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Conseils de psy

Chacun son lit, chacun sa place,...

/ Par info psy.be / Enfants

Chacun son lit, chacun sa place,...

Accepter l'enfant dans le lit de ses parents, à quelles conditions ?
En termes de repères, il est important que l'enfant apprenne, dès son retour de la maternité à dormir dans son berceau, dans sa chambre. Il s'habituera à la stabilité de celle-ci et y trouvera un lieu de ressourcement et de « re-sécurisation ». Evitons donc, la nuit en tout cas, de changer le berceau de pièce. Si l'enfant demande une surveillance particulière, offrez-la-lui dans sa chambre plutôt que dans la vôtre. Habituez son enfant à dormir dans sa chambre, dès son plus jeune âge, est le meilleur moyen de prévenir les risques futurs de déplacements vers le lit de ses parents ou d'un frère ou d'une sœur.
Pour différentes raisons, votre enfant peut traverser des périodes d'angoisses. Il se peut qu'il présente subitement des difficultés d'endormissement voire qu'il refuse de rester dans son lit. Là, il faudra « tenir bon » sous peine de voir votre enfant s'installer pour un bon bout de temps dans votre chambre. Ne l'acceptez dans votre lit qu'exceptionnellement si vraiment vous le sentez en grande détresse. Mais surtout n'en faites pas une habitude !
Le seul moment où accepter la présence de ses enfants dans son lit n'est pas problématique, c'est le matin, quand chacun a eu son compte de sommeil, pour partager le bonheur d'un moment de retrouvaille en famille. Mais c'est bien l'exception à la règle. 

Trop tard… Comment aider l'enfant à réintégrer son lit ?
Si le pli est pris et que votre enfant a déjà pris l'habitude de loger dans votre lit, il conviendra de lui expliquer que vous avez commis une grosse erreur en l'y acceptant et que maintenant vous exigez qu'il dorme à nouveau dans le sien, sans exception. Seule votre intransigeance, vous permettra de réussir cette nécessaire réintégration. Cela ne se négocie pas ! Il y a des choses qui se négocient, d'autres pas, jamais ! L'enfant a besoin « d'un mur dur et pas d'un mur mou » comme le soulignait Françoise Dolto, d'un discours ferme et invariable pour accepter la frustration et pour grandir de manière autonome.
Si malgré plusieurs nuits blanches de luttes, votre enfant persiste dans son refus et que vous n'en pouvez plus, allez consulter un psychologue spécialisé dans le travail de thérapie avec les enfants. Par sa fonction tierce, il vous aidera à dépasser cette difficulté.

Pour quelles raisons ce refus de dormir dans son lit ?
Les causes sont évidemment multiples. Chaque situation est à aborder au cas par cas. Cependant mon expérience de ce type de situations m'indique qu'ils sont souvent révélateurs d'angoisses ou de peurs chez l'enfant. Il conviendra de les élucider pour l'aider à les surmonter. L'enfant à partir de 4 ans, peut arriver à gérer seul ses peurs la nuit. Mettez-lui à disposition une petite lampe de chevet, un verre d'eau et un bloc de feuilles à dessin pour qu'il puisse si nécessaire, exprimer ses peurs ou ses cauchemars la nuit, tout en reprenant contact avec la réalité par la lumière et le contact de l'eau. Cette triple prescription fonctionne très bien car elle responsabilise l'enfant face à ses difficultés.
Le moment où le problème s'installe correspond parfois à des changements importants dans la vie de la famille ; crise dans le couple, séparation des parents, voyage d'un parent, déménagement, perte d'un être cher,… Dans ces moments difficiles, il faudra redoubler sa vigilance afin de ne pas se laisser à aller à donner à son enfant une place qui ne lui revient pas.
D'autant plus que l'enfant vit son corps avec « la sensualité et les émois d'un homme et d'une femme en devenir » comme l'écrit F. Dolto dans « les étapes majeures de l'enfance ».
N'oublions pas cette dimension de la sexualité vivante de l'enfant. L'acceptation de la loi de l'interdit de l'inceste par l'enfant confronté au désir oedipien (vers 4 ou 5 ans) fait partie de son éducation.

Et dans la fratrie ?
Le fait que des enfants partagent la même chambre n'est pas un problème en soi, en tout cas jusqu'à la puberté. Cependant, les interdits demandent à être nommés clairement, notamment celui qui empêche de squatter le lit de son frère ou de sa sœur en sa présence ! La vigilance des parents est nécessaire car les cas « d'inceste frère-sœur » sont plus courant qu'on ne le pense, notamment pendant les vacances, par identification au couple des parents.
Souvent les aînés souffrent de l'envahissement de leur espace de sommeil par les cadets. Au début, ils acceptent car ils se sentent valorisé par leur mission de sécurisation mais après ils en ont assez et on les comprend ! Mettons-les en garde d'accepter de prendre des mauvaises habitudes.

Chacun dans son lit, passera bonne nuit…

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