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Conseils de psy

Communication innée et pourtant parfois très complexe

/ Par Florence de Cooman / Management

Communication innée et pourtant parfois très complexe

« Entre ce que je pense dire, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis ;

ce que vous avez envie d’entendre, ce que vous croyez entendre, ce que vous entendez, ce que vous avez envie de comprendre, ce que vous comprenez ;

il y a dix possibilités qu’on ait des difficultés à communiquer. » B. Weber

 

La communication est innée, un bébé n’a pas besoin de mots pour se faire comprendre ; et pourtant elle peut se révéler parfois très complexe. Il nous est tous arriver d’entendre l’autre et pourtant de ne pas comprendre son message. Pourquoi ? Que se passe t ‘il ?

Nous pouvons apprendre à adapter notre communication à notre interlocuteur

Communiquer, quelle en est la définition exacte : c’est « faire passer quelque chose à quelqu’un ; transmettre à quelqu'un un savoir, une compétence ; partager à quelqu'un un sentiment, un état. »1

La communication est donc multiple ; à la fois verbale dans le contenu de mon discours ; à la fois vocale selon le ton de mon discours et visuelle dans mon langage corporel et l’expression de mon visage. Pour bien communiquer, soyons congruent, que le verbal et le non verbal soient en adéquation. La façon de dire les choses est aussi, si pas plus importante, que le message qui est dit.

Comment adapter sa communication à l’autre ? En l’écoutant, quel vocabulaire utilise-t-il, avec quelle porte³ entre t’il en communication avec son environnement ?

« Je pense que, je planifie, je respecte, je crois que… » Mon interlocuteur entre en communication avec sa tête, il entre en relation par la pensée. Je m’adapte, je lui réponds de manière factuelle, raisonnée en personne responsable.

« J’aime quand, je ressens, je partage… » Mon interlocuteur entre en relation avec son cœur, il est en contact avec ses émotions. Je m’accorde, je témoigne de la compréhension, je mets de la chaleur dans nos échanges, je suis dans l’empathie.

« Je vais, je fais, j’adore, j’ai envie, j’imagine… » Mon interlocuteur entre en relation avec le monde extérieur avec son corps, il est dans un comportement. Je réponds sur le même mode, je lui parle d’action, je suis dans le ludique ou je l’invite à me parler de ce qu’il imagine.

Adapter sa communication à l’autre, c’est lui parler sur la même longueur d’onde, le même langage. Evitez de demander à votre interlocuteur de réfléchir s’il entre en relation avec son cœur sans avoir pris le temps de lui demander comment il se sent, évitez de raisonner un interlocuteur dans son corps, il est dans l’action pas dans le verbiage inutile ; évitez de parler de vos sentiments à votre interlocuteur qui vous parle faits, vous le mettez mal à l’aise.

 

Dans la vie professionnelle, nous sommes amenés à nous exprimer sur les actions de nos collègues. Une évaluation se prépare, que vais-je dire, comment vais-je le dire pour que l’autre entende et comprenne mon message ?

Nous pouvons apprendre à donner des feedbacks constructifs

Un feedback, c’est une information en retour sur une action, c’est une opportunité d’amélioration ; tout le monde le sait : « Faire une erreur n’est pas grave dès qu’on en tire les leçons ».

Comment faire un feedback constructif ? Je me demande quel est le but de ce feedback, en quoi celui-ci est important et si ce retour permettra à mon interlocuteur d’évoluer. Si oui, je procède par étape :

Premièrement, je parle d’un fait concret et du comportement de l’autre à ce moment-là. Je relate factuellement ce fait et ;

Deuxièmement, je parle de mon ressenti, en quoi, je ne me suis pas senti reconnu à CE moment-là lors de CE fait concret et ;

Troisièmement, j’en donne mon interprétation, en quoi ce comportement ne m’a pas paru adéquat dans ce contexte-là, à ce moment-là et ;

Je demande à mon interlocuteur dans quelle mesure il peut reconnaitre ce que je viens de dire précédemment. Dans l’affirmative, je passe à la dernière étape ; si l’autre n’accepte pas une des étapes, je reprends celle-ci et j’affine ma pensée, mon ressenti, mon interprétation jusqu’à ce que nous soyons d’accord.

Quatrièmement, j’en viens au but du feedback, en quoi un changement de comportement dans ce contexte-là pourrait être constructif pour l’avenir. Je peux proposer des idées d’amélioration ; suggérer pas exiger !

Le feedback se fait sur un comportement, sur ce que la personne FAIT, PAS sur l’identité, PAS sur ce que la personne EST.

Il est important de prendre la responsabilité de son feedback, je parle en JE et j’assume mes paroles. Je suis dans la congruence entre mon verbal et mon non verbal.

Un feedback n’est pas une critique, « un jugement défavorable en faisant ressortir les défauts, les erreurs… »2

Un feedback bien fait est un cadeau, une source d’inspiration pour évoluer.

 

La communication est innée dans notre cercle familial, avec nos amis proches ; nous sommes sur la même longueur d’onde, nous parlons le même langage.

Dans la vie professionnelle, nous sommes appelés à côtoyer des collègues ; et là, la communication peut être plus compliquée. Avons-nous envie de communiquer dans le langage de notre interlocuteur ? Avons-nous envie de partager un feedback qui sera une opportunité d’amélioration pour notre interlocuteur ?

 Bonne nouvelle : communiquer, transmettre un feedback s’apprend.

« Celui qui n’évolue pas disparait. » C. Darwin

Pour tous renseignements, n’hésitez pas à me contacter.

 

Sources :

1 : Dictionnaire Larousse online http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/communiquer/17568?q=communiquer#17436

2 : Dictionnaire Larousse online http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/critiquer/20577

3 : Théorie des 3 portes de communication de Paul Ware, psychologue américain