe l'aspirateur pour passer mes nerfs,...

-) Je suis impulsif(ve): j'essaie de ne rien casser ni de ne pas agir sur un coup de tête ou une émotion: je me pose quelques minutes, je respire (j'inspire et j'expire plusieurs fois pendant quelques minutes jusqu'à ce que je me sente plus calme) et je me demande comment gérer les choses autrement => je diffère l'action que je voulais faire initialement afin de bien y réfléchir et de ne pas subir mon impulsivité.

J'attire votre attention sur le fait que si vous avez un doute sur une suspicion de TDAH, il faut impérativement consulter un(e) neuropsychologue. En tant que psychologues cliniciens, nous pouvons réaliser des suivis TDAH mais pas les diagnostiquer => passage chez nos collègues. Une fois le diagnostic posé, nous pouvons vous aider à gérer ce trouble au mieux.