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Miroir, bon beau miroir... Les secrets du narcissisme

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Miroir, bon beau miroir... Les secrets du narcissisme

Notre corps est un peu notre vitrine qui nous expose au regard de l'autre. Le problème est que l’idée que nous nous faisons de lui est rarement en accord avec ce que les autres pensent réellement de nous.
"Si futile que cela puisse parfois paraître, des gens, absolument pas monstrueux, ont un rapport à leur image qui les parasite au point même de les empêcher de vivre une vie épanouie" note Gérard Guillerault, psychanalyste et psychothérapeute.
Certaines personnes souffrent si profondément dans leur corps qu’elles ne peuvent parfois même plus se regarder dans une glace.

Le mythe de Narcisse
Un jour alors qu'il s'abreuve à une source, Narcisse, voit son reflet dans l'eau et en tombe amoureux.
Il reste alors de longs jours près de la source à se contempler et à désespérer de ne jamais pouvoir rattraper sa propre image.
Il finit par dépérir puis par mourir, et est pleuré par ses sœurs les naïades.
À l'endroit où l'on retire son corps, on découvre des fleurs blanches : ce sont les fleurs qui aujourd'hui portent le nom de narcisses.

Dans le langage courant, on dit d'une personne qui s'aime à outrance qu'elle est narcissique.
Le "narcissisme" – l’amour de soi, le sentiment de valeur, l’image que l’on a de soi-même – est une notion complexe et mal perçue, car elle est généralement connotée péjorativement.
Elle est, en effet, souvent renvoyée du côté du "trop" et de la pathologie.

Entre penser que l’on ne vaut rien et se prendre pour le nombril du monde, il existe un juste milieu : un narcissisme que l’on peut dire "normal", et qui est nécessaire aux humains.
Il est indispensable de s'aimer un tant soit peu pour s'épanouir dans la vie.

Le stade du miroir
C'est le psychologue français, Henri Wallon qui le premier révèla l'importance du miroir dans la construction psychologique de l'enfant.
Selon Wallon, l'enfant se sert de l'image extériorisée du miroir, afin d'unifier son corps. Ce processus se déroule lors du stade émotionnel de Wallon (6 à 12 mois).
Cet auteur a également décrit le comportement de l'enfant face à l'image reflétée, de lui-même et de son entourage proche, notamment celle de sa mère.

Pour Jacques Lacan, ce stade est le formateur de la fonction sujet, le « je », de l'enfant âgé de 6 à 18 mois.
Mais cette fonction, ne peut se mettre en place que par la présence de l'autre.
En effet, pourquoi dire « je », s'il n'y a personne à qui l'opposer? Le sujet est donc social, il a besoin de l'autre pour se constituer.
Ce moment crucial s'accompagne souvent d'un rire d'exaltation qualifié de "jubilatoire".
Pourquoi cette étape est-elle si importante pour le petit ?
Parce qu'en lui permettant d'acquérir un sentiment d'identité, le stade du miroir lui donne accès à trois grands registres du psychisme : le réel, l'imaginaire et le symbolique.


Les complexes physiques à l'adolescence
Les complexes physiques naissent souvent à l’adolescence et peuvent perdurer à l’âge adulte. Ils prennent les formes les plus diverses selon le rapport que chacun entretient avec son corps.
Ils genèrent même de la honte. "Je ne supporte pas mon profil", "Mon nez est tellement énorme", "Mes fesses me complexent et je les cachent au maximum avec un pull".
"Je suis trop petit". Nous en faisons des fixations et nos pensées nous obsèdent. Ils altèrent bien évidemment l'estime de soi.
Or, dans la grande majorité des cas, dans la réalité, les autres ne remarquent même pas nos différences physiques qui nous complexent.

A l’adolescence quand on quitte sa coquille d’enfant et le corps se transforme, l’adolescent est mis à nu face à ses émotions et aux regards des autres.
Françoise Dolto a nomée cette étape de la vie : « le complexe du homard ».
« On guette dans le miroir le surgissement de soi-même confronté à une image idéale », écrit-elle.
Les nouvelles sensations liées à la puberté alliées aux transformations physiologiques et les modifications de son anatomie perturbent souvent l'adolescent.
Il peut ainsi se mettre à rejeter tout son corps nouvellement transformé ou à se créer des complexes sur certaines parties de son corps.

Le regard valorisant des parents dans l'enfance
Grandir dans un environnement où les parents valorisent suffisamment le corps de l'enfant est très certainement propice à bien vivre l’image de son corps à l'adolescence et à l'âge adulte.
C'est à travers ce que l'enfant perçoit dans le regard de ses parents qu'il construit le socle de son estime personnelle.
Ainsi les parents seront d’un précieux soutien s’ils valorisent à la fois leur enfant et son corps.
A contrario, les jugements et les dénigrements de l’entourage : « tu es trop grosse », « tu es mal coiffé », " ta soeur elle au moins, elle est mince" déstabilisent l’estime de soi de l’enfant.
Ajoutons à cela la liaison intime entre l’image de soi et la sexualité, le corps étant l’expression et l’outil de la sensualité.
Un climat familial détendu par rapport à la sexualité, non culpabilisé ou incestueux, permet de mieux accepter le potentiel de séduction de son corps à l’adolescence.
Les complexes sont combattus en apprenant à se détacher peu à peu du regard des autres, et de l’image de soi acquise durant l’enfance et l’adolescence.
Ce travail d'acceptation de soi est parfois long.
Pour dépasser ses complexes, une thérapie peut aider à retrouver l’estime et l’amour de soi pour enfin être content(e) et satisfait(e) de son corps et de son image.
Mais parfois, une rencontre amoureuse positive et valorisante, ou même un relooking suffisent pour remettre les pendules à l’heure.

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