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Conseils de psy

La relation parents-enfants: pas toujours simple!

/ Par Sally Das / Vivre ensemble

La relation parents-enfants: pas toujours simple!

La relation parents-enfants n'est pas toujours simple, peu importe l'âge et le type de relation que vous entretenez.

 

Les enfants ne sont pas livrés avec un mode d'emploi à la naissance, vous donnant des conseils ou des règles d'utilisation en fonction de tel ou tel comportement.

 

Pour le parent, le fantasme de l'enfant idéal est présent: vous l'imaginez d'une certaine manière, déjà au niveau du sexe (préférence d'une fille ou d'un garçon), son futur caractère, votre future relation avec lui, ses projets d'avenir (Je veux qu'il soit médecin), le nombre d'enfants qu'il aura, la manière dont il se comportera avec vous dans vos vieux jours,...Bien régulièrement, il y a un gros décalage entre vos idéaux et votre VRAI enfant. Décalage qu'il faut accepter, gérer et où il faut construire une relation saine avec lui en fonction de tous ces paramètres.

 

Pour votre enfant, c'est la même chose. L'enfant n'a pas le fantasme des parents idéaux, il nait sans avoir été consulté au préalable, découvre ses parents, les accepte, "fait avec" j'ai envie de dire. En grandissant, il peut espérer telle ou telle relation mais il a moins le temps de s'y préparer, contrairement à ses parents qui ont eu les 9 mois précédant sa naissance et même plus pour imaginer un lot de choses à son sujet.


Quelle serait la relation idéale parents-enfants? Une relation loin d'être parfaite, nous sommes bien d'accord, la perfection n'existe pas et personne ne demande ni à l'enfant ni au parent de se comporter à tout moment de manière idéale. Une relation saine serait l'idéal, la relation toxique et fusionnelle à éviter.


Qu'est-ce que la relation toxique parent-enfant? La relation toxique signifie que vous n'entretenez pas les liens que vous devriez entretenir avec l'autre, vous l'étouffez, vous vous en servez quelque part, l'autre est votre chose que vous manipulez selon votre envie. L'individu toxique culpabilise l'autre, se moque de lui, le dénigre, le critique, n'apporte aucun soutien, aucune réponse affective, peut être violent moralement,... Cette personne toxique n'apporte pas à l'autre la réponse attendue, la relation attendue, mais crée une relation empoisonnée où on a du mal à s'échapper. Il peut arriver que l'individu toxique fasse du chantage affectif à l'autre: "Si tu pars de la maison, je me laisse mourir" ou "Je ne te parlerai plus jamais si tu fais telle ou telle chose". Il est alors difficile pour l'individu concerné de prendre ses décisions en conséquence, avec la culpabilité de faire du mal au personnage toxique alors que c'est celui-ci qui agit de manière négative envers lui. La victime se sent régulièrement coupable comme dans toute problématique semblable. Certains enfants coupent les ponts avec ce type de parents ou partent à l’autre bout du monde pour ne plus avoir de contact, tant cette relation les fait souffrir.

 

La relation trop fusionnelle? Il y a fusion dans ce type de relation, ces individus sont dans la même bulle et ne font "qu'un". Il y a des relations fusionnelles qui fonctionnent "bien" et d'autres qui se révèlent très destructrices, même si idéalement, il est préférable de ne pas avoir ce type de relation. Certains parents-enfants vivent ce style de relation en étant "meilleurs amis" ou en réalisant toutes leurs activités ensemble. Encore une fois, c'est loin d'être idéal et sain, mais pour certaines familles, cela ne pose pas trop de souci et cette relation de fusion est perçue comme une relation qui remplit un manque de part et d'autre ou un besoin. Le plus compliqué dans ce type de relation est la place octroyée à une troisième personne (je pense au partenaire de l'enfant ou du parent qui ne voit pas toujours cette relation d'un bon oeil et qui n'y trouve pas toujours sa place) et la disparition de cette personne avec qui on partage une relation fusionnelle où le deuil va être plus intense. 

 

Certaines personnes me disent: de toute manière, on doit tout pardonner à nos parents car ce sont nos parents! Je ne suis pas d'accord avec cette affirmation: ce sont vos parents et vous n'aurez que ceux-là, je vous l'accorde. Néanmoins, être votre parent ne signifie pas avoir tous les droits ni vous faire souffrir. Vous n'êtes pas forcé de tout accepter de leur part et vous avez le droit de ne pas leur pardonner leurs actions, d'autant plus si ces actions étaient réalisées dans le but de vous faire du mal.

 

Je suis aussi d'accord avec l'affirmation qu'il s'agit de vos seuls parents, un jour, ils ne seront plus là et il faudra faire le deuil de leur disparition mais également de votre mauvaise relation avec eux!

 

La question à vous poser est la suivante: "Quelles sont vos limites vis-à-vis d'eux?", "Quels sont les comportements que vous pouvez tolérer?". Un sentiment de culpabilité vous aveugle peut-être et vous pensez être responsable de tous les soucis liés à cette relation, hors, n'oubliez pas que dans une relation, vous n'êtes pas le seul personnage et que vous ne pouvez déterminer ni modifier les comportements de l'autre, juste gérer les vôtres!

 

Faut-il couper les ponts ? Faut-il partir loin d’eux si la relation me fait souffrir ? A cette question, je répondrai qu’il faut penser à vous, à votre bien-être. Parfois, prendre de la distance peut aider à y voir plus clair et à améliorer la relation. Je pense aux enfants qui vivent chez leurs parents où des tensions apparaissent tous les jours et qui décident de quitter le nid ; la relation est alors différente avec leurs parents, qu’ils fréquentent moins souvent et où ils décident du moment où se voir, de la durée de leur rencontre, de l’activité réalisée, cela permet parfois de modifier le lien et de mieux s’entendre avec ses parents, sans pour autant quitter le pays !

 

Parfois, partir ou prendre de la distance ne suffit pas à améliorer la relation, parfois certaines personnes ne se remettent pas en question, ne veulent pas modifier le comportement problématique. Vous ne pouvez alors rien faire dans ce sens pour améliorer votre relation et susciter un changement chez l’autre. Par contre, vous pouvez poser vos limites « J’accepte qu’elle me téléphone 10 fois par jour mais pas qu’elle débarque chez moi sans y être invitée » ou « J’accepte que mon parent n’apprécie pas mon conjoint mais pas qu’il ne dénigre devant moi », ou encore « J’accepte que mon parent hausse la voix mais pas qu’on me violente ». Pour le parent, nous pourrions prendre les exemples suivant : « J’accepte que mon enfant me demande un service mais pas qu’il se serve de moi ou qu’il exagère dans ses demandes »,…

 

En délimitant les choses acceptables et non acceptables, vous placez un bouclier protecteur devant vous qui peut vous permettre de mieux gérer cette relation compliquée et d’avoir un minimum de contrôle sur celle-ci. Certes, vous devrez faire le deuil de cette relation qui ne se déroule pas comme vous le souhaitez, mais rappelez-vous que vous avec un pouvoir d’acceptation, de limites et de contrôle sur celle-ci.

Sally Das -  Psychologue, Psychologue clinicien(ne), Psychothérapeute, Formateur/trice

Sally Das

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