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Conseils de psy

Relation parent-enfant: le lien avec la nourriture

/ Par Sally Das / Bébés

Relation parent-enfant: le lien avec la nourriture

Relation parent-enfant: le lien avec la nourriture

Nous savons que les premiers liens mère-enfant sont très importants dans le développement physique et émotionnel de l'enfant et son futur. La relation avec la nourriture l'est tout autant et peut être problématique sans que le parent s'en rende compte!

Loin de vous culpabiliser jeunes (ou moins jeunes) parents mais plutôt de vous alerter sur certains comportements réalisés avec bienveillance avec votre enfant, mais qui pourront avoir des conséquences négatives dans sa relation à la nourriture en grandissant.

Quand un bébé pleure, il n'est pas toujours évident de comprendre ce que signifie ses cris, d'autant qu'il n'est pas livré avec un mode d'emploi en plusieurs langues. Il faut donc essayer à tâtons afin de comprendre la signification de ses cris et l'apaiser au mieux.

Parfois, quand un bébé pleure, le parent associe directement son cri à de la faim ou de la frustration et la réponse aux pleurs et de lui mettre un sein en bouche ou un biberon, qu'il ait faim ou pas. La réponse que vous apportez à votre enfant dans ce cas est que le sein, le biberon ou la nourriture est la réponse aux frustrations qu'il vit actuellement. 

Nous devons gérer la frustration, elle fait partie de notre vie et elle est même nécessaire. Votre enfant connaîtra des refus et même de votre part, vivra des rejets, et même avec toute la bienveillance dont vous ferez part, vous ne pourrez le protéger de toutes les frustrations qu'il vivra au quotidien! L'enfant doit pouvoir dépasser sa frustration et vous devez l'y aider. Quand vous le nourissez à chaque fois qu'il pleure, vous ne lui donnez alors pas la possibilité de le faire.

Une autre conséquence possible à ce nourrissage est un lien avec la nourriture inadapté. Un enfant qui, à la moindre frustration, reçoit de la nourriture, via le sein, le biberon ou même via un bonbon ou un grignotage, va considérer la nourriture comme un apaisement, comme la réponse à ses problèmes. 
Certes, nous avons tous, à un moment de notre vie, englouti un paquet de chips entièrement ou un pot de glace et cela nous a fait un bien fou! Oui, à un moment de notre vie et en une situation particulière, pas de manière générale.

Le risque que l'enfant associe "nourriture" et "apaisement" ou" réponse à un problème" peut l'amener à des problémes alimentaires de boulimie, d'hyperphagie, de problèmes de poids et d'obésité car la satiété ne sera pas activée.

Lorsque nous mangeons, à un moment donné, notre estomac dit "stop", c'est la satiété. Nous possédons un petit signal qui nous indique que si nous continuons à manger, cela va être compliqué pour notre estomac, une impression de remplissage. 

Chez les enfants qui ne connaissent pas la satiété, ce petit "stop" n'est jamais activé, ils mangent donc sans arrêt, comme un puit sans fond, sans sentiment de remplissage. Cela occasionne donc des problèmes de poids et d'obésité, qui sont assez présents chez les enfants dans notre société et qui créent, des difficultés physiques mais également psychiques assez importantes. Lorsque vous nourissez sans arrêt votre enfant, il n'aura jamais la possibilité de connaître la sensation de faim et la sensation de "Je n'ai plus faim".

Il est donc important dans ce genre de situations de déterminer si l'enfant a faim, plus faim, si ces pleurs sont dus à ce manque ou si à l'inverse, il est en colère, a juste besoin d'un calin ou autres.

Attention aussi au forçage alimentaire qui peut avoir des conséquences également. Certes, l'enfant doit apprendre à goûter les aliments, qu'ils lui semblent bons ou pas. Il y a une différence entre "obliger" l'enfant à prendre une bouchée de nourriture afin qu'il se fasse une opinion et décide s'il apprécie ou pas tel ou tel aliment, à obliger l'enfant à manger un plat qu'il ne supporte pas!

Pire, terminer son assiette alors qu'il n'a plus faim. Si votre enfant vous dit qu'il n'a plus faim, il est apte à gérer sa satiété et tout enfant n'a pas le même appétit, de la même fratrie ou pas. Un enfant ne se laisse pas mourir de faim et s'il vous dit qu'il n'a plus faim, laissez-le, ne le forcez pas à terminer une assiette! Ce comportement, même si vous pensez bien faire peut conduire à un dégoût alimentaire, à un surpoids aussi! 

Bien-sûr, vous pourriez lui expliquer que s'il n'a plus faim pour terminer son assiette de repas, il n'a pas faim pour un dessert! Afin qu'il comprenne que le dessert est un "plus" mais ne remplace pas des aliments de repas. Vous pourriez aussi lui expliquer que s'il n'a plus faim pour le repas, il ne mangera pas trois heures après quand il sera au lit. Mettez-lui des limites, cela est cadrant pour l'enfant mais ne forcez pas ses comportements alimentaires.

Le lien avec la nourriture est précieux, la nourriture nous sert de combustible et bien-sûr, il faut prendre du plaisir à manger, mais attention aux dérives de trop manger, de manger n'importe quoi, de compenser des émotions par la nourriture et de donner à votre enfant une image déformée de la nourriture qui pourra avoir des conséquences sur son futur.

Encore une fois, le rôle de parents n'est pas évident et les comportements même problématiques sont souvent réalisés avec une volonté de bien faire, de faire les choses pour le bien de votre enfant. J'espère que cet article pourra vous y faire réfléchir et peut-être vous apporter quelques conseils de psy ;-).

Bonne lecture.

 

Sally Das -  Psychologue, Psychologue clinicien(ne), Psychologue de 1ère ligne (INAMI), Psychothérapeute, Formateur/trice

Sally Das

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Type : Psychologue , Psychologue clinicien(ne) , Psychologue de 1ère ligne (INAMI) , Psychothérapeute , Formateur/trice
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