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Thérapie de couple : ensemble ou séparément ?

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Thérapie de couple : ensemble ou séparément ?

La courtoisie des conjoints l’un envers l’autre n’est évidemment pas garante que la thérapie aura une répercussion positive sur le couple, mais facilite grandement la collecte d’informations.

Par contre, lorsque l’un ou les deux époux arrivent remontés pour en découdre, il arrive que le début de la première séance s’apparente à un règlement de compte où chacun renvoie à l’autre toute la frustration et la colère accumulées.  Parfois la lutte est inégale et l’un des conjoints semble diminuer de taille à vue d’œil jusqu’à disparaître… si le thérapeute n’intervient pas très vite pour remettre un peu d’équité dans la prise de parole. Ne pas être attentif à celui qui ne parle pas conduit souvent à ce que celui-ci ne veuille plus jamais retenter l’expérience.

Chez Interactes, nous sommes deux thérapeutes pour recevoir les couples. D'une part, cela évite le sentiment, pour un des partenaires, d'une alliance entre le thérapeute et l'autre partenaire ; d'autre part cela évite également la complicité « évidente » (« Vous aussi vous êtes une femme » ou « Entre hommes, on se comprend »).

Autre avantage, lorsque la séance est houleuse, être deux permet de se relayer, de souffler, de réfléchir et de ne pas risquer d’être contaminé par l’agressivité ambiante. En outre, pendant que le premier thérapeute se concentre sur le conjoint qui s’exprime, le second peut être attentif aux réactions non verbales de l’autre.

Toutefois, même à deux, ils nous arrivent fréquemment de rencontrer les couples séparément : presque systématiquement lors de la deuxième séance afin de vérifier s’il y a des choses que l’un ou l’autre ne veut pas dire en présence de son conjoint et parfois aussi lorsqu’il est plus stratégique de donner des tâches séparées sans que les époux ne soient au courant de ce qui est demandé à l’autre.

Bien sûr, cela requiert un parfait respect de notre part du couple et de la vision du monde de ses membres : nous ne jouons pas, nous permettons à chacun d’être reconnu et respecté dans sa différence.  Si pour les patients, il est parfois question de bourreau et de victime, pour nous il s'agit surtout de personnes qui dysfonctionnent dans leur relation et dont les interactions peuvent conduire un des conjoints (voire les deux) à adopter un comportement inacceptable pour l’autre ou pour la société.

Parfois aussi, il nous est arrivé d’accompagner un des époux seulement, lorsqu’il était évident que l’autre n’était pas demandeur d’aide et que sa présence ne pouvait que freiner l’avancée thérapeutique : nous faisons souvent l’expérience que pour  initier le changement dans le ménage, il vaut mieux un partenaire motivé, que deux dont l’un traine les pieds.

Enfin, nous avons aussi croisé la route de couples mettant en scène leur différend et pour lesquels notre rôle devait se résumer à n’être que spectateur, le but n’étant pas de régler leur problème mais de l’entretenir avec notre complicité involontaire !

Leur demander de venir séparément à la prochaine séance met donc fin immanquablement soit au petit jeu stérile, soit à la thérapie, économisant l’argent du couple et l’énergie des thérapeutes ! En définitive, le travail avec les couples est passionnant. Parce qu’il nous renvoie à notre propre histoire, il requiert de la fermeté sur le cadre pour ne pas se laisser déborder mais il exige aussi beaucoup d’ouverture d’esprit et d’humilité.

Catherine Lemoine, psychothérapeute

 

 

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