Conseils de psy

Mon fils ne veut plus aller à l’école...

/ Par L'équipe de www.psy.be / Vivre avec les autres

Mon fils ne veut plus aller à l’école...

Marianne a tout fait pour vérifier si les plaintes de son fils sont justifiées. Elle lui a fait faire tous les examens possibles et imaginables chez les meilleurs spécialistes de la région. Infirmière, elle a pris contact avec différents médecins pour s’assurer qu’il n’y aurait aucun certificat de complaisance. Elle a monté un système de contrôle sophistiqué qui oblige Jérome à obtenir l’avis préalable et motivé d’un médecin avant de s’absenter de l’école. Rien n’y fait. Au plus Marianne essaie de contrôler l’absentéisme de Jérome, au plus celui-ci respecte les contrôles... et s’absente.

Jérome m’apprend assez rapidement que sa mère a vécu un divorce très conflictuel d’un homme alcoolique et violent. Son père est décédé quelques mois après le divorce. D’après lui «sa mère est persuadée que c’est à cause de cela qu’il est toujours absent à l’école».

Et lui, qu’en pense-t-il ? Il me dit avoir de réelles douleurs au système digestif qui le bloquent complètement. A-t-il toujours eu ces douleurs ? Seulement depuis que sa mère l’a fait changer d’orientation scolaire. A la mort de son père, Jérome a eu une fin d’année difficile, avec un échec à la clé; il souffrait aussi d’un «vrai» problème physique (c’est lui-même qui le dit). Ensuite, sa mère l’a mis dans une section qui ne lui plaisait pas, mais où il a réussi tant bien que mal. Il a voulu changer une nouvelle fois pour aller vers une formation plus intéressante. Il a découvert alors qu’il «s’ennuyait» en classe. Lorsqu’il est présent, ses cotes son brillantes. Mais la matière lui paraît trop simple. Il s’ennuie, écoute son corps, découvre qu’il a tellement mal au ventre qu’il ne peut faire les trajets pour aller à l’école.

En fait, au plus Jérome s’ennuie, au moins il a envie d’aller à l’école et au plus il écoute son corps (qui trouve bien quelque chose à lui dire). Et plus il s’absente, plus sa mère s’inquiète et envisage de le changer de section pour que ce soit plus facile. Et comme Jérome a peur de s’ennuyer plus fort, il écoute un peu plus son corps !

Le cercle vicieux est bien lancé. En résumé: au plus Marianne cherche une solution pour Jérome, au plus elle le déresponsabilise. Au plus Jérome se sent déresponsabilisé, au moins il a envie de trouver une solution. 

Il faudrait rendre à Jérome les responsabilités auxquelles il aspire et garder à Marianne la fierté de son rôle éducatif. Jérome pourrait partir en internat. Il ne sera plus sous la «responsabilité» de sa maman, ne devra plus se déplacer vers l’école. Enfin, il retrouvera un niveau d’exigences scolaires supérieur.

Les avantages sont aussi pour Marianne: en arrêtant de chercher des solutions pour Jérome, elle recommence à s’occuper d’elle-même. Des amis sont surpris de son nouveau look, du charme et de la propreté de sa nouvelle maison.

Avant même le début de l’année scolaire, Jérome commence à reprendre contact avec des amis. Tous les deux parlent d’un changement d’ambiance à la maison. 

L’intérêt de la thérapie brève dans une situation comme celle là, c’est d’abord de travailler avec la personne qui est cliente d’une solution, et de travailler sur son problème, pas sur celui de l’autre. Nous ne sommes jamais aussi prêts à travailler que quand c’est pour notre bien. Mais en résolvant le problème d’une personne, les autres n’ont d’autre choix que de s’adapter à la nouvelle situation... et donc de changer eux aussi. C’est la dimension systémique du modèle que nous pratiquons avec Catherine Lemoine chez Interactes.

 

Un article de Dominique Foucart, psychothérapeute et médiateur chez Interactes à Bruxelles

 

 

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