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Troubles alimentaires : le cas des sportifs

/ Par Gaëlle Salakenos / Santé

Troubles alimentaires : le cas des sportifs

Plusieurs types de troubles alimentaires (co)existent. Les principaux sont la boulimie et l’anorexie, ou encore l’hyperphagie. D’autres troubles sont cependant observés, mais demeurent moins connus du grand public. Concernant les athlètes de haut niveau, certains d’entre eux peuvent par exemple être obsédés par l’activité physique à l’extrême. Ils peuvent ainsi maintenir un programme d’exercice strict, excessif et compulsif, et continuer à s’exercer même en étant blessés, fatigués ou fragiles, dans tous les sens du terme. À ceci peut s’ajouter un trouble alimentaire qui, sans être une pathologie couramment rencontrée, n’en reste pas moins important et dangereux. L’anorexie reste cependant le trouble alimentaire le plus souvent rencontré dans le milieu du sport.

Trois facteurs peuvent fournir une explication à l’apparition de troubles alimentaires dans le domaine du sport : les facteurs biogénétiques, psychologiques et de l’environnement sociologique. Premièrement, il peut y avoir un mauvais fonctionnement de la glande pituitaire, des prédispositions génétiques ou héréditaires, qui peuvent entrainer un dérèglement alimentaire. Deuxièmement, certains types de personnalité comme le perfectionnisme ou des traits obsessionnels-compulsifs (TOC) ont été mis en rapport avec de tels troubles. De plus, la nourriture peut être utilisée pour tenir le coup face à de trop fortes émotions. Troisièmement, certains environnements sociologiques y contribuent, comme la culture, les médias, le rôle des personnes en tant qu’homme ou femme, la communauté, les pairs, le coach sportif (ou la figure d’autorité) ou encore la famille.

Historiquement, les femmes ont plus de risques de développer ces types de troubles que les hommes, même si ceux-ci sont tout de même touchés. Les hommes tendent à faire un régime pour atteindre une bonne condition physique, tandis que le but des femmes est généralement la minceur. Les personnes à plus haut risque sont celles qui pratiquent un sport dans lequel le rôle du poids et l’apparence sont accentués. Ce sont les sports esthétiques (comme la gymnastique) et de musculation (comme le catch ou l’haltérophilie) qui sont en cause. 

Il est malaisé de détecter ces problèmes pour les coachs sportifs et le personnel médical. En effet, il peut être difficile de dire si un athlète a un trouble alimentaire, ou s’il se comporte juste en bon sportif. Il y a donc quelques critères qui peuvent aider à cette détection, comme le déni de douleurs ou blessures, des tendances perfectionnistes, un manque d’engagement personnel dans l’équipe, etc. Le plus fiable reste néanmoins de se référer aux normes prescrites par le DSM-IV. Selon ce recueil des différentes pathologies existantes, il est question d’anorexie lorsque la personne refuse de maintenir un poids au dessus de la normale minimale, a une peur intense et irrationnelle de prendre du poids, voit sa perception corporelle altérée, et lorsque l’aménorrhée est observée (absence des règles pendant au moins trois cycles consécutifs) chez la femme.

Dans la prévention de tels troubles, le plus important reste l’éducation, qui vise à la fois l’athlète, le coach, la famille, les entraineurs. L’approche la plus utile est de se concentrer sur la santé, plus que sur une alimentation spécifique à adopter. L’avis de plusieurs spécialistes est donc requis. Il sera nécessaire par la suite de faire de l’environnement proche de la personne en difficulté des alliés, ressources sur lesquelles elle va pouvoir se reposer. Pour un sportif, le rôle du coach sportif à lui seul y est pour beaucoup. L’entraineur peut par exemple arrêter de souligner le poids de l’athlète, ne plus les peser en groupes, contrôler l’effet de contagion du groupe, offrir de bons conseils pour perdre du poids de manière appropriée, etc. Le coach sportif peut donc aussi avoir besoin de conseils, soutien et lignes de « conduites » à suivre venant de professionnels spécialisés dans de tels troubles. Dans ce type d’encadrement, et dans la prise en charge du trouble à proprement parler, il est donc quasiment toujours nécessaire de travailler en équipe pluridisciplinaire, chaque professionnel apportant au patient ce dont il a besoin de manière personnalisée.

Le sport est rarement la cause directe des troubles alimentaires, mais le fait d’être impliqué dans le sport peut les renforcer. L’athlète peut être pris en charge au moyen d’une intervention individuelle, d’une thérapie de groupe ou familiale, d’une hospitalisation, ou encore par un retour aménagé dans le sport. Le plus important reste que la prise en charge soit adaptée à sa personne. Et au plus tôt sera mise en place l’intervention, au mieux cela sera pour l’évolution du trouble.

Gaëlle Salakenos

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Gaëlle Salakenos

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