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Parler de la mort à l'enfant ou à l'adolescent

/ Par info psy.be / Comprendre son ado

Parler de la mort à l'enfant ou à l'adolescent

Quand un enfant ou un adolescent est confronté à la mort d'un proche, ses comportements peuvent changer brusquement. Il ne traverse pas le processus de deuil comme l'adulte. Pour l'aider, il est fondamental de lui parler vrai sans utiliser des métaphores qui ne lui permettront pas d'intérioriser la question de la mort.

Parler vrai à l'enfant
Pour avancer dans la traversée du processus de deuil, l'enfant a besoin d'entendre la vérité quand à la perte d'un être cher.
Or bien souvent, pour soit-disant protéger l'enfant, on préfère ne rien lui dire.
Quand le poisson rouge meure, on rachète un autre poissosn rouge, puis on fait de même avec le hamster.
Il est bien sûr beaucoup plus difficile de "racheter" une grand-mère, alors trop souvent les adultes font appel à des tas de métaphores ;
"elle est partie en voyage", "elle est au ciel, parmi les étoiles", "elle dort pour toujours".
En réalité, ces métaphores empêchent l'enfant d'intégrer la réalité de la mort de son parent.
Aussi, il est indispensable de prononcer ces mots difficiles en pareille circonstance : "Oui, mamy est morte et nous sommes tous très triste".

Comme l'écrit, Michel Hanus, Psychiatre et psychanalyste : "Pour le bébé, la mort est pareille à l'absence, comme celle de la mère dont la présence lui est nécessaire.
Plus tard, vers 2 ans, les enfants voient la mort comme l'arrêt des fonctions de la vie : on ne peut plus parler, manger, courir, faire d'enfants.
Et puis, à l'âge de 4 ans, ils comprennent que la mort est irréversible.
Néanmoins, s'ils l'entendent, ils vont encore mettre du temps pour l'accepter.
A partir de 6 ans, ils commencent à réaliser que la mort est universelle, qu'on meurt tous mais dans un certain ordre : les personnes âgées, les grands-parents, ensuite les parents quand ils seront vieux.
Les concepts de mort et de vie semblent bien intégrés à l'âge de 9 ans, et la compréhension de ces notions dépend autant du vécu de l'enfant que des discours de son entourage".

Comment l'enfant peut-il faire un travail de deuil ?
Pour ce faire, il a besoin avant toute chose d'intégrer que la mort correspond à la fin de la vie. En principe, un enfant de 4 ans acquiert cette compréhension de ce qu'est la mort.
Et donc aussi, pour l'aider, ne remplaçons plus le poisson rouge, mais parlons de la mort avec lui.
Laissons une place aux émotions naturelles de l'enfant en situation de perte ; c'est-à-dire l'expression de la tristesse mais aussi de la colère ou de la peur.
Prenons le temps d'écouter et d'accompagner l'enfant dans l'expression de ses émotions, sans tabou et sans réassurance excessive.
Enterrons ensemble le poisson rouge, permettons à l'enfant de participer à cde processus de deuil.
Michel Hannus poursuit : "l'acceptation de la mort est souvent longue et difficile.
Des sentiments inconscients de culpabilité existent également, de manière beaucoup plus forte chez l'enfant que l'adulte, notamment parce qu'il a toujours tendance à croire que ce qui se passe autour de lui est de son fait.
Par exemple, à cause de la rivalité fraternelle, il se culpabilise si son frère ou sa soeur vient à mourir.
Du fait de ce fonctionnement mental spécifique aux premières années de la vie, il est donc particulièrement important de déculpabiliser l'enfant, de le rassurer".

De quelle nature peuvent être les complications du deuil chez l'enfant ?
Les complications surviennent toujours chez les individus les plus fragiles.
A tous les âges, les complications vont toujours dans trois directions : tout d'abord, au niveau comportemental, les personnes endeuillées se mettent en danger, sans y prêter attention, parce que la vie leur paraît moins intéressante.
On observe plus de bosses, de vêtements déchirés, de cartables perdus chez les enfants en deuil que chez les autres.

Les deux autres sortes de complications sont liées, puisqu'elles renvoient au corps et à la santé.
Ces dimensions ne sont pas encore totalement acquises mais se développent progressivement, grâce à des recherches américaines et scandinaves : le deuil, quel que soit l'âge, a des retentissements sur la santé physique.

Les complications demeurent relativement peu fréquentes, mais certaines difficultés concernent spécifiquement les enfants en deuil : ceux-ci auront souvent du mal à s'attacher au moment de l'adolescence, car ils savent que s'attacher, c'est risquer de nouveau la perte.
Progressivement, cette « négociation » avec ce qu'ils ont vécu rentre dans l'ordre, leur permettant de s'attacher à nouveau.
Il n'y a que rarement des complications immédiates, elles apparaissent plus tard et peuvent s'étendre tout au long de la vie.
Quand on se penche sur les histoires de vie, on s'aperçoit que les maladies développées à l'âge adulte peuvent trouver leur origine dans l'enfance, et notamment dans les deuils.
Lors de l'accompagnement d'un enfant endeuillé, on se situe sur une crête entourée d'écueils.
D'un côté, l'écueil le plus courant consiste à banaliser (« il va bien ») et, de l'autre, à envisager le pire pour le futur, alors que l'enfant peut très bien supporter la perte.
On peut aussi considérer qu'un deuil vécu dans l'enfance nous rendra plus fort pour affronter la vie.
Le plus important, notamment pour prévenir les complications, demeure le lien et le climat familial, qui doit apporter un cadre sécurisant.

 Revoir l'émission : "Au quotidien"

 

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