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Conseils de psy

Une réalité digne d'un film d'horreur! Comment rester

/ Par Sally Das / Covid-19

Une réalité digne d'un film d'horreur! Comment rester "positif"?

Qui nous aurait dit il y a un peu plus d'un an, qu'un jour, nous serions privés de nos libertés les plus essentielles? Sortir à n'importe quelle heure en rue, se rendre chez le coiffeur ou aller chez l'esthéticienne, aller boire un verre avec nos proches ou manger un bout, serrer quelqu'un dans ses bras, faire la bise à nos proches, famille, collègues, rencontrer quelqu'un amoureusement, aller au zoo, en vacances, prendre l'avion librement, circuler librement en voiture, sortir sans cacher la moitié de son visage, être étonné de sentir le vent froid sur nos joues quand on enlève son masque, être enfermé chez soi, vivre dans la peur et dans l'angoisse, se poser des questions sur notre avenir très incertain, dépendre entièrement de quelques personnes décidant de notre avenir jusqu'au moindre détail, faire le sport ou l'activité que nous aimons, assister à des événements culturels, se regrouper, et j'en passe...!! Je n'oublie pas les personnes qui sont hospitalisées seules dans l'angoisse, sans pouvoir être réconforté(e)s par leurs proches ou familles, les personnes décédées seules, les descendants de ces personnes qui n'ont pu enterrer leur membre de la famille comme il se doit. N'importe quel film d'horreur le plus atroce n'aurait pu ressembler à notre quotidien même l'Exorciste est moins effrayant! 

Notre quotidien a été complètement chamboulé par un virus pas très grand mais qui nous a pourri, nous pourri et continue à nous pourrir la vie au quotidien. Quand on dit que ce n'est pas la taille qui compte...(rires!).

Nous sommes bombardés par de mauvaises nouvelles au quotidien, dès le matin, dès qu'on écoute la radio, les infos, sur les réseaux sociaux et même nos conversations ne tournent plus autour d'un mot...Covid et conséquences! Nous scrutons le nombre de contaminations, d'hospitalisations, de morts,...Jamais nous n'avons connu le nombre journalier de morts en Belgique, et puis, qui s'en serait préoccupé? En quoi cela aurait-il changé notre quotidien? Ces chiffres énoncés quotidiennement nous angoissent ou nous rassurent, en fonction de leur augmentation ou de leur diminution et rythment notre quotidien et les décisions qui vont en découler: plus de liberté ou moins de liberté! Nous sommes tenus à des chiffres représentant certes des personnes mais des chiffres! 

Tout est fait dans le but que nos hôpitaux ne soient pas saturés! Nous pensons aux personnes qui aident ces patients au quotidien chaque jour ! Faut-il vivre dans la peur que le pire arrive? Alors, devons-nous éviter de rouler en voiture pour ne pas avoir d'accident ou éviter de sortir de chez nous pour ne pas prendre froid? L'évitement est-il source de résolution de tous les problèmes? Faudrait-il confiner toute une population à vie afin d'éviter que le pire arrive ou ré-arrive? 

Nous pensons aux personnes souffrant du covid et leurs victimes de cette maladie, mais également à tous ceux que cela touche directement ou indirectement: les travailleurs qui vont bosser tous les matins, la peur au ventre d'une possible contamination et d'un transfert à leurs proches, des travailleurs en télé-travail qui ne cotoient plus leurs collègues et qui sont H24 dans leur maison, à tourner en rond, des travailleurs qui ont perdu leur emploi ou qui attendent une réouverture de leur structure, quand? On n'en sait rien, qui vivent dans le stress de réouvrir un jour ou qu'il soit trop tard quand on leur permettra enfin de le faire...! Des personnes sans emploi qui sont bloquées au niveau du marché du travail car la situation n'est pas idéale pour l'embauche, des étudiants  qui étudient masqués toute la journée,  en situation hybride, qui ne peuvent avoir autant de contacts qu'habituellement avec leurs amis et collègues de classe, des enseignants qui donnent cours dans des conditions compliquées, des étudiants du supérieur qui ne peuvent profiter de leur vie estudiantine et qui ont cours à distance plutôt que dans les auditoires. 

Bref, nous sommes tous impactés de près ou de loin par cette chose qui nous énerve au plus haut point et par toutes les mesures qui en découlent, indépendamment des besoins psychologiques et sociaux de la population! Certes nos hôpitaux vont voir diminuer leurs hospitalisations pour la covid mais ils vont les voir augmenter par une détresse psychologique: des suicides, des angoisses, des dépressions, des burn-out, un ras-le-bol catastrophique d'une situation anxiogène au plus haut point! 

Alors, avec tout cela, comment rester positif, surtout en cette période hivernale, propice à la dépression, à la tristesse et à tous les maux physiques qui vont avec! N'oublions pas qu'au moindre symptôme de nez qui coule ou de mal de gorge, nous sommes directement envoyés vers un curage de nez très sympathique! Vive le test Pcr et son attente angoissante!

Comment faire pour ne pas sombrer? Comment faire pour rester positif (à tout sauf à la covid bien sûr)? 

Nier la réalité ne serait pas judicieux...En effet, on ne va pas s'inventer d'histoire et dire que tout va bien dans le meilleur des mondes, ce serait du déni et plus de la positivité! Etre positif ne signifie pas ne pas être réaliste, cela signifie voir les choses différemment: le verre à moitié rempli plutôt que le verre à moitié vide!

Qu'y a-t-il de moitié rempli dans ce verre? Nous pouvons profiter du peu qui nous est accordé, j'insiste sur le "peu", car on est vraiment là-dedans...profiter au maximum de tout ce que la vie nous réserve et nous permet de faire, dans l'espoir que l'avenir nous rende notre vie d'avant...un jour! Profitez de la moindre sortie, d'un rire, d'une chouette série télé, d'une balade, d'un contact même virtuel, d'un rayon de soleil, d'être reconnaissant du moindre moment positif que réserve la vie car nous ne savons pas de quoi demain sera fait, alors... Carpe diem et espérons des jours meilleurs bientôt! 

Sally Das -  Psychologue, Psychologue clinicien(ne), Psychologue de 1ère ligne (INAMI), Psychothérapeute, Formateur/trice

Sally Das

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