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Conseils de psy

Internet et les jeux vidéo, incompatibles avec l’école ?

/ Par Gaëlle Salakenos / Comprendre son ado

Internet et les jeux vidéo, incompatibles avec l’école ?

Le premier cas évoqué concerne la situation où le fait de passer un temps excessif devant son ordinateur ou sa console de jeu amène de mauvaises notes à l’école, et à plus long terme un décrochage scolaire. 

Dans cette situation, le fait de passer trop de temps devant l’écran a effectivement des conséquences à court et à long terme. Dans un premier temps, l’abus d’internet et des jeux vidéo permettent à la personne de tenir le coup par rapport à un manque ou à des besoins insatisfaits. Lorsqu’un jeune fait face à des situations de vie déplaisantes, le Web ou les jeux vidéo peuvent lui fournir un soulagement émotionnel, une échappatoire mentale et des semblants de solutions pour éviter les problèmes.

En surfant sur l’Internet, les internautes ont plusieurs motivations possibles : volonté d’augmenter des performances, de trouver un refuge virtuel, de trouver des compagnons ou simplement un nouveau loisir ou encore de vouloir reformer un cercle d’initiés. Et si c’est bien ce qui se passe au début, la roue tourne vite : des effets néfastes et totalement opposés à leurs aspirations de départ sont malheureusement observés. Comme conséquences à plus long terme, on trouve ainsi une aggravation du problème de base, la modification et le dérèglement du temps de sommeil provoquant une fatigue excessive, des difficultés scolaires.

Il y a donc des conséquences plutôt positives à court terme et négatives à long terme, qu’il s’agisse de la personne en elle-même, de ses relations à autrui, ou de ses performances scolaires.

Le deuxième cas évoqué est la même situation mais vue sous un autre angle, c’est-à-dire où le fait d’avoir de mauvais résultats scolaires entraine un usage excessif de  la console de jeux ou de l’ordinateur.

En effet, l’utilisation d’internet pourrait combler un besoin de compensation chez le jeune. Des échecs scolaires ou la difficulté à suivre les cours à l’école entrainent immanquablement un sentiment de frustration, une baisse d’estime de soi et de confiance en soi. Le jeune peut ainsi se sentir incapable, nul, sans valeur. En se tournant vers les jeux vidéo ou encore les réseaux sociaux, il peut ainsi éprouver du plaisir et de la satisfaction, se sentir valorisé par sa performance (en passant un niveau supérieur à un jeu par exemple) ou encore par des feedbacks d’autres internautes (sur un blog, Facebook, Twitter, etc.).

Quoiqu’il en soit, que l’utilisation de l’ordinateur ou de la console entraine un décrochage scolaire ou l’inverse, la réalité fait que le jeune peut vite se retrouver coincé dans un cercle vicieux. En effet, la personne qui passe sa soirée, voire sa nuit, face à un écran, ne sera pas en forme le lendemain. Sa concentration et son niveau d’attention ne seront ainsi pas optimaux lors des cours, de plus en plus d’informations importantes à sa réussite ne seront donc pas captées, et il sera ainsi de plus en plus dur pour lui de suivre les cours et de réussir ses interrogations. Récoltant mauvais résultat sur mauvais résultat, reproches et/ou punitions des professeurs et/ou parents, sa motivation à travailler baissera de même que sa confiance en soi.

En outre, un jeune qui vit une situation difficile et qui se réfugie dans le virtuel utilise une stratégie dite d’évitement de la situation-problème. Cela n’est cependant jamais positif sur le long terme, tant pour la résolution de la situation problème que pour son estime de soi. Dans tous les cas, que le jeune décroche à  l’école ou qu’il soit face à une situation qui soit pour lui ingérable, la tentation de se réfugier dans un monde rassurant, comme peut l’être le monde virtuel des jeux vidéo ou des réseaux sociaux, devient donc de plus en plus élevée. De la sorte, le jeune se retrouve coincé dans un cercle vicieux dont il est dur de sortir. Dur, mais pas impossible!

L’utilisation d’internet et des jeux vidéo n’est nullement un problème en soi. Ce qui est problématique, c’est l’usage excessif que l’on peut en avoir et le(s) problème(s) sous-jacent(s) qu’il peut cacher. Une utilisation addictive du web ou des jeux peut en effet constituer le symptôme du mal-être d’un jeune, de difficultés familiales, ou encore de tout type d’événement trop lourd à porter tout seul. Il peut y en avoir une utilisation positive, et ce à condition que ces activités virtuelles restent un loisir et que le jeune maintienne un contrôle sur cette utilisation. On parle de perte de contrôle lorsque le jeune ne peut plus s’empêcher de jouer, de chatter ou autre et s’en sente obligé, ou encore quand des émotions difficiles à gérer sont générées, comme de la colère ou encore de l’agressivité. Ces signes sont à garder à l’œil car au plus tôt une action thérapeutique est entamée, au plus vite la difficulté pourra être contrecarrée.

Le jeune qui se réfugie dans un monde virtuel a souvent l’impression d’être seul. Et à force de vivre dans un monde à part, il s’isole de plus en plus. Il est d’une grande importance que les proches réagissent – car le jeune en est souvent incapable tout seul. Il est primordial qu’il se sente compris et soutenu dans sa réalité. Pour cela, un travail thérapeutique est nécessaire ; il permettra dans un premier temps de faire le point sur la situation, de cibler les difficultés que rencontre le jeune et qui le poussent ainsi à fuir la réalité. Une fois le problème cerné, un plan d’action, unique pour chaque individu,  pourra être aisément mis en place. Cela pourra passer par du coaching scolaire, une réglementation du temps d’utilisation d’internet/des jeux vidéo et/ou un réaménagement de ses activités hebdomadaires, l’expression et la compréhension de ses émotions, une prise en charge psychologique relative à des événements de vie ou un vécu difficiles.

 

Gaëlle Salakenos

 

Source :
Berghmans, V., Boulanger, D., Carmon, G., Pellizzaro, F., Résibois, M., & Salakenos, G. (2010). La cyberdépendance : le normal et le pathologique chez l'adulte et l'adolescent. Projet de Baccalauréat, Université Catholique de Louvain, Louvain-la-Neuve. 

 

 

 

 

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Gaëlle Salakenos

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