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La chronique du Moi : La peur de l'engagement.

/ Par info psy.be / Etre ado

La chronique du Moi : La peur de l'engagement.

Et pourtant, l’idylle à laquelle vous n’osiez plus croire prend subitement fin comme elle avait commencé. Un coup de tonnerre ou de SMS venu de nulle part vous signifie sans préavis votre C4 amoureux : « Oh, rassure-toi, tu n’y es absolument pour rien. Tu es vraiment quelqu’un de bien. C’est moi, je ne sais pas trop où j’en suis, je ne suis pas fait pour le bonheur… »

Est-ce la faute à l'impérialisme du bonheur absolu prôné par notre société si de nombreuses personnes n'osent plus poser leurs choix et s’engager dans la vie au risque de se tromper ? Sommes-nous maladivement imprégnés par la peur d'un échec éventuel ou d’une déception assurée ? Ou alors aurions-nous peur de miser sur « un mauvais cheval » ? Non, le prince charmant n’existe pas ! Non, il n’est pas rationnel de croire qu’il n’y aurait sur cette terre qu’un homme ou une femme pour soi dans la vie ! Nos croyances inconscientes nous sabotent ! A cause d’elles, nombreux sont ceux qui finissent par rester calés de longues années dans les starting-blocks  d’un projet de vie jamais commencé.

Comme si « se tromper » devenait la pire infamie psychologique frappée du sceau de la honte qui risque d’écorner la sacro-sainte image de soi. La fuite devient un rempart facile pour éviter de construire une relation de couple, de concrétiser un désir d'enfant ou l'achat d'un bien commun. A-t-on tellement peur de l’avenir que l’on fuit sans cesse un présent qui pourrait nous rendre heureux ?

Entreprendre une relation affective engage implicitement sa responsabilité par rapport au cœur de l’autre. De même lorsqu’on est pris d’une «lundinite aiguë» et que l’on délaisse son travail ou encore qu’on annule en dernière minute un rendez-vous chez le dentiste. On perd alors le contact avec une valeur fondatrice de notre société : le respect de ses engagements. Vis-à-vis de soi.  Vis-à-vis des autres. Peur ? Légèreté ? Egocentrisme exacerbé ? Repli sur soi ? Sans doute un peu tout cela. A chacun d’entre-nous de réfléchir à ce qui nous pousse dans nos renoncements immatures. Acceptons de voir la vie non pas comme une aventure binaire, réussie ou manquée, mais comme la compilation de nos choix audacieux. Bien sûr, certains sont plus réussis et accomplis que d'autres. Ce n’est ni bien ni mal. C'est. Si les pertes de l’existence sont parfois douloureuses, elles sont rarement mortelles, même pour l'ego.

« Le seul péché est de ne pas se risquer pour vivre son désir » écrivait Françoise Dolto. Oui, acceptons de faire confiance à nos capacités à affronter la vie, à puiser « le bon » de chaque relation, à jouir du présent plutôt que de sans cesse se projeter et de craindre immodérément un futur dont personne ne peut prédire les contours. Advienne que pourra. Courage, engagez-vous !

Dimitri Haikin
Psychologue. Psychothérapeute
Fondateur de www.psy.be

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