Conseils de psy

Chères mamans, félicitations, vos examens se terminent enfin !

/ Par Dimitri Haikin / Comprendre son ado

Chères mamans, félicitations, vos examens se terminent enfin !

Mais pourquoi donc les mères se mettent-elles dans un tel état lors de la période d'examens de fin d'année scolaire ?
A croire que dès la moitié du mois de mai, elles rentrent elles-mêmes en période d'examen et de blocus intensif ! Toute la vie familale tourne alors autour des examens à venir de leurs chérubins. Au mois de juin, la tension est à son comble. Elles agissent alors comme si leurs enfants allaient passer des examens universitaires !  Plus de télé, plus d'ordi, plus rien ! Etudies ! Revois encore une fois ta matière ! Tu ne fais que des pauses ! Vas dormir, il est 20h00, demain tu as EDM !

Trois causes expliquent ce surinvestissment maternel :

- L'anxiété liée à l'avenir 
L'atmosphère de crise économique et l'hyper-compétitivité supposée génèrent très certainement une hyper anxiété chez beaucoup de parents mais davantage me semble-t-il chez les mères. En effet, de nombreuses patientes m'arrivent épuisées émotionnellement à ma consultation en cette période de fin d'examens. Elles sont en examen !!!
Elles veulent des enfants multi-compétents et qui excellent dans tout ce qu'ils entreprenent ! Une véritable guerre à l'armement en somme ! 
 

- Le mèrefectionnisme grandissant
De nombreuses mamans - et cela émane d'intentions éminemment positives - veulent des enfants parfaits intellectuellement et émotionnellement.
Aujourd'hui : il faut que nos enfants soient hyper arrmés pour affronter : quadrilingues, bons en math, en français, en latin et bien sûr en EDM !
Il faut être meilleur que ses voisins pour trouver un travail plus tard. Et même s'il a 13 ans et qu'il termine sa première secondaire, il n'est jamais trop tôt pour y penser !
N'oublions pas également qu'il faut qu'il réussisse brillamment aussi son examen de solfège et qu'il soit repris danxs l'équipe A (surtout pas la B) de son équipe de hockey ! 

- L'image sociale prédominante
La peur du "qu'en dira'ton" s'il échoue est générateur d'angoisse chez de nombreuses mères. Elle genère même parfois insomnies et crises d'angoisses ! Mon interprétation est que l'éventualité d'un échec leur renvoie insconsciemment le message de ne pas être une suffisamment bonne mère capable d'avoir un enfant qui réussit à l'école...

 

Stop ! Calmons-nous, Mesadames ! Posons-nous ces trois questions pour envisager les choses sous un autre angle dès l'année prochaine;

- Si votre enfant a des examens de passage ou rate même son année (pensée horrible !!!) , est-ce que cela va fondamentalement changer sa vie et la vôtre ?

- Ne vaut-il pas mieux responsabiliser votre enfant par rapport à son métier d'étudiant afin qu'il devienne autonome dans sa scolarité ?

- Est-ce que la confrontation à l'échec ne peut pas être parfois un véritable moteur pour grandir ?

Allez, bonnes vacances à tous et surtout ne préparez pas trop vite la prochaine rentrée !

Dimitri Haikin
Psychologue, Psychothérapeute 

P.S. : Cet article est un clin d'oeil pour les nombreuses mamans en examen que j'ai croisé depuis un mois. Elles s'y reconnaitront certainement ;-)
Je ne veux pas dédouaner les pères de leurs rôles de pères mais j'y reviendrez dans un prochain article.