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Autorité et tendresse

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Autorité et tendresse

Fini les : « tu vas voir ce que tu vas prendre quand papa va rentrer ! ». Fini le père menaçant ! Fini le père grand méchant loup !
Enfin, nous, les pères d'aujourd'hui, pouvons nous autoriser à manier à part égale, le langage de la tendresse et de l'autorité.

Dès les premières minutes de vie…
La sécurité affective de base du bébé passe par le ressenti précoce d'une présence paternelle affectueuse et…ferme !
Le bébé intégrera immédiatement son papa à travers la fermeté de son engagement d'amour. Ce sont là, les prémices de la construction d'un lien d'attachement fort entre le père et son enfant. C'est dans ce vivier précoce de la relation que se construit déjà « la parole sacrée du père ». Sacrée car elle résonnera comme nul autre dans l'oreille de l'enfant. Elle sera structurante, limitante et donc rassurante.

L'importance de tenir d'emblée les limites
Pour l'harmonie de son psychisme, le bébé a besoin d'entendre la fermeté dans la voix qui pose les limites. Une voix sans cris, ni colère, seulement une voix qui porte le sceau conjugué de la tendresse et de la fermeté et qui dit : « Non, là mon petit chéri, ce n'est pas possible et nous ne céderons pas sur ce point ». C'est tout.
Un enfant qui perçoit une fragilité à ce niveau, chez ses parents, est un enfant qui va s'engager dans d'incessants bras de fer, pour obtenir ce qu'il désire. Il tentera donc de prendre le pouvoir sur ses parents.
Il y a 30 ans déjà, Françoise Dolto insistait beaucoup sur ce point. Il faut répondre aux besoins des enfants, pas aux désirs ! L'enfant a besoin d'être confronté à la frustration pour grandir, en sécurité physiquement et psychiquement ! Bien sûr, cela nous fait parfois mal au cœur, nous parents d'entendre la plainte insistante de notre enfant à qui l'on vient de dire : « Non ». Mais si nous sommes convaincus que ce « non » est justifié, qu'il a du sens, qu'il est nécessaire et structurant pour son enfant, il faut pouvoir le TENIR !
Cela ne veut pas dire pour autant qu'on abandonne son bébé en pleurs, tout seul dans sa chambre ! Certainement pas ! Non, notre présence rassurante, notre tendresse irrévocable lui permettra de passer le cap difficile de l'apprentissage de la frustration, ce grand moteur de la vie !

La cohérence et la complémentarité dans le couple parental
Tenir les limites demande bien évidement que papa et maman soient sur la même longueur d'onde à ce sujet. Quand l'un ou l'autre entre en contradiction par rapport à la fermeté de la décision, l'enfant s'engouffrera dans la faille ! Pourtant c'est humain car notre bébé nous embarque dans le navire tumultueux de nos émotions. Et parfois, elles prennent le dessus sur la raison… Dans ce cas de figure, ne vous jugez pas, mais parlez ensemble. Dites à votre épouse : « C'est dur pour toi, pour le moment de tenir notre décision, parle-moi de ce que tu ressens. Que passe-t-il en toi à cet instant ? As-tu des peurs par rapport à lui ?… ». Communiquer en reconnaissant les émotions de l'autre parent est certainement lui offrir l'appui dont il a besoin pour renforcer sa décision.
Parfois pour l'équilibre familial, il est également nécessaire de se passer le relais.
Je pense notamment aux réveils nocturnes fréquents des jeunes enfants. L'enfant a besoin de ressentir cette cohérence parentale dans les réassurances nocturnes que ce soit avec papa ou maman.

Et puis viendra la période d'opposition…
Aux environs de l'âge de deux ans (quoiqu'ils soient de plus en plus précoces), l'enfant va s'opposer avec beaucoup d'énergie à l'autorité parentale. Cette période est souvent déstabilisante pour les parents. Cela ressemble déjà à la crise d'adolescence ! Pourtant ce passage est particulièrement nécessaire à la construction de l'identité propre de l'enfant. Elle va lui permettre de s'affirmer en tant que personne à part entière (ou à parent tiers) qui a un pouvoir de décision sur les choix de la vie ! Quelles perspectives ! C'est là qu'il pose les bases de sa capacité de futur adulte à poser des limites, à dire non quand il ne sera pas d'accord. Un enfant qui ne s'oppose pas à cet âge est un enfant qui doit nous inquiéter, tant il est enfermé dans la soumission.
Donc pas de panique, cette période empreinte de colères régulières et de « non » à toutes nos propositions est normale et même nécessaire ! Yes, c'est ok !
Par contre, ce qui est tout autant fondamental à ce moment c'est que nous gardions le cap de nos sacro-saintes limites ! Il va nous pousser dans nos derniers retranchements et nous devrons tenir bon ! « Oui, j'entends bien que tu es en colère, que tu voudrais absolument que je te donne des bonbons, mais avant le souper, j'ai décidé que c'est non et rien, absolument rien y changera ! Donc, tu as le droit de pleurer et de vivre ta colère mais dans le hall, pas n'importe où et quand tu seras calmé, nous t'accueillerons à nouveau près de nous, dans le salon »
Ceci bien sûr n'est qu'un exemple. Ce n'est pas la bonne recette qui marche à tous les coups. Non, nous avons à créer nos propres recettes au quotidien avec l'enfant qui est là devant nous, et qui est différent de son frère et de sa sœur !

En conclusion, je suis convaincu que tendresse et autorité font excellent ménage ensemble. Ils offrent à l'enfant toute la sécurité dont il a besoin. Un lien fort. Un lien de respect. Un lien pour la vie.

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