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Conseils de psy

S’accepter pour mieux se changer

/ Par info psy.be / Etre soi

S’accepter pour mieux se changer

Si nous sommes confrontés à un danger soudain et imprévisible, il est vraisemblable que nous allons être envahis par un sentiment de panique ou de rage (peur ou colère) que nous pourrions considérer a postériori comme inadéquat, mais que nous n’avons aucun moyen de contrôler dans l’instant. Par l’éducation et l’apprentissage, nous pouvons sans doute contrôler ce qui se passe après quelques brefs instants (on parle ici en dixièmes, voir en centièmes de secondes) et donc il est normal que la colère ne dégénère pas en coups ou en violence physique car cela nous pouvons apprendre à le contrôler (c’est bien ce que l’on attend entre autre des parents et des éducateurs au sens large du terme). Par contre, nous ne pouvons empêcher ce noeud de s’installer dans notre estomac, ces battements saccadés de notre coeur, ce sentiment de brûlure au sternum, etc...

C’est un des phénomènes qui se produit par exemple dans les crises de panique ou d’angoisse. Ainsi de Stéphanie qui éprouvait des angoisses insupportables à chaque fois qu’elle devait entrer en réunion d’équipe avec ses collègues. Etant la plus jeune du groupe, elle se sentait moins compétente, même si tout le monde dans le service lui exprimait de la satisfaction par rapport à son travail. Dès qu’elle savait qu’en réunion on allait parler d’un dossier dont elle s’occupait, les bouffées de chaleur l’envahissaient, elle commençait à bégayer, elle perdait presque tous ses moyens et pouvait à peine parler quand venait son tour. Elle se voyait rougir devant ses collègues et se sentait encore plus ridicule.

Elle mettait tout en oeuvre pour tenter de contrôler cette situation: elle se préparait longuement, répétait à l’avance les phrases qu’elle voulait dire, d’autres fois, elle s’était arrangée pour avoir une autre réunion ou s’était trouvée tellement mal qu’elle avait été en effet malade au moment de la réunion. Rien n’y faisait.

Ce que Stéphanie essayait de faire, c’était de contrôler sa peur de commettre une erreur devant ses collègues en se préparant sans cesse, alors qu’elle était déjà prête. Elle tentait de contrôler son émotion pour éviter d’avoir les sensations. Elle aurait voulu être plus rapide que les régions de son cerveau qui réagissent aux situations d’urgence.

En apprenant d’abord à faire la différence entre l’émotion (la peur) et la sensation (le noeud dans le ventre), Stéphanie a pu découvrir qu’il ne servait à rien d’essayer de traiter l’émotion en contrôlant la sensation. La sensation est un réflexe qui vient du corps et que l’on ne peut contrôler. L’émotion est le produit que notre cerveau élabore à partir de la sensation, et en particulier à partir du refus de cette sensation: c’est parce que Stéphanie refuse le noeud dans l’estomac qu’elle se rend compte de son existence, et qu’elle lui attribue une raison d’être, sa peur.

Une fois que Stéphanie a bien compris la différence entre la sensation, réflexe incontrôlable de notre corps et l’émotion, élaboration intellectuelle de notre cerveau à partir de la sensation, elle s’est aussi rendu compte que sa vie serait déjà beaucoup plus agréable si elle ne souffrait plus de cette sensation. Et par l’hypnose, en séance d’abord, en auto-hypnose par la suite, Stéphanie a pu transformer sa perception du noeud pour en arriver à comprendre que cette sensation est un réflexe de son corps, et qu’elle peut l’accepter comme telle. Au point que la sensation ne représente plus du tout une gène et qu’elle peut maintenant s’occuper d’affronter sa peur et d’y apporter tranquillement sa solution.

En nous libérant de l’impossible contrôle de nos sensations, et en nous permettant de les accepter comme telle, sans leur donner une valeur négative particulière, l’hypnose d’acceptation permet de laisser le champ libre pour un travail plus en profondeur sur les mécanismes de la peur, de l’angoisse, de la dépression ou d’autres souffrances psychologique.

Dominique Foucart

info psy.be -  Psychologue, Psychologue clinicien(ne), Psychothérapeute, Coach, Sexologue, Praticien(ne) bien-être

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