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« Avec ces écrans, on ne s’en sort plus »

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« Avec ces écrans, on ne s’en sort plus »

Les témoignages

La famille Ruault : « Chez nous, les règles s’assouplissent de plus en plus »

« Bien sûr que mes enfants regardent la télé, explique Bénédicte Ruault, maman de Rémi (6 ans), Sacha (8 ans) et Charlotte (10 ans). En semaine nous limitons l’accès à quelques minutes le matin et ils ne la regardent pas non plus tous les soirs. En revanche le week-end ils sont parfois demandeurs et les dessins animés peuvent être des alliés précieux pour sauver une grasse matinée de temps en temps, avoue Bénédicte. Au départ, on essaie forcément de fixer des règles, mais avec la vie quotidienne et la famille qui s’agrandit, le fait est qu’elles s’assouplissent… Ainsi le petit dernier, voyant ses frère et sœur devant l’écran, a sans doute commencé à regarder la télé plus tôt que les grands. »

Sans être anti-télé, « j’ai moi-même été assez télévore à une époque », la maman regrette le côté « bêbêtisant » de certains programmes. « C’est bien entendu ceux qu’ils préfèrent et nous essayons de les orienter vers des émissions plus instructives, comme des documentaires, mais ils ne sont pas toujours réceptifs… Pour autant la télé ne les empêche pas de s’ouvrir à d’autres choses. Charlotte lit énormément, même devant la télé quand ce qui s’y passe ne l’intéresse pas. »

En revanche les consoles éveillent une plus grande méfiance au sein de la famille Ruault. « Les enfants souhaiteraient avoir des Nintendo DS, mais nous sommes totalement contre. Ce genre d’objets rendent asocial, ils isolent. Et quand bien même ils y jouent à plusieurs, on ne peut pas vraiment parler de divertissement : l’un tient les commandes et les autres sont agglutinés autour, à observer et à attendre. En revanche nous avons une console collective qu’ils utilisent tous ensemble. »

Ils jouent également sur l’ordinateur grâce à des sites qui proposent de petits jeux gratuits, mais toujours sous la surveillance plus ou moins proche de Bénédicte. « Quand ils vont sur internet, je ne suis jamais loin et ils savent que je contrôle s’ils ne vont pas sur des sites que je leur interdis. Pour les réseaux sociaux, ils sont encore trop jeunes, estime la maman. Nous utilisons plutôt le Net en famille pour regarder un endroit où ils vont aller, la bande-annonce d’un film qu’ils vont voir ou chercher de la documentation pour l’école. Nous essayons d’en faire un outil culturel. »

 

La famille Thielemans : « On n’a pas de règles »

 

Chez David et Catherine, parents de Noa (8 ans) et Ilona (10 ans), la règle des 3-6-9-12 ne s’applique pas. « L’accès à la télé et son contrôle se sont faits au fur et à mesure. Elles la regardent quand elles veulent, à la condition que les devoirs soient faits, mais les nombreuses activités extérieures qu’elles pratiquent limitent leur consommation, explique David. En pratique, il arrive qu’elles réclament de la regarder cinq minutes le matin avant l’école et le soir nous regardons le journal télévisé. »

Pas de réticence des parents face aux images parfois violentes de l’actualité ? « Elles sont le reflet de la réalité du monde. Nous ne souhaitons pas les censurer. En revanche quand la vue des reportages choque les filles, il nous arrive d’en parler pour comprendre et expliquer. De toute manière Noa, la plus petite, s’en va d’elle-même si les images lui paraissent trop violentes. » La télé sert également à brancher la Wii. « Nous l’avons achetée il y a deux ans. En revanche, nous ne voulons pas de consoles individuelles. Les jeux vidéo doivent rester une activité cohésive. »

Concernant internet, Ilona s’en sert surtout pour ses devoirs ou pour jouer et Noa commence à s’y mettre. En revanche pas de réseaux sociaux pour les filles. « Elles sont encore trop petites et moi-même qui suis assez réticent à cela, ai mis du temps à les utiliser. Peut-être est-ce par déformation professionnelle, car je travaille dans une Espace numérique publique où je vois tous les jours des jeunes désœuvrés qui passent toute leur journée sur Facebook ou YouTube, dans une attitude, hélas, totalement passive alors qu’internet et l’ordinateur ont un potentiel créatif dont ils ignorent tout. »

« Au final, à la maison, nous n’appliquons pas vraiment de règles face aux écrans, nous essayons de gérer l’accès de façon souple et naturelle en respectant des règles de savoir-vivre général. Si nous décidons qu’elles ont passé trop de temps devant l’écran, nous détournons leur attention par une autre activité, ce qui fonctionne plutôt bien. »

 

La famille Mortiaux : « Le web est aussi un outil éducatif pour nos enfants »
 

« Notre famille a un rapport atypique à la télévision : elle n’est entrée dans notre foyer qu’en 2010 à l’occasion du Mondial, explique Christel, maman d’Annabelle (14 ans), Hugo (12 ans) et Adrien (9 ans). J’avais la télé quand j’étais petite, mais je n’en ai plus eu après et mon mari non plus avant que nous habitions ensemble. Elle est donc naturellement restée à l’écart du foyer pendant toutes ces années. » Mais avec la ferveur du Mondial, les garçons ont eu envie de voir les matchs. La TV est arrivée à cette occasion. « Même si elle n’est pas repartie depuis, nous ne pouvons pas dire qu’elle ait bouleversé notre quotidien, elle est même restée en panne de nombreux mois sans que personne ne s’en soucie vraiment », précise Christel. Seul Adrien, le benjamin, semble lui montrer de l’intérêt : « J’aime bien regarder les dessins animés sur la chaîne flamande Ketnet en fin d’après-midi », reconnaît le petit dernier, bilingue, à l’instar de ses frère et sœur qui, eux, ne sont pas fans de la lucarne. « La télé est arrivée trop tard, ils sont nettement plus attirés par l’ordinateur qu’ils côtoient et utilisent depuis des années », analyse leur maman. Disposant de trois PC à la maison, Hugo et Annabelle vont sur

YouTube, regardent parfois Gossip Girl ou les Frères Scott et, surtout, sont inscrits sur les réseaux sociaux depuis qu’ils ont 11 ans. Sans avoir vraiment autorisé l’accès à Facebook, Christel a laissé faire : « Je ne vois pas comment un jeune pourrait aujourd’hui se soustraire aux réseaux sociaux. » Si Annabelle et Hugo ont été mis en garde contre les mauvaises rencontres sur la Toile, plus difficile en revanche de contrôler l’absence de téléchargements illégaux, auxquels les parents sont farouchement opposés. Mais le Net est aussi un outil éducatif. « On utilise Smartschool (une plateforme mise en place dans les écoles néerlandophones, NDLR) pour échanger des infos avec les profs et l’école », expliquent les aînés. Quant aux jeux vidéo, pas d’accoutumance car, là encore, la Wii est en panne depuis quelques semaines sans péril en la demeure…

 

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